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Les travaux de rénovation de la Primature ont coûté près d’un milliard de nos francs. C’est une entreprise de la place qui aurait bénéficié de ce marché juteux, sans aucun appel d’offres. Le gouvernement de consensus avait promis de mettre un terme à l’attribution des marchés publics sans appel d’offres. L’équipe d’Ahmed Tidiane Souaré aussi a fait la même promesse. Mais toutes ces envolées lyriques n’étaient destinées qu’à amuser la galerie. La mauvaise pratique de marché gré à gré persiste encore et cela au grand dam des populations. Le dernier cas en date de cette attribution des marchés à des sociétés appartenant à des proches, porte sur la rénovation de la Primature. En effet, l’édifice qui tient lieu de QG au Dr Ahmed Tidiane Souaré a essuyé de nouvelles couches de peinture. Les moquettes, rideaux et autres serrures ont tous été changés, ainsi que les meubles. Pour un gros chèque de près d’un milliard de nos francs. Alors que le prédécesseur de Souaré, en l’occurrence Lansana Kouyaté avait tout remis au goût du jour avant son départ en mai dernier. L’entreprise qui a accompli ces travaux serait la propriété d’un proche d’un des conseillers du PM. C’est ce même conseiller qui aurait tout géré à son niveau, selon nos sources. Ahmed Tidiane ayant été mis devant le fait accompli. Cette affaire suscite pas mal d’interrogations chez les observateurs avertis, qui se demandent si réellement les locaux de la primature avaient besoin d’être rénovés, pour caser toute cette armada de conseillers qui passent le plus clair de leur temps à se tourner les pouces. Ne sachant en réalité quoi faire, nommés qu’ils sont à des postes dont ils n’auraient d’ailleurs aucune compétence technique pour la plupart. L’autre question qui revient sans cesse dans les esprits est celle du montant dégagé pour ces travaux, 800 millions de FG. Au moment où le gouvernement tente de revenir dans les bonnes grâces des institutions de Bretton Woods (FMI – Banque mondiale), dans la perspective de l’effacement de la dette à travers la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC), ce sont de nouvelles poches de dépenses qui se créent. Dire que cette histoire de près de 1 milliard de FG n’est que l’arbre qui cache la forêt, dans la gestion laxiste dont nos finances sont de plus en plus l’objet depuis un certain temps. Ainsi les travaux d’audit effectués sur les procédures de passation et d’exécution des marchés de l’Etat au titre du 1er trimestre de l’exercice 2007, ont relevé que sur les 13 marchés sélectionnés, 10 qui ont bénéficié d’un financement du Budget National de Développement (BND), ont été passés de gré à gré. Cela sans avis du Comité consultatif des marchés publics, contournant toute procédure de passation des marchés publics. Ce qui au regret des experts qui ont pondu ce rapport, confinerait la Direction nationale des marchés publics au ‘’ simple rôle d’immatriculation.’’ Les trois autres marchés réalisés sur financement extérieur, eux, ont tous été passés en appel d’offres ouvert conformément à la réglementation en vigueur et aux directives des bailleurs de fonds. Dian Baldé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu
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