lundi 13 juin 2011
Média: Quand le CNC sert de moyen d'oppression
Martine Condé

Notre confrère Le Défi, très critique à l'endroit du régime d'Alpha Condé vient aussi d'écoper d'une suspension de deux mois.

Le Conseil national de la communication (CNC) à l'origine de cette sanction, accuse l'hebdomadaire d'informations générales et d'analyses, de « manquement à l'éthique et à la déontologie ».

En moins de cinq mois de service, l'équipe de Martine Condé a retiré des kiosques deux journaux privés.

Au début du mois de mai dernier c'est un journal naissant Les nouvelles du pays qui faisait les frais de la politique de musellement de la presse entrepris par cette proche d'Alpha Condé.

Deux radios privées (Soleil FM et Espace FM Guinée) et plusieurs autres journaux se trouvent actuellement dans le collimateur de l'équipe de Martine Condé.

Ces médias ont reçu, chacun, un avertissement très ferme de la part de l'instance de régulation de l'espace médiatique guinéen.  

A l'occasion des Journées de concertation des medias guinéens sur le rôle des journalistes dans la démocratie et l'Etat de droit, Martine Condé a, cependant, dans un discours adressé aux journalistes, promis de se battre pour promouvoir la liberté de presse en Guinée.

« Vous pouvez compter sur le soutien du CNC... Sous ma présidence, la mission de régulation de l'espace médiatique confiée au CNC ne saurait se muer à une volonté de bâillonnement de la presse. » avait-elle affirmé.

Comment expliquer alors la situation actuelle des médias guinéens qui contraste avec l'engagement de Martine Condé, cité ci-dessus ? Y a-t-il une pression externe sur la présidente du CNC, au point qu'elle n'arrive plus à agir conformément à ses engagements et aux attributions de son institution?

Ce qui reste évident est que le CNC, sous Martine Condé, est devenu une arme d'oppression de la presse.


Heinan Goba
de Conakry pour
www.guinneeactu.com

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
Gandhi, lundi 13 juin 2011
Manquement à l`éthique et à la déontologie : circulez il n`y a rien à voir. Au Chili en 73 sous Pinochet, la constitution prévoyait que tout acte susceptible de tenter de susciter (en espagnol dans le texte) était considéré comme acte terroriste. Vous toussiez dans la rue, on pouvait interpréter ce besoin naturel comme un acte terroriste, en vertu de l`expression ci-dessus. Comment voulez-vous que l`ancienne responsable de la com d`AC tolère des critiques contre son patron. Promouvoir la liberté de la presse, c`est faire l`éloge du président du RPG. Le problème est que ce qui était possible, il y a cinquante ans, dans un pays replié sur lui-même, ne l`est plus avec les moyens de com actuels. Comme AC vit dans le passé, car seul l`intéresse ce qui s`est passé avant qu`il n`arrive (pour expliquer ses échecs futurs), il multiplie les moyens pour mettre en place la division au sein du pays, sachant que la nature humaine est ainsi faite que malheureusement, parfois la population (notamment non éduquée) fait appel à ses instincts primaires, pour se rassurer quant à sa condition, et tombe dans le piège. Ce n`est pas digne d`un chef d`État, mais les gens ne sont pas dupes de ce qu`ils voient ou entendent. Eux ne s`intéressent pas à nos discussions sur l`état de droit, la démocratie, le vote du budget... Eux ils regardent leur situation personnelle et quotidienne, et là je laisse à chacun le soin d`apprécier objectivement ce qu`il en est. On en reparlera.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011