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Le cas Sékou Souapé Kourouma est devenu un véritable problème qui dépasse l’entendement des uns et des autres. Nous voulons parler de sa famille mais aussi de son avocat qui n’ont aucune nouvelle de lui, depuis maintenant trois mois. Est-il en vie ou pas ? Voilà la question à laquelle pourra répondre le plus malin d’entre nous.
Pour la petite histoire, on retiendra que Sékou Souapé Kourouma est cet ex-secrétaire général de la jeunesse du RPG (Rassemblement du peuple de Guinée). Il fut par deux fois arrêté et incarcéré à la direction de la police judiciaire (DPJ) sans qu’aucune charge officielle ne soit retenue contre lui. Pour son second séjour à la DPJ, il fut interdit de quitter le pays au moment où il s’apprêtait à se rendre en Côte d’Ivoire pour des soins médicaux. C’est au moment où Souapé et sa famille croyaient l’affaire close, qu’un soir du 14 septembre 2010, que l’homme fut kidnappé par des hommes en treillis. Cette fois-ci, l’affaire se complique. Après donc maintes recherches, l’avocat de Souapé finit par comprendre que son client se trouve incarcéré dans un camp militaire au large de Conakry dans les îles de Loos (Kassa). Très inquiet pour la vie de son client malade, Me Abass nous a déclaré son souci en ces termes : « Je refuse de croire que Sékou Souapé soit un prisonnier d’un citoyen guinéen. Il est un prisonnier de la junte et du gouvernement de la transition ».
« En tant qu’avocat de Souapé, je refuse la thèse selon laquelle, Souapé est un prisonnier d’Alpha Condé. De quel pouvoir Alpha Condé peut-il se prévaloir pour faire arrêter un citoyen par des militaires ? C’est la junte qui est responsable de sa vie là où il se trouve. La loi a été violée sur toute la ligne dans cette affaire. Si Souapé se voit reprocher clairement d’une infraction, je serai le premier à demander son jugement. Nul n’est au-dessus de la loi… » L’avocat renchérit que tout endroit de détention où les avocats n’ont pas accès est un « un enfer sur terre ». Me Fodé Abass Bangoura s’indigne du comportement de certains hommes hauts gradés de l’Etat qui, selon lui, étaient passés par la prison de Kassa, puis libérés grâce aux combats menés par les avocats et la presse. Ayant retrouvé leur liberté, ces officiers y expédient régulièrement d’autres. Me Abass Bangoura trouve cette attitude incohérente : « les mêmes qui étaient là-bas hier, sont les mêmes qui continuent à en envoyer d’autres aujourd’hui. Je trouve cet acte inhumain », a-t-il martelé. L’avocat rappelle aux autorités guinéennes leur engagement à respecter l’article 9 du pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par la Guinée en 1978, qui stipule que toute personne arrêtée doit être informée au moment de son arrestation, des raisons de son arrestation et informé sans délai de toute accusation formulée contre elle.
Au cas Souapé, s’ajoutent les cas de certains militaires également incarcérés à Kassa. Ces militaires sont entre autres : le Colonel David Sylla, le Colonel Sékou Fadiga et le capitaine Issa Camara. En attendant de voir clair dans ce dossier Souapé, Me Abass Bangoura lance un appel au nouveau président de faire des droits de l’homme une condition de développement. « La Guinée n’a pas que besoin d’eau et d’électricité. Elle a aussi besoin du respect des droits de l’homme qui passe pour être une des conditions d’obtention des fonds d’aide économique de la part des bailleurs de fonds. Pour réussir cette mission, le nouveau président élu doit procéder à la fermeture des prisons illégales comme celle de Kassa et autres », a-t-il conclu.
Aly Badra Condé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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