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La problématique de la flambée des prix est devenue une question récurrente pour le Guinéen. C’est pourquoi un point de presse a réuni ce 1e mars 2008 la presse nationale et internationale autour du ministre en charge du Commerce pour savoir les causes, et éventuellement les solutions pour juguler le mal. D’entrée de jeu, le ministre a reconnu que beaucoup de questions interpellent son département sur cette question liée aux prix des denrées de première nécessité. Selon lui, la vie des hommes d’aujourd’hui est régulée en grande partie par les lois du marché caractérisées par le libéralisme, le mercantilisme, la concurrence et la course effrénée au profit maximum. Toute chose qui nous impose des défis, hélas difficiles à relever. M Mamady Traoré s’est beaucoup appesanti sur les différentes réformes entreprises en Guinée depuis 1985. Ces réformes, selon lui, sont pour beaucoup dans la situation actuelle que connassent les Guinéens, à savoir la flambée des prix des denrées de première nécessité. En 1985, le secteur du Commerce a occupé une place importante. « Les premières vagues de réformes dans le Commerce sont intervenues en 1985 et se sont traduites au plan du commerce intérieur par le désengagement de l’Etat par le biais de la privatisation ou de la liquidation de la quasi-totalité des entreprises étatiques. La promotion de la liberté commerciale par l’élimination des restrictions et des barrières tarifaires, l’implication des procédures d’importation et d’exportation pour l’institution des demandes d’expertise d’importation (DDI)… ». Comme conséquences de l’instauration des DDI et des DDE, Mamadi Traoré dira que les commerçants peuvent de nos jours ouvrir ces documents auprès de la douane et de leur banque, pour importer ou exporter ce qu’il veulent, sans aucun contrôle du ministère en charge du Commerce. Il a surtout signalé que le transfert du registre du commerce de son département au profit du ministère de la Justice a été un facteur primordial dont la conséquence est que le ministère du Commerce manque de toute prérogative sur le contrôle des prix et pire, ignore le nombre de commerçants opérant en Guinée. Ce transfert avait été fait selon les accords de l’OHADA. Le chef du département du Commerce a dit que les réformes ont aussi des résultats tels que la libéralisation du commerce, la substitution du secteur privé à l’Etat dans les différents domaines de l’importation et de l’exportation, de la distribution et de la commercialisation. Selon lui, cette libéralisation a entraîné une désorganisation du commerce qui s’est traduite par une prolifération du secteur informel qui domine aujourd’hui à plus de 60% l’exercice de la profession commerciale. A cause du poids du secteur informel difficile à saisir et allergique à toute réglementation, le secteur commercial est caractérisé par l’anarchie, la fraude massive et l’évasion fiscale au détriment du budget de l’Etat. Il a mis l’accent sur l’envahissement du marché national par des produits de toute nature. L’une des causes de la flambée des prix est le non respect de la réglementation sur la concurrence des prix des poids et mesures, l’émergence de situation de monopole sur certains produits stratégiques, la mauvaise qualité et l’insuffisance de nos volumes à l’exportation. Il y a aussi la suppression du corps de contrôleur des prix dans les effectifs de la Fonction publique. M Traoré se dit être accusé à cause de la flambée des prix. Et pour se défendre, il a fait savoir à la trentaine de journalistes que le régime de prix en Guinée est d’option libérale et qu’aucune loi guinéenne ne prévoit l’homologation des prix sur le marché. Comme autre cause, il a cité l’insuffisance de la production nationale. En évoquant le cas du carburant, Mamadi Traoré n’a pas manqué de dire que la situation dépend du prix du baril au plan international. Il dira que l’Etat guinéen a contracté une dette de 260 milliards de nos francs rien que du côté de Total et que le remboursement se fait à hauteur de 10 milliards par mois. Pour parer à la problématique du riz, le ministre a reconnu que la Guinée a signé un protocole d’échange avec la Chine qui consiste à échanger la bauxite contre le riz. Aly Badara Condé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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