L’avocat d’Ousmane Conté conteste la décision des USA, dont le président a fait inscrire son client sur la liste des barons de la drogue. Pour Me Mamadou Tafsir Barry, il pourrait s’agir d’un autre Ousmane Conté.
Le Démocrate : Le président américain vient de saisir le Congrès pour la saisie de tous les biens d’Ousmane Conté en le qualifiant de baron de la drogue. Avez-vous une réaction face à cette mesure?
Me Mamadou Tafsir Barry : Je tiens à vous signaler que cette déclaration du président américain Obama ne concerne nullement mon client Ousmane Conté. Dans la mesure où Ousmane Conté n’a jamais été pointé du doigt depuis le temps de son père jusqu’au moment de son arrestation. Ce que je vais ajouter concernant cette déclaration de Obama, vous pouvez tirer le document au centre culturel américain, Obama dans sa déclaration, a parlé d’un certain Ousmane Conté. Il n’a jamais dit Ousmane Conté, fils du défunt président Lansana Conté. Mais, Comme vous le savez, quand vous voulez diffuser une information qui vient d’un auteur, il faut l’interpréter dans sa plénitude, ce que la personne dit. Ce n’est pas tout le monde qui s’appelle Ousmane Conté, qui soit le fils du général Lansana Conté. Depuis un certain temps, on a pris des gens qui se faisaient passer pour Ousmane Conté, fils du président Lansana Conté. Tous les Guinéens savent que le fils aîné de feu président Lansana Conté s’appelle Ousmane Conté. Il est officier de l’armée guinéenne. Mais, il s’agit de l’identifier physiquement, beaucoup ne le connaissent pas. Mais, il faut savoir que parmi les usurpateurs de nom d’Ousmane Conté, je le dis avec certitude, que depuis un certain temps, il y a un monsieur qui s’appelle Mamadou Conté, qui se fait passer pour Ousmane Conté. Il avait été arrêté en France où il a fait deux ans de prison. Il s’agit certainement de cette personne. Pour être baron de la drogue, il faut être un multimilliardaire. Sur cette liste des barons de la drogue, on a parlé d’un monsieur qui est du Mozambique, d’un autre qui est de l’Afghanistan et d’une troisième personne de Mexico. Ces personnes unies peuvent faire vivre un Etat africain. Ces gens ont des richesses très fabuleuses. Ils ont des usines, des centres commerciaux, ils sont dans de grands réseaux à l’image de Pablo Escobar de la Colombie. Pour être baron de la drogue, il faut appartenir à un cartel. Pour ceux qui pensent que c’est Ousmane Conté, ils se trompent. Ousmane Conté est loin de la drogue. Ce sont les pauvres qui cherchent l’argent par tous les moyens. Le Commandant Ousmane Conté avait un père à l’étoile présidentielle. Ousmane Conté avait tout, il était dans toutes les conditions. Un homme heureux ne peut pas se lancer dans des affaires illicites.
Pourtant Ousmane Conté a lui-même reconnu à la télévision qu’il est dans le trafic de drogue, mais qu’il n’est pas le parrain ?
Nous sommes des avocats professionnels. Ce qui s’est passé au camp Alpha Yaya est tout autre. Le secrétaire d’Etat chargé de la lutte contre la drogue, a comparu en tant que témoin devant la Cour d’assises. Au camp Alpha Yaya, tous ceux qui ont reconnu les faits qui leur sont reprochés voulaient sauver leur vie. Ils ont été menacés, c’est sous contrainte qu’ils ont reconnu. Devant la justice, personne n’a reconnu. Au bureau des investigations judiciaires, en passant par le juge d’instruction et l’étape de la chambre de mise en accusation, même aux assises qui se tiennent actuellement, je vous dit que personne n’a reconnu les faits. Donc, il y a eu une situation exceptionnelle. Les gens pour sauver leur vie ont reconnu.
Vous voulez parlez de quoi exactement ?
Ils étaient menacés. Ils n’avaient pas d’avocat, ils n’étaient pas en sécurité. Quelqu’un pouvait venir la nuit te faire n’importe quoi sans aucune caméra pour le savoir. Pour sauvegarder leur vie, les gens étaient obligés de reconnaître ce qu’on leur disait. Ce qui s’est passé là- bas n’est pas opposable à la justice. La Justice a clamé haut et fort que ce qui s’est passé au camp ne l’intéresse pas. La justice est saisie à partir du moment où les présumés narco trafiquants ont été mis à la disposition du PM3, au bureau des investigations judiciaires. Je vais vous parler de l’article 59 du code pénal guinéen qui dispose qu’il n’y a ni crime, ni délit, lorsqu’il est établi que la personne était sous démence. Lorsque la personne incriminée est dans un Etat de folie. Deuxièmement, il n’y a ni crime ni délit, lorsqu’une personne fait un aveu obtenu sous la menace, sous la contrainte. Dans le commandement militaire, il n’y a ni crime, ni délit lorsque la personne a agi sous l’autorité de commandement de la loi ou sous l’ordre hiérarchique légitime de son chef ou lorsqu’il y a légitime défense.
Comment comptez-vous vous y prendre pour tirer votre client des « griffes » de la justice ?
Je puis vous dire que pour le moment, le dossier Ousmane Conté est à la Cour suprême. Mais, ce qui reste clair, qu’il pleuve ou qu’il neige, le droit de la défense est sacré. Nous défendrons notre client conformément à la loi. Nous le ferons avec tous les moyens juridiques que nous avons à notre disposition. Jusqu’à preuve du contraire, nous clamons haut et fort l’innocence de notre client. Du camp Alpha Yaya, malgré que tout a été extra judiciaire, en passant par le PM3 et toute la procédure jusqu’à maintenant, la culpabilité de notre client n’est pas établie. C’est vrai que des gens ont été arrêtés, mais aucun n’a été pris avec la drogue. Qu’on nous montre les preuves palpables. La Guinée est un Etat de droit. A ce titre, il faut qu’on arrête d’accuser les gens de façon arbitraire. La justice, fera son travail et dira le droit.
Propos recueillis par Aly Badara Condé
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com