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Avant de vous dire l’idée de ce titre, j’aimerais donner mon avis sur les rapports d’audit et pour finir lancer une demande aux personnes ressources pour mon prochain documentaire.
Permettez-moi de citer ces faits avant mon analyse :
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Il y a quelques années, j’étais allé en Guinée avec deux hommes d’affaire juifs qui voulaient investir et à l’époque, la compagnie d’alumine Friguia cherchait repreneur pour son service « Economa », chargé de la distribution alimentaire. Après des négociations dans la ville de Fria, en retournant à Conakry la capitale, un des juifs déclara dans la voiture que la compagnie devait vendre ce service à 1f symbolique puisque c’était un gouffre financier.
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En 1992, si mes souvenirs sont bons, j’avais représenté la Guinée à la foire internationale du tourisme de Toulouse et le Secrétaire général de la présidence de l’époque (la Guinée n’avait pas de premier ministre), me poussa à ce projet ; sans vouloir rentrer dans les détails, tout fut fait, la participation du pays décaissée mais ni l’organisme organisateur de la foire, ni ma pauvre personne ne virent la couleur de l’argent ; c’était ma première grande mésaventure avec mon pays.
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Pour finir, un jour, un ami, au camp Samory, qui venait de sortir d’une réunion avec la première Dame, furieux, me raconta qu’en négociation avec celle-ci pour un contrat de construction, une Dame présente au salon demanda à la première Dame de lui donner le contrat, qu’elle peut le faire ; alors voilà comment mon ami de promotion perdit le contrat et disait que cette femme qui n’était pas du métier, allait certainement prendre des maçons dans les quartiers. Bref, tout le monde est entrepreneur.
Mon Analyse :
Je cite le premier exemple pour répondre indirectement à un article d’un des inconditionnels du premier régime qui citait les entreprises d’Etat, presque toutes rentables et bradées par le régime de Lansana Conté ; je ne les connais pas toutes mais celles dont j’ai eu connaissance n’étaient pas toutes rentables loin s’en faut, donc le nouveau gouvernement d’alors n’avait le choix que de s’en défaire.
Alors c’est la manière qui posa problème dans plusieurs cas ; ces deux autres exemples sont une illustration parfaite des méthodes de décaissement qui vont ailleurs ou des attributions de contrats aux proches et amis ; en lisant les noms des entreprises qui ont participé à la vente des rails, très peu ont eu pignon sur rue ; c’est dire que ce sont des entreprises écrans sur papier, créées par des caciques et confiées aux amis, aux parents. etc.
Je redis ici, ce que j’avance depuis un certains temps, qu’en Guinée, c’est le système qu’il faut changer ; il y a une mafia qui a une mainmise sur l’économie du pays et qui ne veut pas de changement ; elle est composée de Guinéens de toute ethnies et c’est elle qui exacerbe l’ethnocentrisme qui est en fait, diviser pour régner.
Dans un pays de corruption générale, érigée en système, faire des audits sélectifs pour en faire une arme politique, est contre-productif.
Je suis évidemment pour des audits mais à condition que le travail soit fait par un cabinet spécialisé et neutre et qu’il touche tous les secteurs y compris l’intendance militaire.
Cela coûtera cher et fera grincer des dents mais je ne vois rien d’autre.
J’ai la conviction qu’aucun contrat de gré à gré ne se passe dans notre pays sans intérêt particulier ; c’est ma petite expérience de 10 ans sur le terrain qui m’en persuade.
Mon appel aux personnes ressources :
Je travaille en ce moment sur l’histoire des quatre premiers maires de notre pays, leurs campagnes, leurs relations et leurs élections ; il s’agit de Sékou Touré en Basse Guinée, Saifoulaye Diallo en Moyenne Guinée, Mara Djomba en Haute Guinée et Mamadi Sagno en Guinée Forestière.
Sékou Touré et Mamadi Sagno passèrent un pacte de sang et c’est grâce au second que le premier fut conseiller territorial de Beyla puisqu’il y était inconnu.
En 1970, Mamadi Sagno était le ministre de la défense au moment de l’agression des portugais et en 1971, il fut arrêté et exécuté au camp Boiro. Bref.
Voilà en gros le résumé de ce travail. Donc toute personne capable de m’apporter des informations ou des contacts pour des interviews sera la bienvenue.
Enfin, j’ai reçu deux messages de deux amis qui ne se connaissent pas en fait et qui disent la même chose ; après réception de mon documentaire, ils me conseillent d’aller m’installer en Guinée pour participer au développement du 7e art ; y aller pour des interviews ou des reportages oui mais m’y installer au jour d’aujourd’hui est une autre histoire ; quand j’essayais de passer incognito avec mes affaires, la mafia de chez nous me piétina pendants 10 ans ; impossible d’y réussir et maintenant que je suis un peu connu pour ma grande gueule dénonciatrice ; m’y installer, c’est pour me faire bouffer cru sans piment… non merci.
Paul THEA
www.guineactu.com
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