vendredi 22 février 2008
Mendicité des enfants, un triste constat

Ils sont nombreux dans les carrefours, et autres lieux publics de la capitale, ces enfants qui passent toute leur journée en train de tendre la main aux passants. Ce, dans l’espoir d’obtenir une aumône de quelque nature que ce soit. Cette pratique est donc devenue une véritable profession pour la plupart des enfants qui, à force de s’y mettre, ont acquis toutes les méthodes pitoyables pour déclencher la générosité des passants. Ils n’ont plus peur de soleil ni de voiture. A les voir longer la chaussée, s’approcher des voitures en circulation, l’on constate, avec horreur, le risque d’accident que courent ces tout petits. Certains conducteurs, on le sait, manquent de vigilance et n’ont aucun égard pour les piétons. Le rond-point de Hamdalaye, dans la commune de Ratoma, l’alentour de la Grande mosquée Fayçal, dans la commune de Dixinn et les abords du grand Hôtel Casino, à la cité « Chemin de fer », sont parmi les lieux de regroupement des mendiants de toutes catégories. Parmi eux, le nombre d’enfants mendiants ne fait que croître au jour le jour. On se demande alors si ces petits quémandeurs gagnent vraiment ce qu’ils cherchent. La réponse n’est souvent pas oui car, aux dires de certains enfants rencontrés sur les lieux, les populations deviennent de moins en moins généreuses. Chacun se disant que la vie devient de plus en plus chère. « La seule chose qu’on obtienne souvent c’est Allah Kha Wonki (Que Dieu nous aide) », nous a confié un garçon de treize ans qui dit avoir choisi la mendicité à cause de l’extrême pauvreté de sa famille. Quelques passants, quant à eux, semblent en avoir marre à cause du nombre grandissant des mendiants. MAB, dans sa voiture en plein embouteillage, a dit à propos ce qui suit : « Le grand nombre d’enfants mendiants réduit leur chance. Aujourd’hui, à un seul arrêt de Conakry, l’on peut être littéralement assailli par plus de dix mendiants. On ne peut pas continuer à donner de l’argent aux mendiants puisque d’autres problèmes attendent ». Comme on le constate donc, ces enfants de rue sont de plus en plus exposés au mépris de certains passants. Or même si ces enfants mendiants n’ont pas les mêmes devoirs que leurs camarades issus de familles aisées, ils ont tout de même des droits communs, dont entre autres celui d’aller à l’école, d’être nourris, d’être soignés… Cette situation devrait attirer l’attention des autorités. Certes, des efforts ont été déjà consentis pour la cause des enfants déshérités. Mais les autorités compétentes doivent continuer à s’investir pour éviter à ces enfants un avenir sombre.

Tonguino Faya Bernardt

L’indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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