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"Malgré la répression nous resterons ferme dans notre détermination à défendre nos valeurs de liberté chèrement conquises. On ne peut pas défendre la liberté en reculant" a déclaré jeudi le président de l'Union des forces démocratique de Guinée (UFDG) au cours d'une conférence de presse à Conakry.
Mamadou Cellou Dalein faisait allusion à la violente répression des forces de l'ordre contre ses militants et sympathisants qui se sont rassemblés à différents endroits de Conakry pour lui réserver un accueil digne de son rang à l'occasion de son retour dans le pays après près de trois mois d'absence.
Tout en réaffirmant sa présence aux côté de ses militants pour mener le combat en vue de l'instauration de la démocratie et d'un véritable état de droit en République de Guinée, le Président de l'UFDG a indiqué qu'il serait fondé de contester l'élection d’Alpha Condé. Une élection écrite d'avance, soutient-il.
"Ce n'est pas par peur que nous avons accepté la défaite. C'est dans l'intérêt de la paix" a indiqué Mamadou Cellou Dalein Diallo. Avant de poursuivre que: "Au lieu de reconnaitre en nous ce geste hautement patriotique, on fait à notre endroit, preuve d'intolérance et de brutalité.
Le Président de l'UFDG, qui visiblement n'a pas digéré ce genre de comportement qui est de nature à fragiliser le tissu social, a mis en garde le Président Alpha Condé contre toute forme de violence qui pourrait nuire à la cohésion sociale. L’UFDG, ajoutera-t-il, reste toute forme de compromis allant dans le sens de l'intérêt du peuple.
Après une campagne électorale qui a fortement ébranlé le tissu social, la priorité, selon Mamadou Cellou Dalein, serait l'instauration d'un dialogue entre toutes les couches sociales et politiques. "La culture de la haine et de la division comme celle à laquelle s'atèle Alpha Condé ne devrait pas être le quotidien du Guinéen" d'après lui.
Mamadou Cellou Dalein, qui envisage de prendre la tête de l'opposition guinéenne, a fustigé avant tout la gestion clanique du Professeur Alpha Condé. Le Président de l'UFDG n'a pas manqué aussi de s'insurger contre la violation par le Président Alpha de son serment qu'il a prêté il n'y a même pas longtemps.
"Nos liberté chèrement conquises sont en train d'être compromises" s'est alarmé Mamadou Cellou Dalein, avant de réaffirmer qu'il n'acceptera pas que la Guinée tombe à nouveau dans une nouvelle dictature. "Battons nous pour que tous nos droits soient respectés" a-t-il demandé aux journalistes.
Tous ces actes anticonstitutionnels posés par Alpha Condé, selon Mamadou Cellou Dalein, ne sont autres que l'illustration parfaite de son incapacité à gérer le pays. "C'est le manque d'expérience qui fait qu’Alpha Condé se comporte de la sorte a indiqué le Président de l'UFDG.
"Ce n'est pas de la compétence d'un gouverneur, fût-il de la capitale de nous priver des droits que nous reconnaît la constitution" a indiqué le conférencier. Pour Mamadou Cellou Dalein Diallo, l'argument avancé par le Gouverneur de Conakry à savoir : Cellou Dalein est un citoyen comme les autres, il n'a pas droit à un cortège, n'est pas fondé au regard de son statut de Président d'un grand parti.
Le Président de l'UFDG s'est demandé pour quelle raison, en ce moment de démocratie, Alpha Condé est tenté d'interdire ce que le Conseil national de la Démocratie et du Développement (CNDD, l’ex junte au pouvoir à Conakry) avait accepté. Pourtant, rappelle-t-il pendant qu'il était dans l'opposition, Alpha a toujours bénéficier d'une réception et de surcroit sans autorisation.
Mamadou Cellou Dalein a réaffirmé encore que l'objectif de la reconnaissance de sa défaite, était d'épargner des vies humaines. "Mon objectif n'était pas d'être au pouvoir pour être au pouvoir mais pour apporter au peuple de Guinée, le bonheur tant souhaité."
Revenant enfin sur les violences de dimanche dernier, le Président a informé les journalistes de l'obstination du pouvoir en place de traduire en justice, Yari Briqui, membre du bureau exécutif de son parti et 66 autres personnes dont des militaires qui ont été mis à sa disposition à la suite des accords de Ouaga pour assurer sa sécurité.
Toutefois, il a émis l'espoir que des démarches sont en cours en vue d'un règlement par voie de consensus. "La priorité n'est pas à la saisine de la justice" a répondu par ailleurs, Mamadou Cellou Dalein à une des questions des journalistes.
Heinan Goba de Conakry pour www.guineeactu.com
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