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Le responsable de la plus jeune fédération de l’Union pour le Progrès et le Renouveau – UPR, venu participer à la réception de son Président à Conakry le 3 mai 2008, s’est prêté aux questions de notre reporter. Dans cet entretien, Mamadou Touré, Secrétaire fédéral de l’UPR à Koumbia, enseignant de son état, aborde la situation politique de sa fédération et donne sa position sur les sujets relatifs à l’organisation des prochaines législatives. Il dévoile que « c’est un montant de six cent mille francs qu’on m’a tendu pour rejoindre leurs rangs après que certains responsables du Bureau exécutif de l’UPR eurent tenté par des correspondances de m’influencer ». Infoguinee : Depuis le 18 avril 2008, une nouvelle, lancée par certains individus de votre parti, divise les positions. Peut-on savoir l’atmosphère qui prévaut au sein de la fédération que vous dirigez ?Infoguinee : Depuis le 18 avril 2008, une nouvelle, lancée par certains individus de votre parti, divise les positions. Peut-on savoir l’atmosphère qui prévaut au sein de la fédération que vous dirigez ?Mamadou Touré : A Koumbia, nous sommes toujours dans le parti, notre parti, l’UPR. Malgré tout ce que nous entendons de cette faction égarée du Bureau Exécutif qui, nous l’espérons, reviendra à des meilleurs sentiments, nous considérons comme propos mensongers tout ce qu’ils ont avancé pour saper les bases de notre grand parti. Nous tenons à notre parti, et ces détracteurs devraient le savoir pour leur gouverne. Ce que nous pouvons vous dire, notre parti respecte tout le monde par tradition, mais nous n’accepterons pas d’être provoqués par qui que ce soit. Cela doit être connu des marchands de lune qui ont plus intérêt à notre avis à se laver des accusations de corruption et de soupçons de détournement des deniers publics, qui pèsent sur eux, au lieu de se livrer ouvertement à des opérations de calomnies, de dénigrement, de mensonges grossiers contre des personnes plus dignes et plus respectueuses des valeurs républicaines et de la démocratie. Vos propos s’adressent à qui particulièrement ? Tout le monde le sait, je n’ai pas besoin de nommer ceux qui ont contribué à détériorer les conditions de vie de nos populations, au moment où ils occupaient d’importantes fonctions dans le gouvernement. Nous disons simplement à ces gens-là, s’ils veulent intégrer notre parti, qu’ils viennent dans le respect le plus élémentaire des règles démocratiques. Mais qu’ils ne cherchent pas à nous donner des coups de poing, sinon,… Ce qui est regrettable, c’est le fait de voir des personnes, qui hier passaient comme meilleurs amis de notre leader, se transformer par la fourberie en menteurs arrogants, semant la confusion dans la tête de nos militants. C’est pourquoi nous, à Koumbia, nous avons tenu une réunion extraordinaire dès après, pour condamner ces individus « égarés et sans scrupules », décidés à monnayer leur dignité et notre lutte de près d’une vingtaine d’années contre une poignée d’argent qu’ils vont placer dans leur compte ou distribuer à des jupons. Nous portons plainte contre eux et nous disons, s’il est vrai que nous avons travaillé un seul instant pour ce parti, qu’ils cherchent à nuire pour des intérêts égoïstes, que Dieu nous rende justice, pour leur faire payer leurs forfaits. Ce qu’ils ont fait n’est pas juste, ce n’est pas digne d’un homme honnête et d’un patriote, tout court d’un bon musulman. Ils énumèrent certaines raisons pour justifier leur action qui a visé la destitution de votre Président. Vous ne les partagez pas ? Quelles raisons ? D’avoir été honnête avec eux ? Trop honnête même ? Ils savent ce qui les préoccupe à des différences près, ils sont tous de mauvaise foi. Ils ont gratuitement accusé le président du parti, qui était en tournée à l’intérieur du pays, au moment où ils montaient leur complot. C’est pourquoi, notre réaction n’a pas tardé. A tous les niveaux des structures du parti, aussi bien dans notre fédération qu’ailleurs, ces « éléments vendus » n’ont bénéficié d’aucun soutien, même de la part de ceux qu’ils considéraient à tort comme des proches, parce que ces derniers ne partagent pas leur trahison. Notre soutien au Président Elhadj Ousmane Bah est sans réserve et inconditionnel; parce qu’il suit la ligne politique héritée du président fondateur, notre regretté Siradiou Diallo, qui a fait de notre parti, l’une des formations les plus solides du pays et la plus démocratique. Je vous invite un jour à participer à nos débats, pour en avoir la quintessence. Notre président a le soutien des membres honnêtes du Bureau Exécutif National et de l’ensemble des fédérations de l’intérieur, de la capitale et de l’étranger. Comment croire qu’une poignée d’individus peut s’arroger le droit de destituer ou d’élire un président ? Depuis quand les règles les plus élémentaires de la démocratie sont-elles transformées en passoire ? D’autres aussi se permettent de parler de cooptation de l’ensemble des responsables du parti. Ces derniers ne méritent aucune considération de notre part. Il sont insensés. A Koumbia, par exemple, chez nous, ce sont les militants qui ont désigné leurs responsables. Aucun n’a été coopté comme l’affirme cet aveugle politique, dicté par ses intérêts. Vous voulez parlez de qui ? Quand j’entends Assiatou Bah, en sa qualité de vice-présidente, depuis quatre ans, qui ne connaît pas la route qui mène à Koumbia, à plus forte raison un seul responsable de la structure, comment peut-elle prétendre parler au nom du parti ? Ou un Elhadj Mamadou Saliou Baldé, Barou Diallo et consorts, qui ont utilisé toutes les astuces pour détruire le parti, comment ces derniers peuvent-ils parler de destitution du président ? Alors nous les fédérations, nous les destituons aussi, et on verra qui finalement va l’emporter. Nous ne reconnaissons plus ces gens-là comme responsables de notre parti. Ils n’ont aucun mérite de porter notre confiance. Mieux encore, nous étions tous à Labé pour le 4è anniversaire. Nous avons assisté à la conférence cadre à l’occasion de laquelle nous, délégués fédéraux, avions demandé au Bureau Exécutif du parti de se rendre dans les fédérations avec le Président pour rencontrer les militants de la base. Nous avons informé les membres de la direction nationale du parti de la campagne d’intoxication menée par certains éléments du parti et d’autres courtisans, qui se promenaient dans le pays en disant que « c’est l’UFDG le parti des Haali Poular et c’est Cellou Dalein le candidat des Peuls ». Ils le savent bien, certains de ces égarés présents à la rencontre, que la présence du Président à l’intérieur du pays était un revers indéniable pour eux et présentait un réel danger pour leur marché. Chez nous, à Koumbia, nos militants disent clairement que s’il s’agit de Cellou Dalein comme candidat de notre parti, nous démissionnerons de la politique ou nous voterons pour un autre. Et à l’heure qu’il est, nous ne sommes prêts à soutenir ni Assiatou, ni Cellou Dalein. Vous confirmez que la tournée du Président est une demande exprimée des fédérations réunies à Labé ? Bien sûr que oui. Toutes les fédérations ont exprimé de vive voix au Président de constater lui-même la vie du parti à l’intérieur du pays. Si maintenant que le Président accède à cette demande des fédérations, des bandits se permettent de le destituer, à l’encontre de la volonté des fédérations et de l’écrasante majorité des membres du Bureau exécutif, c’est que c’est des vendus qui cherchaient une occasion de s’enrichir en vendant le Parti. S’ils étaient sûr d’eux, ils auraient déclaré cela à Labé devant nous. Mais comme ils connaissent bien l’intention de leur client, et bien, c’est pourquoi ils ont attendu l’absence du Président pour comploter contre le parti. Ce n’est pas vraiment digne, un tel comportement est déloyal et immoral. Peut-on savoir vos rapports avec l’UFDG, est-ce que ce parti est représenté à Koumbia ? Ce que vous ne savez pas ou que vous faites semblant d’ignorer, ce que Cellou Dalein Daillo qui veut tenter une OPA sur l’UPR a un objectif. Je pense que si les Guinéens le comprennent, il est venu pour détruire l’opposition guinéenne. Cellou Dalein est connu par les Guinéens, surtout par nous les fonctionnaires qui avons essuyé toutes sortes de menaces et d’arbitraires de sa part, lorsqu’il était aux affaires comme membre influent du parti présidentiel. Il a été chassé du gouvernement pour faute lourde, le seul Premier Ministre guinéen à avoir quitté avec ce qualificatif. Si maintenant, ce dernier revient dans un autre parti en dehors du PUP, il faut s’en méfier comme de la peste. C’est un danger, voire un poison politique pour le pays. S’il était sincère, il devrait retourner au parti qu’il a servi. Mais vous voyez qu’il a intégré une formation politique dirigée par un des plus ingrats de la classe politique nationale. Mamadou Bhoye Ba, s’il réfléchissait bien, il aurait œuvré à se repentir et demander pardon à feu Siradiou Diallo, qui lui avait tout donné, y compris ses moyens financiers, matériels et moraux, pendant la présidentielle de 1998. Le résultat est connu de tout le monde. S’il n’y avait pas des fonctionnaires incrédules et anti- démocratiques, du genre Cellou Dalein, au pouvoir, c’est Mamadou Bhoye Ba qui allait être le Président de la République. Maintenant s’il revient racheter un parti dans les mains du même Ba Mamadou, qu’il avait empêché d’exercer le pouvoir suprême, c’est dans le dessein satanique de retourner le pays en arrière et de provoquer la violence pour ce peuple qui n’a que trop souffert de la mauvaise gouvernance, érigée en système de gouvernance. C’est connu de tout le monde, en cassant l’UPR, ils arriveront à casser l’opposition. Mais les populations guinéennes ne les permettront jamais. Pour terminer cette question, je vous dis avec certitude que l’UFDG ne vit pas à Koumbia. A Koumbia, les gens ont refusé de se faire acheter comme du bétail. Donc ils envoient de l’argent chez vous ? Moi, ils ont cherché à me corrompre. Pour une première fois, ils ont envoyé un montant d’un million deux cent mille, qu’ils ont donné à un responsable de l’UPR pour nous le remettre. Lorsqu’ils m’ont fait appel à Gaoual, je leur ai dit tout court, non. Ensuite Elhadj Oumar Alimou - qui se réclamait de la société civile après un passage dans la presque totalité des partis politiques - m’a demandé de venir à Gaoual les rencontrer et qu’il assurait mon déplacement. Par la suite, c’est un montant de six cent mille francs qu’on m’a tendu pour rejoindre leurs rangs après que certains responsables du Bureau exécutif de l’UPR eurent tenté, par des correspondances, de m’influencer pour que je morde à l’hameçon. J’ai opposé un refus catégorique. Et si nous étions dans un Etat de Droit, j’aurais porté une plainte contre ces « escrocs politiques, prêts à trahir, à tout moment pour des intérêts sordides ». Comment avez- vous vécu l’annonce de la nouvelle destituant votre Président et quelle a été la réaction des populations de Koumbia ? Moi je n’avais pas suivi la nouvelle à la radio. Ce sont les sages de Koumbia, des gens qui ont la volonté, des gens qui aiment le parti, qui ont envoyé une commission me demander si je n’avais pas appris la nouvelle. Ils m’ont demandé d’aller à Gaoual (à 35 km) où il y a le réseau téléphonique pour plus d’informations. Mais déjà, la déception était lisible sur tous les visages. Je suis allé à Gaoual téléphoner, j’ai trouvé que l’information était fausse, alors je suis rentré leur rendre compte. Tous étaient contents et une réunion extraordinaire a été décidée pour écrire une déclaration de soutien au Président de l’UPR Elhadj Ousmane Bah et condamner fermement cet acte ignoble de ces égarés. Pourquoi selon vous toute cette sympathie pour le leader de l’UPR et comment préparez- vous les élections législatives ? Vous le savez bien, autant que moi, que les populations de Koumbia, les sages, les jeunes et les femmes sont de nature reconnaissants. Ils n’ont pas oublié cette marque d’attention que le Président de l’UPR a gardé pour eux pendant les moments difficiles de l’Etat de siège. Il fut le seul leader à effectuer jusque dans les familles des victimes un déplacement avec une assistance. Sans oublier qu’il a été le héros qui a mis fin au sanglant état de siège en 2007. Koumbia lui garde tout ce capital de reconnaissance et lui reste fidèle. Parlant des élections législatives, ce que nous pouvons vous dire, c’est que le changement entamé ne peut être remis en cause, fut-il par des plus gros corrupteurs du pays, décidés une fois de plus à remettre en cause l’esprit de sacrifice de nos centaines de jeunes, tombés lors de ces tristes évènements de janvier et février. A Koumbia, nous nous préparons à aborder cette échéance dans un esprit républicain et démocratique, mais également dans un esprit de bagarreur contre ceux qui tenteront de nous retourner dans les vieilles habitudes. Nous n’accepterons plus qu’on nous vole les suffrages de nos militants. C’est révolu, depuis janvier et février 2007. Pour votre gouverne, nous avons préparé nos hommes et ils sont à tous les niveaux de l’organe électoral. Ils sont honnêtes et déterminés à faire du bon travail en toute logique. De l’autre, nous préparons déjà nos délégués pour les commissions électorales et nous apprêtons nos représentants dans les bureaux de vote sur toute l’étendue de notre fédération. Bref, nous nous préparons conséquemment pour remporter la victoire et apporter enfin aux Guinéens le changement qu’ils ont souhaité et pour lequel ils se sont sacrifiés au prix de leur vie et de leurs biens. Puisse Dieu aider notre peuple à vaincre la mal gouvernance, la misère et sauvegarder la paix et l’unité nationale, sous la conduite éclairée de notre parti UPR. Interview réalisée pour le site infoguinee.com et le journal Le Populaire
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