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Depuis ce lundi noir du massacre au stade, plusieurs voix se sont élevées pour suggérer les unes; une intervention d’une force d’interposition, et les autres pour s’y opposer. J’estime pour ma part que c’est un débat stérile. En soit, l’idée n’est pas mauvaise; n’en déplaise aux nationalistes de pacotille. Mais Il faut se rendre à l’évidence, les instances internationales ne bougeront pas. Il ne faut surtout pas perdre de vu que mettre une force d’interposition sur pied est une entreprise ardue demandant non seulement l’accord de plusieurs pays ( qui en règle générale ne s’accordent que très rarement), mais aussi un financement qui, dans les conditions actuelles, n’est pas du tout acquis. Les argentiers des forces d’interposition en ont déjà plein les bras (Congo, Soudan, Afghanistan) pour ne parler que des principaux théâtres de troubles). C’est dire donc que toute solution doit venir de l’intérieur avec bien sûr l’appui de l’extérieur.
Alors au vu de ce qui précède et après les crimes monstrueux du 28 septembre, qu’elle doit être l’attitude des forces vives et de l’opposition Guinéenne? Quel stratégie faut-il adopter face à la junte et à son chef dont le comportement et le discours ne sont pas rassurants. Le capitaine Dadis Camara est soit fou, soit complètement irresponsable et inconscient (ce qui revient au même). En effet, comment un homme normal peut-il justifier les massacres et viols dont se sont rendues coupables les militaires tout en tentant d’en faire porter la responsabilité aux victimes? Depuis quand manifester (de surcroit dans un endroit clôt) est-il passible de la peine de mort et de viol ? L’homme (Dadis) n’a rient compris et ne comprendra probablement rien jusqu'à ce que le ciel lui tombe sur la tête. Il faut donc se préparer au pire. Ne vient –il pas de distribuer des galons à sa troupe? Pour quel fait d’armes? Un vrai affront.
Après avoir posé clairement le préalable du départ des tueurs et violeurs de la junte, il faut qu’on fasse en sorte que cette fois les coupables (tous les coupables) soient punis.
Au cas où les négociations n’aboutissent pas aux objectifs fixés, les forces vives doivent dès leur retour, lancer un mot d’ordre de désobéissance civile totale. Il ne faut surtout pas donner du temps aux criminels. Combien de fois ces gens vont-ils commettre des crimes pour ensuite venir nous parler de regrets, de pardon, de dialogue et de réconciliations? On ne pardonne pas des récidivistes qui se sont habitué à l’impunité. Cette fois-ci est la bonne et nous ne devons pas laisser passer cette occasion. Nous avons le soutien du monde entier. Une occasion pareille ne se représentera plus pour très longtemps. Alors il s’agit de ne pas la perdre avec des querelles de clocher.
A Dadis, nous lui disons que nous ne sommes pas contre lui pour ce que lui et ses supporters prétendent (c'est-à-dire un Forestier). Nous sommes contre lui pour ce qu’il est réellement : Un incompétent, un parjure et un criminel. Pour ma part je serais fier de supporter quelqu’ un de la compétence et de l’intégrité du Professeur Ansoumane Doré ou tout autre Guinéen de sa trempe pour mener à bien une transition apaisée. Tout le reste n’est que parti pris et mauvaise foi pour des raisons inavouées et inavouables.
Aux forces vives (Partis Politiques, Société Civile) nous vous demandons (mieux, nous exigeons de vous) l’unité d’actions. Souvenez-vous de l’adage : « On ne vend pas la peau de l’Ours avant de l’avoir abattu». Après qu’on aura installé un organe neutre de transition, vous aurez tout le temps de vous opposer dans une joute démocratique ou le peuple aura le dernier mot pour le choix de ses dirigeants.
Que Dieu sauve notre pays et maudisse ces bandes de criminels qui l’asservissent !
BOCAR M. THIAM, Texas, USA
www.guineeactu.com
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