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Nous allons tous fêter, je l'espère, cette élection de Barack Hussein OBAMA, en lequel pratiquement tous les peuples se reconnaissent aujourd'hui. Ne dit-on pas, chez nous, que lorsqu'un fils réussit, ses "propriétaires" augmentent en nombre? Au carrefour de tous les cheminements historiques, son élection est un formidable pied-de-nez à toutes les intolérances, à tous les mensonges, tellement habituels qu'on avait fini par les accepter, à défaut d'y croire. Cette grande leçon de courage, de détermination et de persévérance, venue des Etats-Unis, nous a tous pris aux tripes, littéralement. Au risque d'oublier un événement, de la post-élection immédiate: l'adresse du vaincu, McCain, à son challenger, devenu vainqueur par la seule voie légale, l'élection démocratique. Extrait du discours d'Obama "Je viens tout juste de recevoir un appel téléphonique courtois de John McCain. Il a bataillé dur et longtemps tout au long de la campagne, et il s'est battu plus durement et plus longtemps encore pour le pays qu'il aime. Il a enduré des sacrifices pour l'Amérique que la plupart d'entre nous ne peuvent même pas imaginer, et nous avons profité des services rendus par ce dirigeant courageux et altruiste. Je le félicite, ainsi que la gouverneure Palin [sa colistière], et je suis impatient de travailler avec eux afin de changer l'avenir de ce pays". Morceaux choisis de du texte de McCain "Nous sommes arrivés au terme d'un long voyage. Le peuple américain s'est exprimé, et il s'est exprimé clairement" "Quelles que soient nos différences, nous sommes tous Américains et, s'il vous plaît, croyez-moi lorsque je vous dis qu'aucun lien n'a plus de sens pour moi que celui-là" "Le sénateur Obama et moi-même avions des divergences, nous les avons exposées et il l'a emporté (...) Je m'engage ce soir auprès de lui à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour l'aider à nous faire surmonter les nombreux défis qui sont devant nous." (Je comprends) "la signification particulière qu'elle revêt pour les Afro-Américains et la fierté particulière qui doit être leur cette nuit". "Il est naturel ce soir de ressentir de la déception mais demain nous devrons aller au-delà de ça" Dans nos conditions Ces phrases se suffisent par elles-même. En tant que guinéen, je rêve d'un comportement de nos hommes politiques à la hauteur de celui du Maverick McCain et d'Obama. D'un pays où l'invective gratuite et les attaques en dessous de la ceinture feront place à un débat propre et policé, parfois rude, mais toujours honnête. Je rêve donc d'un champ politique où même les fils des assassins d'hier et d'aujourd'hui et des victimes de toujours pourront enfin solder leurs différents dans le respect du droit. D'un pays où la condamnation à mort, que rien ne peut justifier, sera renvoyée aux oubliettes de l'histoire. Comme la boxe, la politique doit impérativement rester un "noble art", respectant des codes, et non un vulgaire pugilat sans règles. C'est la condition sine qua non pour que demain, notre beau pays présente au reste du monde un visage d'unité, et donne enfin aux autres une vraie "leçon de chose", de celles que l'Amérique nous donne aujourd'hui: un pays capable de se remettre en cause, et donc de se dépasser. Thierno A. Diallo pour www.guineeactu.com
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