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Je suis du Konia et même descendant de Fonikaman le fondateur même de ce qu’on appelle le Konia.
Damaro (dans Kérouané), Gbèssoba (dans Beyla), Kouankan (dans Macenta), Djamoulo au(Liberia), Séguéla dans (la côte d'ivoire) etc., sont des capitales des Diomandés, c’est à dire de tous les Camara qui se réclament du Roi Fonikaman et de son frère Kossamba.
Bien que très fier de cette épopée de nos ancêtres, aujourd’hui nous devons être de véritables militants de la république et notre combat doit s'inscrire dans cette logique. Cependant, je constate qu'il y a un vide en ce qui concerne l'histoire du grand Konia. Ceux qui assimilent le Konia à des entités comme le Sankaran ou le Woulada, etc. dans le Manding démontrent une méconnaissance totale de l’histoire et de la géographie a propos du Konia.
Moussadou l’un des plus vieux villages de toute la Guinée, a été fondé par Moussa le Guerzé, mais a été élevé par Fonikaman Camara et son frère Konsaba au rang de capitale de leur royaume le Koniaba.
Ce Koniaba qui existe depuis le 13eme siècle a englobé le Simandou, le Koninko, le Mandou, le Konokoro, le Moidou, le Gbè, le Kolibirama, le Maou, le Boussé, le Worodou, le Maana, le Koudou, le Gboni et le Bassando. Géographiquement parlant ce Konia couvre les aires comme Kouankan dans Macenta, le tout Beyla, Simandou, Koninko et Mandou dans Kérouané, Djamoulo au Liberia, Séguéla et Ogéné en Cote d’ivoire etc.
Bien que dérivé du Manding pour l’essentiel, le Konia est un peuple a part entière avec ses spécificités linguistiques et culturelles. (Le Coucou, le Diagba, et le Goumbé) sont quelques preuves de la concrétisation de cette réalité culturelle qui nous est propre.
Le Konia est comme le Bâté (Kankan) l’exemple parfait de l’intégration entre manding originaux Camara, Conde, Keita, Kanté devenu Doré et Kané et les Sarakolés commerçants Souaré qui ont fondé la sous préfecture de Gnonsonmorydou, les Doukourés fondateurs de Doukouréla l’un des 5 premiers villages du Konia, Donzo et autres Fofana
Malgré cette richesse particulière de notre identité, l’on continue de nous considérer comme une minorité mandingue qui peut être représenté par KOUROUSSA, KANKAN OU SIGUIRI quand il s’agit de représentativité nationale. Notre paradoxe est que nous sommes accusés et persécutés quand les malinkés le sont et oubliés quand il s’agit de leur en donner. Par nos patronymes les Koniakés sont très vite associés a la fameuse nomenklatura PDGISTE bien que personne ne se souvient du nom d’un seul ministre de cette contrée.
Sans pour autant essayé d’être politiquement correcte j’aurai dit autrement ce qui a été dit dans ce communiqué avec moins de subjectivité et plus de sang froid. Cela dit, Il faut replacer cette revendication dans son contexte. Ce n’est que le résultat d’une frustration que les koniakés ressentent depuis l’indépendance. Ce groupe ethnique s’est senti marginalisé dans la représentativité au niveau des postes de décision dans l’administration centrale. Je pense que c’est humain et cela se passe même dans les grandes démocraties. Les américains d’origine espagnole ont particulièrement remercié le président Obama pour avoir choisi Sonia Sotomayor une des leurs comme l’un des juges de la cour suprême des USA. Et les américains d’origine asiatique revendiquent la prochaine vacance à cette même cour. C’est donc légitime que les koniakés revendiquent une représentativité dont ils ont été sevrés depuis cinquante ans. Il n’y a de raison a cette exclusion que le mépris que les hommes du pouvoir ont eues pour les gens de ce terroir. Sinon comment expliquer qu’en cinquante ans qu’il n’y est aucun responsable significatif de Kérouané et de Beyla dans la sphère de l’état guinéen ? Un manque de cadre ne peut le justifier. Administrativement Beyla est l’un des premiers postes administratifs de la guinée française.(1905). L’école y est encore plus vieille. L’école de Damaro par exemple a été créée en 1939 par mon grand père et le célèbre Mamadou Traore « Reotra » en a été le premier instituteur. Mon grand père lui-même était sortant de l’école des fils de chefs de Katy au Mali depuis 1901. Qu’on ne s’y trompe pas donc cette partie de la guinée n’a aucune leçon de patriotisme à recevoir de qui que ça soit. Qu’on arrête de nous chanter le refrain de cette unité nationale au nom de laquelle nous avons été toujours relégués à l’arrière. Beaucoup ont trouve par exemple le gouvernement Jean Mari Dore « équilibré ». Et bien sous bien des angles et comme toujours il n’y a aucun de Konia. Nous savons nous battre quand il le faut. Le Konia a non seulement engendré Samory Touré, mais n’était pas en reste dans la conquête de l’indépendance du pays.
La prise de conscience de la nécessité de s’organiser par les koniakés ne date pas de ce communiqué. Déjà il existe une coordination du Konia qui été créée sous l’égide de feu El hadj Mory « Peryssac » Kourouma et qui est présidée de nos jours par l’ex commandant Moriba Kourouma a Conakry. Une réunion du Konia a été organisée a Moussadou en octobre 1998 qui a connu quand même la participation de 3762 délégués venus de partout. Ce communiqué a incontestablement des imperfections que l’éthique de la démocratie ne peut tolérer. Cependant il s’inscrit parfaitement dans la logique d’une démarche que le Konia a entreprise pour se faire entendre autant faire se peut de manière unitaire pendant et après le prochain joug électoral.
Merci
Amadou Damaro Camara, Atlanta USA
www.guineeactu.com
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