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Depuis le décès du Président du Parti de l’Unité et du Progrès (PUP), le général Lansana Conté le 22 décembre dernier, les militants dudit parti ne conjuguent plus le même verbe. Ce qui s’est matérialisé par la création d’un mouvement dont l’objectif était de refonder le parti. En compagnie de Elhadj Mamadou Sylla, ces réformateurs rejoignent dorénavant l’UDG (Union démocratique de Guinée) jusque-là dirigée par Alseny Koliya Camara.
La dissension qui mine le PUP connaît donc un nouveau tournant. En effet, les militants du MRP (Mouvement de refondation du parti) qui misaient sur la présidence de l’homme d’affaire Elhadj Mamadou Sylla à la tête du PUP, viennent de débarquer au sein d’une autre formation nommée UDG (Union démocratique de Guinée). D’après nos informations, ce sont tous les 14 partis alliés au PUP qui ont fait défection formant ainsi une nouvelle alliance dont le baptême se fera dans les jours à venir. Mamadou Sylla de facto est devenu le numéro 1 de l’UDG et son domicile de Dixinn Bora abrite toutes les réunions politiques de cette formation inconnue du monde politique guinéen. Sur les réelles motivations de ce départ massif au sein du PUP, le chargé à la mobilisation de l’UDG explique que c’est dû à « l’animosité qui sévit au PUP. Donc, ils ont jugé opportun de prendre leurs responsabilités en laissant le Bureau politique national (BPN) seul maître à bord avec une insuffisance de moyens. « Le chef de l’Etat, le général Lansana Conté a toujours voulu que le PUP soit un parti de masse. Malheureusement, nous nous rendons compte qu’après lui, l’idéal du chef est absent au sein de la formation. Le PUP demeure un simple carcan. La plupart des membres du BPN étaient dans le parti par affinité ou par intérêt. C’est en demandant une réforme pouvant aboutir au congrès que nous avons été qualifiés de tous les maux. Le BPN vit dans une illégalité depuis six ans. Le BPN n’avait aucun programme de changement et nous, en tant que jeunes, nous avons estimé qu’il est temps de garder la position du parti par rapport à son électorat. C’est par un écrit que nous avons sollicité la refondation du parti. Si on nous traite de bandits, loubards et affairistes, eh bien, la solution était de claquer la porte. Par l’entêtement du BPN, les 14 partis qui assistaient le parti dans tous ces combats ont fini par quitter le navire et nous sommes maintenant en alliance avec à la tête l’UDG qui a bien voulu et de façon volontaire mettre Elhadj Mamadou Sylla au premier plan de la formation. Ces anciens n’avaient aucun respect pour les autres militants. Les textes du parti sont caducs… ». A la question de savoir la stratégie de mobilisation en faveur de l’UDG, M. Ali Camara répond : « c’est la chose la plus simple que nous connaissons. Ce sont les piliers du PUP à savoir King Bangoura, Soriba Sorel, Maba Condé, Sanoussy, Barboza et tant d’autres qui rejoignent l’UDG. Avec des missions d’information sur tout le territoire national, je vous garantie que tous les militants du PUP ne manqueront pas l’occasion de manifester leur joie en s’alignant derrière l’UDG et son président Elhadj Mamadou Sylla. Au PUP, les gens refusaient le dialogue et à l’UDG, c’est le contraire… » Sur les motivations du choix porté sur Mamadou Sylla comme président du PUP, puis de l’UDG, notre interlocuteur déclare que cela est dû au fait que le même BPN s’était réuni pour aller dire à Lansana Conté de mettre Elhadj Mamadou Sylla au poste du président d’honneur et président de la section financière, recette et développement. M. Camara ajoute que pour respecter l’idéal du feu président, qu’il fallait faire appel à son ami Mamadou Sylla dans le but de la sauvegarde des acquis du père de la démocratie multipartiste. « L’objectif de notre mouvement était de rappeler au BPN son engagement pris devant le général Lansana Conté qui consistait à mettre Mamadou Sylla dans les structures du parti. Avec le congrès, chacun était libre de manifester sa candidature au poste voulu. Nous avons aussi compris la coupure qui régnait entre le BPN et les structures à la base. Le temps était donc arrivé de faire intéresser tout le monde à la vie du parti. Nous avons échappé à un coup politique dont l’exécution était confiée aux loubards. Quand nous mettions sous presse, une mission d’information et de sensibilisation se préparait pour l’intérieur du pays dans le but de jeter les premières bases de la présidence d’Elhadj Mamadou Sylla à l’UDG. Nous y reviendrons.
Aly Badara Condé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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