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La sous-préfecture de Mambia souffre d’un manque d’écoles et de centres de santé, d’électricité... tout en abritant une société minière. Mambia est l’une des sous préfectures de Kindia. C’est elle qui abrite le site bauxitique de Débélé où opère la Compagnie des Bauxites de Kindia (CBK). Mais voilà qu’elle souffre d’un manque d’infrastructures administratives, d’écoles et de centres de santé fiables, d’électricité et d’eau. Et pourtant, elle bénéficie des retombées de l’exploitation minière. A la direction de la CBK, les responsables sont catégoriques sur la question portant sur les fonds alloués à la sous préfecture de Mambia, par leur entreprise. « Nous avons toujours versé aux autorités concernées les montants dus à l’exploitation minière de Débélé et ce depuis notre présence à la tête de la CBK » a clamé le représentant de Rusal en Guinée. Selon Anatoly PantchenKo, le dernier versement en date portait sur un montant de plus d’un milliard de francs guinéens. D’après nos informations, c’est le préfet d’alors, Cheick Mohamed Konaté, qui avait publiquement touché le chèque et l’a même présenté au sous-préfet et au président de la CDR. Ledit montant était destiné à la construction d’un bloc administratif, d’une école et à l’achat d’un véhicule de commandement pour le sous-préfet. Pour en savoir plus, nous avons approché le tout nouveau préfet de Kindia qui reconnaît avoir entendu parler dès sa prise de service de la gestion calamiteuse du montant destiné au développement de la sous préfecture de Mambia. M. Abdoulaye Selher Camara s’engage à apporter des corrections pour la bonne gestion des futurs montants. « Il me fallait tout d’abord avoir des renseignements sur le fonctionnement de la mine de Débélé depuis OBK, SBK et aujourd’hui la CBK. De là je sais ce qu’il faut faire pour que les populations bénéficient des retombées de l’exploitation de leur terre. De visu, il n’y a aucun impact sur la vie des populations. On parle aujourd’hui de l’extension de la mine. A ce niveau, il faudrait adopter une autre politique de gestion des fonds. J’ai fait le constat très amer de la gestion des derniers montants versés par la CBK. Tout le monde est d’accord qu’il y a eu dérapage dans la gestion de ces fonds. Je m’emploierai à tout prix pour apporter des corrections. » A la question de savoir comment il compte s’y prendre, il nous a confié que tout le problème de la Guinée est lié à une question d’homme et de mentalité. « Nous devons accepter de gérer comme cela se doit, les fonds destinés au développement de notre pays. Je me demande bien le rôle dévolu au comité préfectoral de développement composés des fils ressortissants de Kindia. C’est aux populations de dégager ses problèmes » a-t-il martelé. Sur la ratification de l’annexe C de la convention de Ruski Alumini concernant la CBK et qui se trouve en souffrance au niveau de l’Assemblée Nationale, le préfet se dit prêt à apporter son soutien au dossier si cela peut contribuer au développement de la sous préfecture de Débélé. A Débélé, les jeunes entendent saisir le gouvernorat et la préfecture sur leurs calvaires (manque d’eau, d’électricité, de téléphone et autres). En dernier recours, ils comptent perturber le trafic routier de la nationale Conakry – Kindia dans les jours à venir. C’est ce tronçon qui relie la capitale à tout le reste du pays. Aly Badara Conde L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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