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Dans une déclaration radio télévisée faite le week-end dernier, le chef d’état-major de la Gendarmerie Nationale et Commandant de la Fossepel (Force spéciale pour la sécurisation du processus électoral), le Général de Brigade Ibrahima Baldé, a dénoncé une tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat par des individus civils et militaires. Avant lui, le Premier ministre Jean-Marie Doré avait tiré la sonnette d’alarme pour flétrir ces agissements susceptibles selon lui de compromettre le retour à l’ordre constitutionnel.
Pendant que les Guinéens avancent lentement mais sûrement vers le 2e tour de la présidentielle, un groupe d’individus pactiseraient avec le diable pour une déstabilisation éventuelle de l’autorité supérieure de l’Etat. Ce qui du coup compromettrait la transition en cours et le second tour de la présidentielle, dont la date n’a pas encore été fixée.
« Pendant que nous attendons sereinement la proclamation des résultats définitifs du 1er tour des élections par la Cour Suprême, un réseau composé de certains militaires, officiers, sous officiers et civils s’activent à remettre en cause l’œuvre démocratique accomplie jusque là… », révèle le chef d’état-major de la Gendarmerie nationale. Débusqués de leur cachette, certains membres auraient avoué leur appartenance audit réseau, et leur mission serait claire : éliminer « les leaders politiques les plus populaires ainsi que certaines autorités militaires », accuse Ibrahima Baldé. Le but de ce réseau qui, dit-on, serait dirigé par un officier supérieur de l’armée guinéenne serait de « provoquer un soulèvement général ».
Selon le Général Ibrahima Baldé, ce réseau agirait à dessein dans le seul but de troubler l’ordre public. Alors que les guinéens ont encore en mémoire les douloureux évènements du 28 septembre 2009. Le commandant de la Fossepel, exhorte à cet effet, les états-majors des partis politiques à redoubler de vigilance pour ne pas tomber dans le piège. « C’est le moment et le lieu d’appeler tous les états-majors des différents partis politiques à la surveillance et la canalisation des militants sur cet état de faits par rapport aux mouvements de fraude… », a-t- il prévenu.
En outre, il indique que ce groupe d’individus malintentionnés avait déjà mis en place leur plan d’action. Qui consisterait, en cas de mouvements politiques, d’infiltrer les militants et commettre des actes de crime. Ceci, dans le but de faire porter le chapeau au parti infiltré. Du côté des forces de l’ordre, le réseau préconiserait d’arborer des t-shirts et casquettes de la Fossepel pour le même dessein. « Cette stratégie déjà décelée a pour aboutissement d’apporter un discrédit sur les forces de défense et de sécurité… ». Afin de mettre en cause le soutien et la neutralité de celles-ci, dans le processus de transition.
Ainsi, tout en prenant l’opinion nationale et internationale à témoin, le Général de Brigade invite la population guinéenne à la sérénité et au calme. Et de rassurer les uns et les autres que la situation est déjà sous contrôle. « Nombreux parmi ces individus sont mis hors d’état de nuire », rassure le chef d’état-major de la Gendarmerie nationale. Avant de promettre qu’au moment venu les fomenteurs seront présentés à l’opinion et traduits devant la loi.
Le Premier ministre Jean-Marie Doré a eu lui aussi à monter au créneau pour attirer l’attention de ses compatriotes sur le fait que des menaces continueraient de peser sur le processus de transition.
Samory Keita Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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