vendredi 3 avril 2009
Mes compatriotes, halte à la frénésie !
Ansoumane Doré

Quelle que soit la question qui se pose à notre pays, elle est toujours abordée par nombre de nos compatriotes avec frénésie, qui est un état d'exaltation extrême, ne permettant pas toujours une analyse sereine de la question en cause.

 

Vous avez compris que j'ai pris la précaution de ne pas avoir inclus dans ceux que je vise, tous les Guinéens dans les impénitents plaideurs frénétiques. Mon propos concerne ici, les discussions qui portent sur la période transitoire ouverte en Guinée, à la fin de l'année 2008.

 

En effet, depuis la prise du pouvoir politique par la fraction républicaine de l'Armée guinéenne, dans le cadre d'un Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD), sous la conduite du Capitaine Moussa Dadis Camara et de ses compagnons, c'est une nouvelle frénésie qui s'est emparée de quelques Guinéens.

 

Si cette frénésie s'explique pour les uns, par la joie de voir la fin du régime inique de feu Lansana Conté, elle est compréhensible, mais on ne devrait pas en rester là. Si pour d'autres, la frénésie a pour cause, l'appréhension de voir l'installation durable d'un autre régime militaire dans notre pays, et qu'il faut dénoncer avant qu'il ne soit trop tard, on pourrait encore comprendre.

 

Mais le Capitaine Moussa Dadis Camara, leader du CNDD, a amplement expliqué les raisons de la prise du pouvoir, et cette issue de la succession du Président Conté a été très largement soutenue par les Guinéens.

 

A-t-on assisté, au lendemain de l'avènement du CNDD, à des protestations à Conakry et dans le reste du pays? Non, non et non...Pas de trace de la moindre opposition. Le pays réel a soutenu avec joie, le changement intervenu.

 

Le pays légal, constitué du croupion du régime Conté, s'y est rallié avec armes et bagages. Il en a été de même, des partis politiques et des forces vives de la Nation. On a rarement vu une telle unanimité à la suite d'un tel événement en Afrique subsaharienne. Cela signifie que le système dit constitutionnel du régime Conté, ne reposait sur aucune assise en Guinée.

 

En outre, à la différence du coup d'Etat du CMRN en 1984, qui avait patiemment organisé une installation durable au pouvoir, Moussa Dadis Camara a annoncé, dès l'avènement du CNDD, son intention d'une transition, en se mettant à l'écoute du pays. Et ceci ne s'est pas démenti, depuis lors.

 

C'est pourquoi, je dis que la frénésie des uns et des autres, n'est d'aucune utilité. Ce qui est utile, est que les Guinéens s'expliquent clairement et de façon apaisée, pour aider le pays à se sortir de l'abîme. Et la seule voie pragmatique est d'aider le CNDD pour cela.

 

A l'examen de ce qu'on constate depuis le 23 décembre 2008, force est de reconnaître que le Président Moussa Dadis Camara a plus que secoué et ébranlé des « baobabs » de l'Administration guinéenne, prévaricateurs des deniers publics, inquiété des « seigneurs » du commerce de la drogue qui saccagent la santé de la jeunesse guinéenne, avenir du pays. Dans ce combat contre des situations acquises frauduleusement et consolidées, des années durant, il se produit, certes des « couacs » inévitables, dans un environnement où la réaction de tous ceux que la nouvelle politique dérange, est à prendre en compte dans les jugements formulés.

 

Aussi, je suis tenté de dire : «  Bravo, le CNDD et son Président ! Poursuivez le travail de salubrité publique que vous avez entrepris ! »

 

Ceci, je le dis sans passion particulière, mais avec raison. Car, comment arriver à la situation d'un pays à gouverner dans des normes internationales ? Tel est le problème de fond qui agite les Guinéens et que cogitent sérieusement un certain nombre d'entre eux.

 

Le CNDD a adopté le schéma inverse de celui du CMRN, qui, après avoir renversé le système totalitaire et sanguinaire du PDG, avait, sans avoir jamais parlé de transition, organisé patiemment, une installation durable au pouvoir. Après leur prise du pouvoir, les compagnons du CNDD, n'ont pas tardé à admettre la possibilité d'une transition au pouvoir.

 

C'est autour de cette question d'importance, que les partis politiques et les forces vives s'étaient concertés avec le CNDD, et où il avait été élaboré un chronogramme de transition « pour la tenue des élections transparentes, crédibles et incontestées ». Il s'agit de questions certes, importantes, mais compte tenu de l'état matériel et moral de la Guinée d'aujourd'hui, on croit rêver de constater que le chronogramme n'a semblé mettre l'accent que sur l'échéance des élections. Des étapes fondamentales pour une bonne transition, semblent avoir été bâclées, comme par exemple, la remise matérielle du pays sur les rails. La remise morale est de longue période.

 

Du moment que les susmentionnés avaient eu l'assurance du CNDD, de l'établissement d'une transition, l'organisation de celle-ci aurait dû être conçue de manière à ne pas être exclusivement militaire, mais composée à égalité, de militaires et de civils.

 

Ce qui gêne le régime dans ses relations avec l'extérieur, tient, depuis sa prise de pouvoir, pour une part essentielle, à sa présentation militaire en tenue de combat dans des ministères. C'est une image qui passe de plus en plus difficilement dans les grands pays démocratiques, tant dans les milieux politiques que dans le monde économique et financier éclairé.

 

Ce n'est pas parce qu'un premier ministre et des ministres sont civils, que le pays échappe à son classement dans les régimes militaires. C'est pourquoi, une transition bien organisée de militaires et de civils, à pouvoirs égaux, bien que sous la présidence du Président du CNDD, aurait atténué sans doute des méfiances de l'extérieur.

 

Une transition conçue dans une optique de préparation à la démocratie aurait pu être prévue pour une période plus longue que celle qui a été finalement retenue, puisque le chronogramme table sur des élections législatives et présidentielles avant la fin de l'année 2009.

 

Donc, les choses semblent être arrêtées. Mais je demeure persuadé que le fait d'avoir bâclé la transition, ne mènera pas à bon port, pour la Guinée. Sa définition, sa durée et ses tâches auraient pu permettre d'y associer pleinement, tous les acteurs civils qui ont finalement souhaité sa fin rapide, de peur, peut-être d'une confiscation du pouvoir par l'Armée.

 

L'association pleine et entière de tous ces acteurs à la marche et au fonctionnement de la transition, aurait pu prévoir, de façon négociée, sous assistance extérieure, un retour des militaires à la caserne.

 

Bien des réflexions fécondes ont, du reste, été faites en vrac, sur tous les aspects d'une transition. Au lieu d'orienter les énergies sur les axes porteurs de ces réflexions, l'habituelle frénésie de certains Guinéens pour l'agitation politicienne, semble avoir eu la préférence de nombre de nos compatriotes.

 

« Des élections avant la fin de 2009 ! » Voilà le cri de ralliement qu'on entend, et qui semble se confirmer. Même si le Président et ses compagnons y sont favorables, cette position renferme un piège, non tendu par des personnes en particulier.

 

A n'en pas douter, des élections présidentielles précipitées, conduiront à une impuissance du président élu. Eu égard à l'état actuel des mentalités et l'état embryonnaire de la discipline républicaine, le Président élu apparaîtra comme une espèce de marionnette entre ses partisans et une opposition installée dans une critique stérile.

 

On aura beau avoir des flux financiers importants, un Président tiré à hue et à dia, demeurera impuissant. Mais en Afrique, pas seulement en Guinée, il semble que la quête du nirvana qu'est la présidence, peut s'accommoder de tous les désagréments, même s'ils n'entraînent pas un développement du pays. La situation d'immobilisme qui en découlerait, est source de retour des militaires au pouvoir. Le processus de la sud-américarinisation des pronunciamientos militaires du XIXe et première moitié du XXe siècle, ne sera pas loin de devenir guinéen. J'y reviendrai.

 

C'est à croire qu'on ne tire aucune leçon des expériences africaines en matière d'élections. On assiste ici et là, à des élections qui, non seulement, ne donnent presque jamais satisfaction à tout le monde, même quand elles sont jugées de transparentes par des observateurs étrangers, mais plus encore, ne sont généralement pas suivies des résultats qu'attendent les populations. Les seuls bénéficiaires en sont, comme toujours, des politiciens à la mine grassouillette, au milieu d'électeurs aux visages émaciés et précocement vieillis par toutes sortes de privations.

 

Au risque de me répéter, au niveau politique, le problème guinéen actuel pouvait se résumer, avant la fixation du chronogramme des élections, par l'organisation de la transition, qui aurait mis d'abord le pays sur les rails, pour ensuite organiser des élections. Pour être démocratiques, celles-ci devraient lever des obstacles, comme la limitation d'âge des candidats à la présidence de la République, ou encore, la possibilité des candidatures individuelles.

 

Les obstacles extérieurs à la prolongation de la transition actuelle, auraient pu être atténués, si tous les Guinéens, à l'intérieur comme à l'extérieur, venaient à constituer un front uni (comme en 1958) pour, non seulement expliquer la réalité de ce qu'étaient les institutions étatiques sous Lansana Conté, mais aussi, pour résister à l'attaque de la souveraineté guinéenne.

 

Les Guinéens sont les seuls à avoir subi les effets pervers du délabrement de leur pays, les seuls à les avoir constatés quotidiennement, et les seuls à avoir compris la réalité du vide d'Etat qui a conduit la fraction républicaine de l'Armée guinéenne à assumer temporairement les responsabilités d'Etat. Sans cette intervention, ce qu'on appelle la « continuité constitutionnelle » n'aurait fait que poursuivre la situation de NON-ETAT qui prévalait sous Lansana Conté depuis des années.

 

C'est précisément cette situation d'Etat-Néant qui fait de la Guinée et de sa voisine de Bissau, des Narco-Etats, connus ouvertement comme tels. Le fils aîné de Lansana Conté, a ouvertement reconnu être un trafiquant notoire de drogue, mais pas le parrain. On comprend que la pudeur filiale l'ait empêché de citer le nom du Père.

 

Le nom de la Guinée, cité sur la liste déshonorante des Narco-Etats, tient justement au fait qu'il n'y avait plus d'Etat. De la drogue est vendue en grande quantité à Dakar, à Abidjan, à Yaoundé etc…, mais la présence d'Etat, dont relèvent ces villes, fait qu'on ne parle pas de Narco-Etats.

 

Moussa Dadis Camara et ses compagnons du CNDD ont déclaré la guerre aux marchands de drogue en Guinée, comme les gouvernements français, allemand, américain et d'autres, le font dans leur pays. Ils auraient pu aider le CNDD en Guinée, comme ils aident certains gouvernements sud-américains dans cette guerre. Ce n'est pas ceux qu'ils considèrent comme la continuité constitutionnelle de Lansana Conté, qui auraient mené la lutte contre les trafiquants de drogues. Si ceux-ci étaient en place, ils n'auraient entrepris aucune action contre la drogue; ils n'auraient entrepris aucune action d'assainissement de l'Etat guinéen.

 

Faut-il citer à cet égard, la complicité tacite d'Aboubacar Somparé dans le maintien du statu quo guinéen? Dernier Président d'une Assemblée nationale, dont le mandat avait expiré depuis plus d'un an avant la disparition du Président Conté, Aboubacar Somparé a, non seulement, continué de présider cette Assemblée fantôme, sans état d'âme, mais prétendait assurer une continuité constitutionnelle en République de Guinée. Mesure-t-on le cynisme d'un tel personnage ? C'est une des raisons de l'attachement des Guinéens au CNDD.

 

Une soumission à l'ukase de l'extérieur n'amènera pas plus de bailleurs de fonds qu'à d'autres. Par contre, une moindre militarisation de la transition, comme je l'ai écrit plus haut, et des explications patiemment élaborées par les représentations diplomatiques guinéennes à l'étranger, peuvent conduire à un desserrement de l'étau autour de notre pays. La cohésion des Guinéens autour des dirigeants, peut y contribuer.

 

Il faut absolument, mes compatriotes, que nous fassions l'union sacrée autour du CNDD et de ses dirigeants, pour que l'expérience en cours en Guinée soit la bonne. Tout le monde y trouvera son compte : partis politiques, syndicats, société civile, tout un chacun, bref la Guinée.

 

Enfin, toute précipitation, toute frénésie qu'on entretiendra, chacun, dans cette action commune, ne peuvent que s'avérer négatives.

 

 

Ansoumane Doré, Dijon, France
pour www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Barry A., mercredi 8 avril 2009
Monsieur Doré, loin de moi la volonté de renier le droit de qui que ce soit à l’expression, même si je dois reconnaître n’avoir pas compris le message que vous avez voulu véhiculer dans cet article. Si j’ai pris une seule phrase, c’est parce que tout d’abord je ne voulais pas faire un commentaire plus long que votre article en question. Ensuite, c’est parce que cette phrase qu’on peut considérer comme étant la conclusion du texte est répétée tout au long de l’article sous d’autres expressions. C’est le cas de celle-ci : « ….Ce qui est utile, est que les Guinéens s`expliquent clairement et de façon apaisée, pour aider le pays à se sortir de l`abîme. Et la seule voie pragmatique est d`aider le CNDD pour cela…. ». Je ne dis pas que ce que vous dites ici n’est pas vrai. Au contraire, c’est non seulement vrai mais aussi souhaitable. C’est sur la forme que je ne suis pas d’accord avec vous. « …Aussi, je suis tenté de dire : « Bravo, le CNDD et son Président ! Poursuivez le travail de salubrité publique que vous avez entrepris ! … » En effet, je pense que se positionner de la sorte sans placer des conditions me parait trop risqué. Il serait difficile de ne pas avoir l’impression qu’il s’agit d’un soutien inconditionnel mais surtout motivé par d’autres considérations. Ce n’est pas à un moment où le nouveau pouvoir qui soutenait et continue de soutenir l’ancien dictateur réveille des citoyens à partir de deux heures du matin afin de faire d’eux de nouveaux sans abris que nous devons faire l’union sacrée vis-à-vis de ce pouvoir. Nous devons être prompts à condamner tous les abus de pouvoir sous toutes ses formes aussi précoces soient ils. Cela ne veut pas dire ignorer les autres actes de bien qui ont été déjà posés. Après le silence total des partis politiques de tous bords, celui de la société civile et des syndicats, des médias et des organisations des droits de l’homme, notre dernier espoir se tournait vers des personnes comme vous pour au moins, rappeler les autorités que l’utilisation de la force de cette manière n’est pas tolérable envers n’importe qui surtout nos compatriotes. Sans vouloir dire que l’Etat ne doit pas récupérer ce qui lui appartient nous pensons que c’est à la justice de se prononcer avant toute action de démolition. Notre Etat n’étant pas parfait, raison de plus pour ne pas se placer au dessus de la loi. Sinon qui payera les bavures d’aujourd’hui ? Si nous prenons l’exemple de la clôture de Nongo, nous pensons que cette dernière aurait pu aussi profiter à l’Etat au cas où le domaine devait lui revenir. Pourquoi détruire ce qui peut être utile à soi ou à autrui à un moment où on tend la main pour payer ses fonctionnaires? C’est encore plus déplorable pour les autres pauvres citoyens dont il s’agit de leurs abris, abris acquis au pris de nombreuses années de labeur dans des conditions que tout le monde est sensé savoir et avec la complicité de ce même Etat. Un délai d’une à deux semaines, décidé par des individus sous le coup de l’émotion ou de la colère ? Sommes nous dans un Etat sans lois ni juridictions ? De la même manière l’Etat donne et valide des cartes d’identité et autres passeports, de même c’est lui aussi qui délivre et valide par ses représentants, les documents sensés légaliser l’acquisition des terrains et tous domaines bâtissables. Je trouve scandaleux le fait de passer ces manquements sous silence et en même temps appeler à soutenir les auteurs de tels dégâts. Je pense qu’un « républicain » respecte avant tout les lois de son pays. Par ailleurs, n’oubliez pas que les semaines et les mois qui ont suivi le 3 avril 1984, la majorité des guinéens avait apporté leur soutient au CMRN plus qu’elle l’a fait le 23 décembre 08 (le CMRN venait de prendre le pouvoir deux semaines après la fusillade de plusieurs citoyens à Mamou. Il a ouvert le camp Boiro, libéré des prisonniers politiques et autres, publié la liste de ceux qui devaient être arrêtés les jours suivants la fusillade, ouvert les frontières, libéralisé les activités commerciales et économiques, etc…) Après que L. Conté ait réussi plusieurs coups contre ses compagnons (juillet 85, dissolution du CMRN création du CTRN, le renvoi du reste de ses compagnons dans les casernes….) il s’est approprié de tout le pouvoir et la suite est connue…Et c’est ce reste connu qui nous inquiète avec le CNDD. Nous disons que tout est possible… Mr. Doré, pour finir, je dirai que nous ne pensons pas que nous qui demandons des élections d’ici décembre 09, voulons des élections bâclées qui affaibliraient le futur président. Nous estimons simplement que même si nous fixons la date des élections en 2015, il y a un sérieux risque de les voire soi reportées soi bâclées. Alors la sagesse nous commande de maintenir la pression, la Guinée n’en sortira que gagnante. Je salue respectueusement.
Ansoumane Doré, mardi 7 avril 2009
Les différents arguments présentés ci-dessous ne sont pas sans fondement, je le reconnais.mon texte vise surtout à ne pas ,cette fois laisser les miltaires seuls décider de l`avenir comme en 1984. Ils ont exprimé leur intention de ne pas confisquer le pouvoir.Je crois qu`il fallait les prendre au mot et ne pas s`enfermer dans une crispation dont on peut deviner les prolongements.Je demende à Barry de bien relire mon texte et de pas en extraire qu`une phrase. Je demande de relire mon texte du 29 décembre 2008.Ceci étant, je ne m`embrigaderai pas sous la bannière de ceux qui ne sont enchantés que lorsqu`on chante leur chanson.Il s`en est même trouvé un qui se demande si, malgré mon âge, je ne suis pas à la recherche d`une place auprès du CNDD.Il n`est peut-être pas nécessaire de relever ce type de remarque tant elle dérisoire.Mais elle est révélatrice d`un état d`esprit chez un certain nombre de nos compatriotes. Il s`agit de l`arrière-pensée "utilitariste" qui motive tout leur comportement. Si vous écrivez, c`est pour vous mettre en valeur et attendre en retour une récompense ou une place. Combien de fois ai-je écrit que pour bien des gens de ma génération à présent à la retraite professionnelle,une recherche d`emploi quel qu`il soit n`était plus une préoccupation.C`est en tout cas ma position (je suis de 1936)et cela ne m`empêchera pas d`écrire tant que Dieu m`en donnera la force.Et encore cela sous l`égide de personne mais dans le seul but de partager des idées avec mes compatriotes, d`accord ou pas d`accord. C`est cela la démocratie mais je ne me sais investi d`aucune autorité particulière pour dire ceci et ne pas dire cela.
Barry A., mardi 7 avril 2009
« Il faut absolument, mes compatriotes, que nous fassions l`union sacrée autour du CNDD et de ses dirigeants, pour que l`expérience en cours en Guinée soit la bonne. » Mr Doré, j’aurais été d’avis avec vous si, et seulement si la direction prise était totalement irréprochable. Hélas, ce n’est pas le cas à mon avis. Aujourd’hui nous assistons de nouveau à une personnalisation des décisions au sommet de l’Etat, donc, du pouvoir. Le CNDD ne travaille plus en équipe. Son président multiplie les abus de pouvoir à travers les suspensions instinctives des membres du gouvernement sans consultation du « chef » de ce même gouvernement. L’humiliation publique des ces anciens chefs hiérarchiques sans raison valable. Des évacuations nocturnes de certains fils de la Guinée suivies de destructions précipitées de leurs habitats en dehors de toutes procédures légales. La multiplication des manifestations et autres déplacements de soutiens de tous genres. Et pan ! La mise en cause des promesses tenues, notamment l’organisation des élections d’ici décembre 2009. Il faudra arrêter de nous dire que la Guinée est incapable d’organiser des élections en une année, même sans l’aide des bailleurs de fonds. Il faut arrêter de nous dire que seuls les militaires pourraient redresser la Guinée alors que ce sont eux qui sont au pouvoir depuis 25 ans maintenant. Il faut arrêter de nous dire qu’un président civil aurait moins de prérogatives qu’un président militaire autoproclamé. Sinon, il ne sert à rien d’écrire et de se faire lire. Tous ceux qui écrivent pour critiquer certains comportements du CNDD, ne sont pas contre ce dernier ni contre la marche en avant de la patrie. De même, ce n’est pas tous ceux qui soutiennent le CNDD qui sont pour lui. Donc, cher doyen, vu ce qui précède, il m’est impossible de vous rejoindre dans cette appel à l’union sacrée d’autant plus que je ne suis pas satisfait ni de la méthode ni de la voie suivie par le CNDD. Aussi, pour moi il n’ya pas de fraction républicaine dans l’armée guinéenne jusqu’à preuve du contraire. Votre fraction républicaine, nous a appris par la bouche de son chef Dadis, qu’elle a évité d’humilier Lansana Conté et préféré voir le pays s’engouffrer dans l’abime tout en massacrant, violant, violentant, volant les civiles qui réclamaient le départ du régime non républicain que vos « jeunes républicains » soutenaient. Où était cette fraction républicaine notamment en janvier et février 2007 ? Les guinéens dans leur majorité ont applaudi l’avènement du CNDD le 23 décembre dernier. Mais nous ne continuerons à le soutenir que s’il évite de prendre le peuple pour un troupeau de moutons. Pourquoi il n’y a pas eu commission d’audit indépendante ? Pensez vous que ce comité actuel va auditer le secteur du carburant de l’armée où Dadis aurait tiré les ressources financières nécessaires pour financer son coup ? Ce n’est pas en se disant incorruptible, patriotes, droit que nous autres sommes tenus de le croire. S’il sait qu’il dit vrai, nous lui lançons le défi de dissoudre la commission d’audit actuel qui est composée uniquement de ses amis et subordonnés au profit d’une autre commission indépendante. Après quoi nous le croirons.
K. Diallo, lundi 6 avril 2009
Cherchons au moins a ceque les legislatives se passent le plutot possible pour qu`il y est une force d`opposition au president. N`oublions pas le vote a l`hunanimite de l`essemblee nationale durant la greve contre la volnte de Conte de prolonger le couvre feu. Bien que cette assemblee etait supposee nulle elle avait fait un act historiaue qui nous ete profitable.
Barry A., lundi 6 avril 2009
« Il faut absolument, mes compatriotes, que nous fassions l`union sacrée autour du CNDD et de ses dirigeants, pour que l`expérience en cours en Guinée soit la bonne. » Mr Doré, j’aurais été d’avis avec vous si, et seulement si la direction prise était totalement irréprochable. Hélas, ce n’est pas le cas à mon avis. Aujourd’hui nous assistons de nouveau à une personnalisation des décisions au sommet de l’Etat, donc, du pouvoir. Le président du CNDD multiplie les abus de pouvoir à travers les suspensions instinctives des membres du gouvernement sans consultation du « chef » de ce même gouvernement. L’humiliation publique des ces anciens chefs sans raison valable. Des évacuations nocturnes de certains fils de la Guinée et des destructions précipitées de leurs habitats en dehors de toutes procédures légales. La multiplication des manifestations et autres déplacements de soutiens de tous genres. Et pan ! La mise en cause des promesses tenues, notamment l’organisation des élections d’ici décembre 2009. Il faudra arrêter de nous dire la Guinée est incapable d’organiser des élections en une année, même sans l’aide des bailleurs de fonds. Il faut arrêter de nous dire que seuls les militaires pourraient redresser la Guinée. Il faut arrêter de nous dire qu’un président civil aurait moins de prérogatives qu’un président militaire autoproclamé. Sinon, il ne sert à rien d’écrire et de se faire lire. Tous ceux qui écrivent pour critiquer certains comportements du CNDD, ne sont pas contre ce dernier. De même, ce n’est pas tous ceux qui soutiennent le CNDD qui sont pour lui. Donc, cher doyen, vu ce qui précède, il m’est impossible de vous rejoindre dans cette union sacrée d’autant plus que je ne suis pas satisfait de la méthode du CNDD. Aussi, pour moi il n’ya pas de fraction républicaine dans l’armée guinéenne jusqu’à preuve du contraire. Votre fraction républicaine par la bouche de son chef Dadis, a évité d’humilier Lansana Conté et préféré voir le pays s’engouffrer dans l’abime.
K. Diallo, dimanche 5 avril 2009
laisser ceux qui ont la puissnace goutter au pouvoir durant une longue periode. Je ne comprend pas les supposes visionnaires ge la guinnee. Laisser le minltaire goutter plus au pouvoir. AH AH ah non!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Amadou Diouldé BAH, vendredi 3 avril 2009
Je suis totalement d`accord avec vous; on doit accorder au CNDD les deux ans de transition qu`il a sollicités.
O. Bah, vendredi 3 avril 2009
Il y a un facteur psychologique dont il faudrait tenir compte: les Guinéens n’en sont pas à leur première déception de la part de leurs dirigeants quant au respect des engagements de ces derniers. La crainte que le CNDD ne cherche à s’éterniser au pouvoir n’est pas sans fondement. C’est pour cela, à mon avis, le calendrier proposé par les Forces Vives devrait être respecté.
Koundouno Fatoma, vendredi 3 avril 2009
Il est temps que cet éminent intellectuel guinéen, vivant en France, soit directement impliqué dans le processus de transition encours en guinée. Même étant à la retraite, je pense qu`il peut encore beaucoup apporter à notre cher pays. Merci doyen pour cette brillante analyse. Ceux qui n`ont pas encore saisi la portée du changement amorcé en guinée doivent lire et relire le l`article de notre doyen Doré.
FAKOLY KOUMBA, vendredi 3 avril 2009
Comme toujours, une analyse pertinente et responsable du Doyen DORE. Que Dieu sauve la Guinée !!!
Cissé Oumar de Bma, vendredi 3 avril 2009
Il n`y a rien à ajouter; C`est magistral et c`est l`avis de l`écrasante majorité des populations guinéennes. Chaque patriote doit diffuser ce texte et en imposer civiquement le contenu à la petite minorité bruyante qui veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Mais, les temps ont changé et le niveau de conscience est très haut chez nos populations qui n`ont pas accès aux médias. Vive Moussa Dadis et son entreprise courageuse, honnête et salvatrice qui doit prendre le temps necessaire pour nettoyer le pays de fond en comble pour asseoir les bases d`une vraie démocratie dans l`intérêt exclusif du peuple.
tutankhamon, vendredi 3 avril 2009
Merci doyen
Youssouf Bangoura, vendredi 3 avril 2009
Salut,j`avoue que j`éprouve beaucoup de bonheur en lisant le doyen Doré, il est l`un des rares à avoir telles visions, à le lire on comprend aisément que c`est un patriote sensé, qui ne roule pas pour Paul ou Pièrre. Merci, continuez à nous ouvrir les yeux, grâce à vos écrits nous les profanes comprenons les choses, merci encore.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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