À tous les Guinéens/Guinéennes
À tous les amis/amies de la Guinée
À tous les correspondants, lecteurs de Guinea-Forum
À tous les Ambassadeurs et représentants des Ambassades à Conakry.
Bonne Année 2009 !
A vous tous qui avez pris un peu de votre temps pour visiter Guinea-Forum, ou encore, nous avez fait parvenir vos suggestions, commentaires, et critiques, nous vous souhaitons une Bonne et Heureuse Année 2009.
Que celle-ci vous apporte encore plus de joie et d’espoir que les précédentes années. Nous souhaitons que l’Année 2009 vous apporte plus d’énergie et de temps, pour maintenir vivant le « Temps Présent », pour préparer un meilleur avenir.
Nous formulons aussi le vœu de voir les choses prendre une bonne tournure en Guinée, et cela, pour le meilleur. Que le guinéo-pessimisme cède la place à une prise de conscience collective de tous les dignes fils et filles du pays, afin de redonner espoir à tous.
Que l’Année 2009 soit une année de maturité politique, de renaissance ou de changement de mentalités, pour que les Guinéens et Guinéennes, les amis de la Guinée, les observateurs, se débarrassent à jamais de l’idée que la Guinée est condamnée à un destin d’éternelle misère, pour que le pays soit autre chose que les calamités, les tensions sociales, le sous- développement, la corruption, les abus des « Droits de l’Homme », les violations flagrantes des libertés d’expressions.
Aucune libération n’est venue sans lutte, il faut donc que chacun, fils et fille du pays, apporte sa pierre à la reconstruction dans l’unité, afin d’espérer gagner le combat du Développement et de la Démocratie en Guinée.
Que Dieu extirpe du cœur et de l’esprit des Guinéens, les proverbes nocifs qui ont fait pendant 50 ans, le soubassement de la maison de misère qui abrite les Guinéens. Amen !
Voici un échantillon de proverbes nocifs :
1) Premier proverbe nocif : « Le mouton broute l’herbe là où il est attaché ».
Ce proverbe encourage le guinéen à tirer le maximum de profit du poste qu’il occupe. Cela suppose qu’il doit, avant tout, penser à se servir personnellement et non pas à servir son pays.
Ainsi, le Guinéen qui agit en mouton, développe une intelligence nuisible pour s’enrichir le plus vite possible, afin de ne pas le regretter plus tard, quand il ne sera plus au poste qu’il occupe. Ces agissements moutonniers impliquent l’absence totale de scrupules.
Alors, tous les coups et toutes les manigances sont permis, et toutes les limites de l’immoralité peuvent être franchies. Par conséquent, les discriminations claniques ou ethniques, les malversations des fonds publics, la corruption à ciel ouvert, deviennent des banalités du sommet à la base de l’État.
2) Deuxième proverbe nocif : « le chien aboie, la caravane passe ».
La dangerosité de cet adage vient du fait qu’il favorise l’indifférence, le laxisme, l’incurie et le pourrissement de nombreuses situations. C’est surtout le proverbe favori des hommes du pouvoir, qui ont pris l'habituation de faire la sourde oreille, face aux critiques fondées de leurs concitoyens.
Et quand ils décident de répondre aux critiques, au lieu de justifier leurs attitudes immorales, ils en profitent pour taxer leurs détracteurs de médisants, d’aigris, d’ennemis du peuple et de la paix, d’agitateurs, de provocateurs, d’aveugles, de sourds, ou parfois même, de malades mentaux qui devraient aller se soigner.
« Celui qui prend mal la critique a quelque chose à cacher », Helmut Schmidt, publiciste, ex-chancelier socialiste allemand.
Quelquefois, ces hommes du pouvoir, regroupés autour de la mangeoire, répliquent à leurs pourfendeurs par ce joli proverbe : « on ne jette des pierres que sur un arbre qui porte des fruits ».
Par ailleurs, lorsqu’ils se sentent vraiment harcelés, en mal d’arguments, les hommes du pouvoir vocifèrent de leur bouche hautaine, cette phrase menaçante : « le ciel ne tombera pas ».
Cette orgueilleuse assurance montre qu’ils se croient maîtres de leur destin, considèrent le pays comme un butin de guerre, et, ipso facto, n’ont rien à craindre. Ils oublient ou ignorent que « l’arrogance précède la chute ». Ils s’adonnent allégrement à un « je m’en foutisme » ineffable, et continuent leur chemin, comme si tout allait pour le mieux dans le pays : le cas de Lansana Conté.
3) Troisième proverbe nocif : « Va là où l’eau va ».
En d’autres termes, il faut suivre le courant d’eau. Le poisson doit se laisser emporter par le courant de l’eau et ne doit jamais se déplacer à contre-courant.
L’application de ce proverbe incite les acteurs de la vie politique en Guinée, à ne pas avoir des convictions fermes et stables. Ceux-ci doivent être constamment guidés par leurs intérêts matériels et égoïstes. Ce qui les transforme en politiciens pantins. Vivoter dans l’opposition qui affame et appauvrit, est une position qui leur paraît aussi bien bête qu’insupportable : c’est de la malédiction.
Ainsi, pour avoir leurs parts du gâteau national, il faut vite rallier le vainqueur qui détient la puissance financière, qui distribue les postes civils et militaires ainsi que les juteux marchés de l’État.
Une fois dans le camp victorieux, il faudra cautionner (ou faire semblant de cautionner) l’action du chef de l’État. Il faudra crier haut et fort son attachement à la politique du chef de l’État, son adhésion indéfectible au distributeur de miettes. Bref, il faudra taire sa conscience et son esprit critique, afin de laisser la place à une langue de bois payante.
L’application de ce proverbe, engendre l’essor de l’opportunisme, de l’arrivisme, de la versatilité, de la duplicité, de l’allégeance, de l’infidélité, sans oublier la prolifération des béni-oui-oui, à tous les niveaux, au sein de l’administration Guinéenne.
C’est pourquoi, la Guinée détient le palmarès d’or de cadres et « intellectuels » qui sont passés d’un camp politique à l’autre, rien que pour profiter des faveurs du régime au pouvoir. On ne peut compter les alliances politiques qui se sont faites, défaites et refaites au gré des circonstances.
4) Quatrième proverbe nocif : « Il n’y a qu’un seul coq qui chante ».
L’élevage traditionnel de la volaille en Guinée profonde enseigne, depuis la nuit des temps, que dans chaque poulailler, seul le coq dominant a le droit de chanter et de s’accoupler publiquement, à son gré, avec les poules. Si un autre mâle ose le rivaliser, une sanglante bagarre éclate immédiatement.
Ce proverbe invite donc les citoyens à la résignation, à l’absence de contestation, à la soumission absolue au chef, qui ne doit jamais être critiqué.
Ainsi, viril, galant et bien dressé sur ses griffes, le chef, en posture de coq hégémonique, incarne la perfection. Il a toujours raison et ne doit jamais être contredit. Ses décisions sont toujours bonnes, justes et divines. De ce fait, si les choses ne marchent pas, ce n’est pas à lui qu’il faut jeter la pierre, ce n’est pas la faute du chef, mais à ses collaborateurs. On cherche des boucs émissaires.
Ainsi dans le domaine politique, si le chef viole de façon arbitraire les lois, la Constitution, il faudra sagement admettre qu’il le fait pour assurer la paix et la bonne marche du pays.
S’il confond sa poche avec la caisse de l’État, cela ne doit pas vous choquer outre mesure. C’est pour l’intérêt supérieur de la nation en danger qu’il agit de la sorte.
S’il lui arrive d’avantager ostensiblement les siens au détriment de la majorité, cela ne doit pas être pris pour de l’injustice. C’est plutôt une discrimination positive qui va dans le sens des intérêts vitaux de la nation qui est, évidemment, une et indivisible.
Si un chef, aussi providentiel, organise des élections, c’est naturellement pour les gagner. Car, de son vivant, le chef doit être considéré par son peuple comme un homme incomparable et irremplaçable.
En conséquence, ce proverbe est dangereux par le fait qu’il favorise le culte d’un pauvre et faillible mortel, l’autoritarisme et le refus de l’alternance pacifique au pouvoir.
5) Cinquième proverbe nocif : « Le lion et les lionceaux peuvent commettre n’importe quel crime, ils n’iront pas en prison. Rien ne peut leur arriver ».
Ce qui laisse penser qu’il existe dans le pays, des personnes au-dessus des lois : des intouchables.
6) Sixième proverbe nocif : « On ne connaît pas la faim dans la maison du chef ».
En clair, quelle que soit la conjoncture, la misère du bas peuple, le chef doit toujours vivre dans l’abondance et le luxe. Il n’a aucun sacrifice à consentir au profit du peuple, qui est invité à vivre durement, à serrer la ceinture. Alors, le chef et ses clans vivent dans une opulence insolente face à la misère du pays.
Les Guinéens sont certainement les plus pacifistes, les plus tolérants, les plus dociles, mais il ne faut pas, sans doute, confondre : sagesse et lâcheté, basse flatterie et obséquiosité.
« Une population peut prendre patience si elle a le sentiment de progresser, sinon, c'est le désespoir ou la révolte ».
Guinéens et Guinéennes, rappelez-vous du ce célèbre conseil : « Quand les hommes de bien croisent les bras, le mal triomphe ».
Nous rappelons à tous nos fidèles lecteurs, que Guinea-Forum ne déviera jamais de sa ligne politique, qui consiste à informer pour éveiller les consciences.
La Guinée doit avoir moins peur de ceux qui critiquent, mais plus peur de ces opportunistes qui ont changé de chemise, comme le caméléon, qui veulent goûter à toutes les sauces et qui sont prêts à vendre leur âme au diable.
Un petit conseil au Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) : la plus grande tragédie pour un homme politique, c’est de recevoir le pouvoir sur un plateau en or et de manquer cependant des aptitudes nécessaires pour l’exercer convenablement.
Découvrir du jour au lendemain, que le peuple que vous gouverniez hier, et qui espérait mieux de vous, est en joie dans les rues pour célébrer votre chute, doit être véritablement quelque chose à éviter pour le CNDD et son Chef, le Commandant Moussa Dadis Camara.
Bonne et Heureuse Année 2009
Dr. Mamadou Diallo
Membre Fondateur de l’ANDD et de Guinea-Forum
pour www.guineeactu.com