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Mamadou Barry communément appelé « Petit Barry » fut directeur du Bureau de presse de la présidence de la République sous l’ancien régime et directeur général de la Voix de la Révolution. Dans cette grande interview qu’il a bien voulu accorder à votre hebdomadaire, « Petit Barry » retrace son parcours qui le conduira plus tard au camp Boiro. Exclusif…
L’indépendant : Petit Barry, voilà un nom qui revient à l’esprit dès qu’on évoque le passé de la Guinée, notamment le règne de Sékou Touré. Pouvez-vous revenir sur votre parcours professionnel qui vous a permis de côtoyer le premier président guinéen ?
Mamadou Barry : En plus de mon nom, on me surnomme Petit Barry. Un surnom que j’ai eu à l’école primaire de Labé. Je me suis retrouvé dans la même classe que mon grand frère feu Amadou Oury, alors mon maître Monsieur Korka Diallo m’a appelé Petit Barry et mon frère « Grand Barry ». Je dois beaucoup à ce maître et je dois lui rendre hommage. Il est mort, il y a quelques mois seulement. Je suis revenu en Guinée en janvier 1965 après avoir fait des études supérieures au Sénégal à l’Institut des Hautes Etudes de Dakar à l’époque. En France j’ai été successivement à Toulouse et à Grenoble à la Faculté des Lettres. J’ai été expulsé de France pour des activités politiques. J’étais membre de la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (la FEANF) où j’étais vice président. J’ai été désigné pour représenter la FEANF à l’Union Internationale des Etudiants à Prague (Tchécoslovaquie). C’était dans les années ‘’60». Je suis resté là-bas près de deux ans. J’ai abandonné même mes études pour faire du militantisme estudiantin. Puisque la FEANF occupait le poste de vice président à l’Union Internationale des étudiants. C’est à mon retour de Prague quand je suis venu reprendre mes études à Grenoble que j’ai reçu la visite de deux policiers de la DST française qui m’ont embarqué à destination de Marseille où ils m’ont embarqué de force dans un bateau à destination de Conakry. Arrivé à Conakry, j’ai été reçu avec tous les honneurs. Il y avait le bureau politique national. Sékou Touré m’a présenté au bureau politique. Et la Radio guinéenne qui était à l’époque dirigée, je crois par Alpha Ibrahima Mongo Diallo, la Radio a tonné contre le Général De Gaulle, contre la France qui n’a pas honte d’expulser des étudiants. Parce que simplement ils avaient pris position pour l’Indépendance de leur pays et parce qu’ils militaient aussi pour l’indépendance de l’Afrique. Et après cela, Sékou Touré m’a demandé ce que je voulais faire. Je lui ai dit que j’aimerais terminer mes études si possibles en Suisse à Genève. Donc on a transféré ma bourse à Genève à l’université de Genève puis à l’Institut des Hautes Etudes internationales de Genève. J’y ai eu un doctorat d’Etat en Sciences Politiques et avant cela, j’avais une Maîtrise en Lettres de l’université de Grenoble. Je suis rentré en Guinée après quatre ans d’études à Genève. J’ai travaillé au Ministère des Affaires Etrangères. J’ai occupé successivement les postes de chef de division Afrique Asie, et puis chef de division Europe de l’Est, en même temps j’enseignais à l’Institut polytechnique de Conakry (le droit International.) J’étais professeur ‘’pro bono» je ne demandais pas de salaire. Les cours que je donnais à Poly, je considérais que c’est mon devoir. C’était à l’époque le militantisme, on ne se faisait pas payer pour les services qu’on rendait à la Nation. Nous sommes donc revenus en Guinée avec beaucoup d’enthousiasme, avec beaucoup d’idéalisme aussi. Puisque notre génération est une génération animée d’un sentiment de patriotisme. Je me souviens quand je revenais, j’avais deux livres à mon chevet. J’avais ‘’Nation Nègre et Culture» de Cheickh Anta Diop et ‘’le Cahier d’un retour au pays natal» de Aimé Césaire. Ce sont ces deux livres qui ont constitué les livres de chevet de tous les jeunes de ma génération. Ils nous ont appris à prendre conscience de notre univers de colonisé et ils nous ont appris aussi à prendre conscience du fait que nous devions lutter pour libérer nos pays de la domination étrangère. En chemin, je récitais les poèmes de Césaire. ‘’Je reviendrai vers ce pays muet et je dirai à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair, j’ai longtemps erré et je reviens vers la hideur des … de vos plaies». C’était bien cela. Parce que revenir en Guinée à l’époque, c’était relever un grand défi. Parce que la Guinée était confrontée à des défis extraordinaires. Mais la Guinée avait ouvert le chemin aux autres pays africains. Je me souviens encore des paroles élogieuses à l’endroit de la Guinée et du président Sékou Touré dans tous les cercles africains, que ce soit en France où dans les pays africains. David Diop, le poète sénégalais né en France à Bordeaux auteur de ‘’Coup de Pilon» est venu servir la Guinée. Il enseignait à Kindia. Mais mort malheureusement dans un accident d’avion au dessus de Dakar. Il y avait aussi des hommes comme Jacques Rabemananjara, le grand poète malgache. Il disait qu’il le veuille ou non, chaque africain, chaque nègre, se sent concerné par la décision guinéenne. Il y avait des hommes comme Aimé Césaire qui parlait de la pensée politique de Sékou Touré, qui a créé en Afrique un style politique africain. C’est au moment où Sékou Touré a renoncé au costume africain, a lancé le boubou, le bonnet africain symbolisant la renaissance de l’Afrique. Donc c’était des moments extraordinaires. Et notre rêve à nous tous, ce n’était pas d’observer, mais c’était de participer à la construction de la société nouvelle. Et nous étions pleins d’enthousiasme, plein de générosité, de naïveté, comme les jeunes de notre âge. J’arrive donc en Guinée, je travaille au Ministère des Affaires Etrangères, j’enseignais à l’Institut Polytechnique et en même temps je fréquentais un homme qui avait beaucoup d’affection pour moi. Tibou Tounkara, qui était à l’époque Ministre de l’Information. Je l’ai connu à Labé quand j’étais à l’école primaire. C’est lui qui m’a fait entrer dans le mouvement des éclaireurs de Guinée. Je garde un souvenir extraordinaire, depuis ce jour je savais que c’était un homme qui aimait beaucoup plus la jeunesse, qui a été d’ailleurs le fondateur de la jeunesse guinéenne progressiste. Et c’est de cette formation qu’il a rejoint le PDG plus tard. Donc j’ai travaillé un moment bénévolement avec Tibou Tounkara. Il m’a dit un jour, écoutes on aura de nouveaux studios à Boulbinet qui vont être inaugurés en 1967. Nous cherchons un directeur pour le programme international de la Radiodiffusion. J’aimerais proposer ton nom au président. Je lui ai dit non, ça ne m’intéresse pas. Je préfère continuer à travailler aux affaires étrangères et puis donner des cours à Poly. Evidement mon rêve de …c’était de pouvoir sortir de temps en temps en me disant que si je restais aux affaires étrangères, je pouvais de temps en temps avoir des missions à l’extérieur pour reconnecter avec le monde. Mais en 1967 je revenais d’une mission à Lagos avec M. Abdoulaye Diallo qui était ambassadeur itinérant qu’on appelait Abdoulaye Ghana ; on était allé voir le Général ‘’Issa Yakubu Gowon» pour savoir si la guerre du Biafra aurait lieu. On revenait de Lagos donc quand à l’aéroport, je rencontre un journaliste, Odilon Théa, en avril 1967. Dès qu’on descend de l’avion, il me dit bonjour camarade directeur. C’est ainsi que j’ai appris que j’ai été nommé à mon absence directeur de la chaîne internationale de la voix de la révolution. A l’époque on ne demandait pas l’avis des citoyens. Tibou Tounkara m’avait prévenu il me dit un jour, ‘’tu pourrais entendre un décret à la Radio parce que la révolution sait où elle place chacun et où il peut être compétent. C’est ainsi que finalement j’ai accepté malgré moi à contre cœur, d’aller à la Radio. J’ai quitté donc les affaires étrangères et à cause de mes fonctions, je ne pouvais plus continuer à enseigner à polytechnique. Cela m’a beaucoup gêné. Quelques temps après, j’ai été nommé directeur du bureau de presse du président de la République. Alors j’ai dit au président je vais démissionner de mon poste de la Radio. Comme ça je vais me consacrer entièrement à mon poste de directeur du bureau de Presse. Il m’a dit non, tu cumules les deux. Tu peux nommer un adjoint, tu supervises, mais tu continues à garder ton poste à la Radio. Donc j’ai désigné un adjoint, un jeune qui venait de terminer ses études à Poly. Puis un jour, en pleine réunion au palais du peuple, on annonce que je suis nommé député à l’Assemblée nationale, conformément à la constitution guinéenne de la première République, le chef de l’Etat pouvait nommer quinze cadres auxquels il avait confiance comme députés. Leur rôle était d’encadrer, un peu, les nombreux députés à l’assemblée nationale, travailler dans les commissions techniques. C’est ainsi que j’ai été nommé député, nous étions quinze sur les quinze (15) je vais tout de suite vous dire que quatorze (14) ont été arrêtés par la suite. Ils ont fait le camp Boiro, certains y ont disparu, d’autres ont été libérés. Je me suis retrouvé comme député directeur de la chaîne internationale de la voix de la révolution, et en même temps directeur du bureau de presse de la présidence de la République. C’est entre 1967 et 1968.
En quoi consistait le travail du journaliste au temps de la Révolution ?
En tant que journaliste, le travail était très difficile, exaltant aussi, complexe. Je supervisais le journal parlé et j’étais chargé des éditoriaux importants de la révolution, le panorama politique du dimanche, du week-end. En tant que directeur du bureau de presse, comme j’avais des contacts réguliers avec le chef de l’Etat, il pouvait réagir à certaines informations et me demander de répondre à telle ou telle attaque. Je recevais souvent de lui par exemple des extraits du quotidien, de la sécurité, dans lequel on attaque la Guinée ou bien on l’attaque personnellement et nous étions chargés de répondre à ces attaques. Le quotidien de la sécurité était le quotidien de la police guinéenne qui donnait des informations tous les jours au président, sur tout ce qui se passait en Guinée et parfois dans le reste du monde. Un quotidien très important fait par des professionnels de la police, mais qui parfois, pourrait être utilisé pour des règlements de compte. Je vous en expliquerais plus tard.
Vous répondiez dans le quotidien national en ce moment ?
Nous on répondait à la radio et puis nos textes étaient reproduits dans le journal Horoya, qui était le seul journal, il n’y avait pas à l’époque la télévision. Par exemple, une fois on a reçu beaucoup d’informations sur l’agression qui se préparait contre la Guinée et nous étions chargés de répondre, de dire que les impérialistes trouveront leur tombeau en Guinée. C’était le slogan, en disant aussi ils n’ont qu’à venir, ils vont échouer. Nous les attendons de pied ferme. On disait cela sans trop y croire, parce que c’était devenu comme des slogans. Quand on nous disait, comme le président lui même avait tenu une réunion, pour nous dire que la Guinée sera attaquée, on a répété oui la Guinée sera attaquée mais nous repousserons les adversaires, les ennemis etc... C’était ça notre rôle, défendre le régime par tous les moyens. Utiliser nos compétences Nos talents pour faire la propagande. Nous faisions véritablement la propagande pour le régime. Nous ne parlions jamais de ce qui n’allait pas dans le pays. C’était l’information à sens unique. Vous êtes dans de meilleures conditions, sous de meilleurs auspices, je vous envie beaucoup. Parce que, nous on n’avait pas de choix à l’époque. C’était un régime de type socialiste avec un parti unique, une pensée unique. Donc on était là pour dire, il y avait une seule vérité, c’était la vérité du parti et de l’Etat. Et surtout quand Sékou Touré est devenu responsable suprême de la révolution. Il était devenu la référence suprême. C’était ça notre travail. A côté de cela, parfois, il nous est arrivé de faire des choses intéressantes. Lorsque par exemple on préparait le 8ème congrès du PDG en 1967, je me souviens, on avait dit que c’était le congrès de la bouche ouverte. C’était très intéressant. Donc j’ai lancé une émission qui s’appelait la voix du militant. A travers cette émission, nous invitons les militants à exprimer leur point de vue, à dénoncer ce qui n’allait pas. C’était la première fois que nous avions l’occasion de parler de certaines faiblesses du système, de certaines erreurs, de ce qui n’allait pas réellement dans le pays. Ça eu un succès extraordinaire, c’était sur la voix de la révolution dans les années ‘’67». C’était la préparation du 8ème congrès du parti et le 20e anniversaire du PDG. Cela devait coïncider avec l’inauguration du Palais du Peuple. Le 8ème congrès donc, s’est tenu dans les salles neuves grandioses du palais du peuple. C’est là qu’on a eu la contribution des personnalités comme Magassouba Moriba qui était à l’époque ministre de (…). C’est lui qui avait dit j’ouvre la bouche, mais ce qui doit sortir de ma bouche sera amer. Je sais que je dois me faire des ennemis, mais peu manchots. Puisqu’on m’a dit d’ouvrir la bouche je vais parler. Il a publié trois (3) séries d’articles très virulents. Il a eu des réactions dans la classe politique guinéenne en particulier Ismaël Touré. Parce que Magassouba Moriba dénonçait les échecs économiques du régime. Et Ismaël Touré s’est senti visé. Après cela on nous a dit d’arrêter l’émission la voix du militant et de déposer toutes les bandes à la permanence nationale près de l’actuelle Ministère de la Jeunesse. Finalement on a arrêté l’émission mais elle avait déjà eue beaucoup d’effets. On aurait pu utiliser la Radio pour éduquer les gens, d’ouvrir la parole, promouvoir la liberté d’expression mais malheureusement notre élan a été freiné. Nous devions le payer cher plus tard. Quand le 8ème congrès s’est tenu, le nombre de membres du bureau politique national (BPN) a été réduit de 15 à 7. Ceux qui ont été visés nous en ont voulu en pensant que nous avions participé à cette campagne. C’est toujours à ce 8e congrès que Sékou Touré s’est fait proclamer responsable suprême de la Révolution. Je voudrais préciser aussi une chose. Parce que tout le monde dit c’est Mamadou Barry ‘’Petit Barry» qui a nommé Sékou Touré, responsable suprême de la révolution. Ce n’est pas vrai. Dans le rapport qu’il a présenté au 8e congrès, Sékou Touré a demandé à ce que le secrétaire général du parti soit élu par le congrès et non plus être désigné par le Bpn. Vous savez qu’avant c’était un vote indirect. Le congrès élisait le Bpn et le Bpn se réunissait et choisissait en son sein un secrétaire général. Alors au Séminaire de Foulayah à Kindia, des gens comme Jean Faraguet, Loffo Camara, Bangaly Camara, Petit Diop et d’autres ont dit à Sékou Touré, écoutes tu n’es qu’un ‘’Primis inter pares» tu n’es qu’un premier parmi les égaux. Nous sommes tous égaux au sein du bureau politique, mais nous te mettons devant, parce que nous te reconnaissons certaines qualités comme le courage, la combativité, mais ça ne veut pas dire que tu es un surhomme, que tu es meilleur dans tous les domaines. Et ils ont proposé à l’époque, au séminaire de Foulayah, que la même personne ne devrait occuper le poste de secrétaire général et de chef de l’Etat. Alors c’est là que le conflit a commencé et c’est ainsi que Sékou Touré, à la réunion suivante, le Conseil National de la Révolution à Kankan, il a transformé ce CNR en congrès. Il a surpris tout le monde. Il a éliminé Jean Faraguet, Bangaly Camara, Daouda Camara, Loffo Camara. Il a éliminé beaucoup de gens du bureau politique. Et puis maintenant au 8e congrès, c’était la mesure suprême. Il s’est fait élire par le congrès directement et désigné responsable suprême de la révolution comme Bourguiba était le combattant suprême en Tunisie. Ce n’est pas moi qui l’ai désigné responsable suprême, c’est lui-même qui s’est désigné et le congrès l’a accepté. Et ça aura des conséquences graves pour l’avenir de la Guinée. On ne le savait pas, à l’époque tout le monde applaudissait. On lui donnait tous les pouvoirs y compris droit de vie et de mort sur tous les guinéens. Au niveau du Bureau de presse, vous savez quel rôle doit jouer un directeur de bureau de presse. On était tous les jours avec le président même qu’on déjeunait ensemble. On discutait tous les matins, des nouvelles qu’on a eues, donner les directives, les briefings. Souvent il lui arrivait de nous laisser dans la salle à manger, parce qu’il lisait le quotidien de la sécurité ; quand il y avait des nouvelles qui l’énervaient, il nous quittait et rentrait dans son bureau tout de suite, prenait le téléphone et donnait des instructions. C’était un peu sa nourriture matinale. C’est très important pour lui. Parce qu’on lui donnait les nouvelles de tout ce qui se passait en Guinée. Au bureau de Presse, on s’intéressait beaucoup à ses livres. J’étais chargé de distribuer les textes à différents cadres qui étaient chargés de lire et de corriger les textes de ses discours, de ses meetings, qu’on arrangeait pour en faire des livres. C’était très pénible parfois parce qu’il improvisait. Pour ordonner et remettre tout ça ce n’est pas facile. Et beaucoup de cadres qui m’approchaient pour m’aider dans le travail n’acceptaient pas de le faire. Il y avait donc cet aspect du travail auquel il tenait beaucoup.
Est-ce que votre proximité avec le responsable suprême de la révolution vous donnait un certain avantage matériel par exemple ?
Pas du tout. Je n’ai bénéficié d’aucun avantage matériel, jamais. J’avais une petite voiture de fonction, une maison de fonction et même pour avoir les meubles (….) le salaire était comme celui de tout fonctionnaire normal. C’était la catégorie B quand je suis rentré. Je touchais un salaire comme tout le monde, plus une indemnité de responsabilité. Un équivalent de 20 000 Francs à l’époque. Il n’y avait pas d’avantage matériel. Je n’ai jamais eu de terrain, de maison. La première maison que j’ai achetée c’est sous la deuxième République quand le CMRN (comité militaire de redressement national) a pris le pouvoir.
Combien de temps avez-vous passé au bureau de presse de la présidence ?
Je suis rentré en 1967 à l’information, il faut compter trois (3) à quatre (4) ans de 1967 à 1971.
Qu’est-ce qui a été à l’origine de votre départ ?
J’ai été arrêté après l’agression de novembre 1970. Déjà en 1970, on a commencé a arrêté des cadres de l’information.
Que reprochait-on à ces cadres de l’Information, étant donné qu’ils étaient libres de travailler comme dans un pays normal ? Pourquoi sont-ils devenus la cible ?
On dressait des listes de personnes à arrêter, quand on voulait vous arrêter on le faisait par accumulation. Par exemple tous les cadres de l’Information, y compris le ministre étaient arrêtés, donc ils ont dit qu’il y avait une cellule à l’information qui a participé à la préparation de l’agression et qu’il fallait les éliminer. Donc on nous a tous arrêtés, il y’avait Mohamed Lamine Akin, le directeur de ‘’Syli Cinéma», Diani ‘Korpè» qui était un réalisateur, Mamadou Alpha Baldé dit ‘’Marlon» un ami d’enfance qui était cinéaste réalisateur, Sékou Oumar Barry, cinéaste réalisateur, Diakité Moussa, auteur dramaturge, Cissé Fodé directeur général de la Radio, même le photographe, le seul qui n’avait pas été arrêté était le chauffeur du Syli Cinéma. A suivre…
Propos recueillis par Mamadou Dian Baldé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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