mardi 23 février 2010
Maroc : Les étudiants guinéens n’en peuvent plus !!!
Université Mohamed Premier

Incroyable mais vrai !!! Les étudiants guinéens au Maroc étaient, dans un passé récent, les plus respectés de la grande communauté des étudiants africains au Maroc, aussi bien par les autorités du Royaume que par leurs amis d’autres pays. Aujourd’hui, ils sont tout simplement persona non grata sur le sol du Royaume chérifien.

Le Royaume du Maroc était la seconde patrie des étudiants guinéens dans un passé non lointain. C’était une période pendant laquelle, non seulement, ils percevaient régulièrement leurs bourses, ils avaient la possibilité à chaque vacances, d’aller voir les parents au pays mais aussi ils disposaient en toute transparence de leur caisse de sécurité sociale. Aujourd’hui, tout ça n’est que bon souvenir… ah oui rien que souvenir quand je vois la situation dans laquelle ils vivent actuellement, regrette un ancien étudiant guinéen du Maroc.


Les boursiers de l’Etat guinéen au Maroc… l’unique fierté de l’institution éducative guinéenne

Dans un système où la promotion de la médiocrité est la règle, l’incompétence un mode de vie, et la notoriété de l’inconscience n’a pas d’égal ailleurs, les étudiants que l’Etat guinéen envoie au Maroc comme boursiers après le bac, mériteraient de poursuivre leurs études dans les pays développés comme la France, l’Angleterre, les USA, le Canada… parce qu’ils constituent les seuls et véritables lauréats du Pays. Au lieu de cela, on les débarque au Maroc au profit des médiocres qui doivent à leur seule et unique chance d’avoir un papa Ministre ou Directeur, d’être envoyés dans ces pays développés, où ces derniers brillent de par leur manque de niveau. Car occupant des places qui ne sont pas les leurs.

En effet, le Maroc représente le pays comportant le plus grand nombre de boursiers de l’Etat guinéen ; chaque année il reçoit les lauréats guinéens de tous les profils confondus. Avec la promesse qu’ils bénéficieront des bourses d’études leur permettant de réussir leur cursus universitaire. Une promesse bonne à entendre dans un pays où rien ne va, comme la Guinée.


Deux années successives sans bourse

Dans le vocabulaire des étudiants guinéens au Maroc, le mot bourse n’existe pas. Ici, on ne parle que d’arriérés ou des arriérés.

« Je suis boursier de l’Etat au Maroc depuis deux (2) ans, jamais un seul jour je n’ai perçu 1 franc » affirme un étudiant de la Faculté de Droit de Rabat, « Mes parents n’ont pas les moyens en Guinée, je n’ai aucun soutien financier et pourtant, avant de quitter la Guinée, l’Etat nous avait promis la bourse, qui d’ailleurs n’est plus à la hauteur du coût de la vie au Maroc… Je n’ai pas la cité universitaire, je dors avec des amis étudiants du Mali et je mange quand ils veulent, j’ai même honte » ajoute-il les larmes aux yeux.

« Mois je suis au Maroc depuis trois (3) ans, je viens de terminer mes examens, et je vous dis tout simplement que je n’ai rien “foutu “. En classe, tout mon calcul se résume à ce que je vais manger à la maison, comment je vais payer mes factures d’eau et d’électricité, est-ce que mon bailleur m’attend à la maison pour le loyer. Je ne l’ai pas payé, il y a de cela cinq (5) mois » dit cette étudiante à la faculté d’économie de Marrakech, et d’enchainer « Quant à l’épicier, il détient mon passeport et ma carte de séjour comme gages, je n’ose même plus passer devant sa boutique »

« La faute, pour moi, est imputable à la corruption, à la lourdeur bureaucratique et à la mauvaise foi affichée de l’autorité guinéenne. Avec une bourse mensuelle de cinquante (50) dollars, et qui, il faut le souligner, ne vient jamais, les étudiants guinéens restent les plus pauvres ici au Maroc. Cette maigre bourse ne vient jamais, alors que le coût de la vie a fortement augmenté ici » témoigne Alpha, « Nous les garçons, n’avons plus d’amis, nos amis des autres pays nous fuient, quant aux filles, on peut carrément parler de prostitution » a-t-il ajouté.

Les étudiants qui étaient très brillants en Guinée viennent échouer au Maroc, pas parce qu’ils ne peuvent pas tenir le rythme des études, mais tout simplement parce qu’ils ont d’autres soucis que les études ; comme dit un adage : le sac vide ne peut se tenir debout.

Durant les vacances, certains étudiants, même ayant deux années d’ancienneté au Maroc ou plus, faute de moyens pour rentrer au pays, sont contraints de rester sur place et de tirer le diable par la queue, à défaut de pactiser avec lui.


Et l’ASEGUIM (Association des Stagiaires et Etudiants Guinéens au Maroc) dans tout ça ?

Avec le manque de moyen des parents, abandonnée par l’Etat, ignorée par l’ambassade de Guinée au Maroc, l’ASEGUIM qui devait jouer le rôle de porte-parole des étudiants, n’est plus qu’un instrument contre les étudiants quand on sait que ses pères fondateurs des années 80, avaient mis en place cette institution pour défendre les intérêts des étudiants guinéens au Maroc. Une institution créée par les étudiants, composée d’étudiants, pour les étudiants n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Il est temps pour les autorités compétentes d’agir immédiatement, car l’homme qui a faim ne se fixe pas de limite. Sinon, le Mouvement de Défenses des Droits des Etudiants Guinéens au Maroc prendra les choses en main. Ce mouvement est composé de tous les étudiants guinéens au Maroc collectivement et individuellement.


Mouvement de Défenses des Droits des Etudiants Guinéens au Maroc


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
FIDEL, mercredi 24 février 2010
Il est la cause de quel mal?
Abdoul.H, mercredi 24 février 2010
Sékou Touré n`est pas tout le mal de la guinée, mais la moitié du temps. Cepedant, les conséquences, elles persisteront longtemps.
FIDEL, mercredi 24 février 2010
Dites moi que ça aussi c`est la dictature de Sekou Touré. Fidel comme son nom
Diallo Mamadou, mercredi 24 février 2010
J`ai un pincement au coeur en parcourant ses lignes. Certes être lauréat constitue pour beaucoup une énorme satisfaction et un sentiment de fierté pour les proches. A travers ces bourses il y en a qui y arrive et quelque fois même excellemment. Cependant combien de potentialités ont-elles été étouffées à travers des orientations bidons pour des étudiants qui auraient pu connaitre un destin plus radieux. J`ai le souvenir de compatriotes qui, après avoir décroché brillamment leurs bacs s exp, se retrouvent dans des options telles que l`horticulture (je n`ai rien contre cette discipline) alors qu`ils auraient pu faire de valeureux médecins ou biologistes au chevet de la Guinée qui en a plus besoin que de fleurs. C`est à se demander si nos autorités ne font pas subir sciemment à cette réserve de potentiel humain ce qu`elles font à nos autres ressources. Ce qui est décrit dans ce texte peut paraitre irréaliste. Mais j`avoue, pour l`avoir vécu, que ce n`est pas du tout exagéré. Il pourrait même y en avoir des destins encore plus tragiques. A quand? Vraiment à quand la Guinée qui gagne????
Sékou Oumar Camara, mardi 23 février 2010
C`est dommage. Ils détroussent l`État pour entretenir leurs familles et leurs maîtresses. Tant pis pour les autres. Dieu les rétribuera à la hauteur de leur forfaiture!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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