mardi 25 décembre 2007
M. Cellou Dalein Diallo à la rencontre des guinéens de France.
Cherif Fadiga

L’ancien premier ministre, M. Cellou Dalein Diallo, récemment investi dans les fonctions de président de l’UFDG, a animé une réunion de l’instance fédérale de son parti, le samedi 22 décembre 2007 à Paris. Après son voyage triomphal aux USA, le nouveau président de l’UFDG est venu en Europe pour évaluer la santé de sa formation politique dans cette partie du monde.

Convoquée pour quatorze heures, la réunion démarrera peu avant seize heures, la délégation étant arrivée sur les lieux à quinze heures trente. D’une capacité d’accueil de cent vingt places, la salle comptait une quarantaine de participants au début pour en contenir presque le double à la fin de la réunion. Contrairement à l’affluence de New York, l’accueil de Paris, sans être hostile fut glacial, mais les débats furent de qualité et se sont déroulés dans un esprit de courtoisie tout en étant vigoureux par moments, en fonction du tempérament ou de l’appartenance politique des intervenants.

C’est M. Abdoulaye Baïlo Diallo, premier responsable de l’UFDG-France qui prononcera le discours de bienvenue à l’adresse des illustres hôtes, faisant une entorse à l’ordre de préséance en déclarant : « Nous sommes heureux de vous accueillir cet après-midi et vous remercions d’être venus nombreux à la rencontre des dirigeants de notre parti dont la délégation est conduite par le doyen Bâ Mamadou ».

Prenant la parole avant le nouveau président de l’UFDG, le doyen Bâ Mamadou rectifiera le tir pour dire : « Je tiens d’abord à corriger une erreur faite par le premier responsable de notre fédération ; la délégation du parti est conduite par son nouveau président et je l’accompagne et le conseille dans ses attributions. L’exécutif du parti relève de la compétence du président et non de moi ». Puis le président d’honneur de l’UFDG s’efforcera de convaincre l’assistance sur les raisons qui l’ont conduit à passer le flambeau à M. Cellou Dalein Diallo avant d’ajouter : « Après de longues années de lutte et compte tenu de mon âge, j’ai estimé que le moment était venu de passer la main à quelqu’un qui pourrait nous faire gagner à la prochaine présidentielle, parce qu’il dispose d’une expérience gouvernementale et il a prouvé sa compétence dans la gestion des différents départements ministériels qui furent placés sous sa responsabilité».

Prenant le relais de son mentor, le nouveau président de l’UFDG s’est montré calme et rassurant, évitant les formules à l’emporte-pièce. Il a d’abord exposé les raisons qui l’ont conduit à s’engager dans l’arène politique et pour ce faire, il entonne : «Après mon limogeage de la primature, j’ai beaucoup réfléchi, j’ai beaucoup écouté nos compatriotes et en définitive, mon ambition était de créer un parti politique. Lorsque mon intention fut connue, d’importants responsables et amis, notamment des gens de l’UPR, sont venus me voir pour m’en dissuader et me demander de rejoindre leurs rangs pour éviter l’éclatement de l’électorat de la Moyenne Guinée. J’étais réservé, car je reconnais que dans l’exercice de mes charges ministérielles, j’ai soutenu le PUP qui est le parti du président de la république. Cela s’est fait au détriment de l’UPR sans doute, mais il fallait que je sois conséquent avec moi-même. Je ne pouvais pas rester au gouvernement et ne pas être en phase avec le parti qui le soutient. Cela, je l’assume totalement. Vous voyez bien que j’éprouvais un embarras quant à ma venue au sein de l’UPR, au risque qu’on me rappellerait ce passé-là. Chemin faisant, l’on m’a dit que tout ça relève du passé ». Le nouveau patron de l’UFDG fera un développement sur les péripéties qui ont provoqué l’échec des négociations entre l’UPR et lui, pour se voir accepter finalement la proposition du doyen Bâ Mamadou de prendre la direction de son parti qui colle mieux avec son ambition de briguer le suffrage des guinéens lors de la prochaine présidentielle

Ensuite, le leader de l’UFDG s’est appliqué à présenter les conséquences de la mauvaise gouvernance en Guinée, mettant en exergue sa profonde connaissance des grands dossiers économiques de son pays. L’exercice intellectuel en la matière n’est pas décevant, mais le public avait l’esprit à la contre-attaque.

Venant à la série des questions, c’est le chef de délégation UPR en la personne de son secrétaire politique adjoint qui ouvre le bal pour déclarer : « Nous sommes venus à cette invitation de l’UFDG sans esprit d’animosité, même si nous avons beaucoup de griefs contre ceux qui la dirigent. Je commencerai par le doyen Bâ Mamadou avec qui j’ai eu ces dernières années des relations cordiales et amicales. Je garderais toujours un souvenir impérissable que j’ai eu avec lui, pour avoir joué contre son propre camp au profit du FRAD alors qu’il se targuait d’être le président d’honneur de l’UPR. Inutile de rappeler les propos que nous avions échangés. Mais le moins que l’on puisse en déduire est que certaines de ses prises de position prêtent à équivoque ». Puis il enchaîne : « Monsieur le doyen, en acceptant de faire le passage de relais à un acteur politique plus jeune, vous ouvrez ainsi un débat sérieux auquel vous apportez de mauvaises réponses, parce que l’essentiel de votre démarche repose sur des fondements anti-démocratiques. Puisque l’UFDG avalise votre démarche, il ne nous appartient pas nous UPR de nous en mêler. En revanche, s’agissant de M. Cellou Dalein Diallo, puisque nous appartenons à la même tranche d’âge, je mettrai moins de scrupule pour dire au nouveau chef de file de l’UFDG qu’en politique, on rassemble des hommes et des femmes sur des valeurs et sur un projet. Les valeurs que vous aviez déclinées jusque là, si tant est qu’on peut les appeler valeurs ne seront jamais partagées par les gens de convictions qui animent l’UPR. Quant à votre projet, nous attendons toujours d’en connaître la substance. Nous sommes tous d’accord sur le diagnostic ou le constat que vous posez sur le pays, mais nous ne partageons pas votre ambition solitaire ».

Le second intervenant est aussi un responsable UPR. Monsieur Saadou Kankalabé Diallo a  une dent dure contre M. Bâ Mamadou, lui reprochant de toujours vouloir pêcher en eaux troubles et ne servir que la rhétorique intempestive. En réaction, les quelques rares militants UFDG ont fini par croire à une espèce de règlement de compte entre leur parti et l’UPR.

En réponse à toutes ces attaques, le nouveau patron de l’UFDG va tempérer pour éviter tout débordement en déclarant : « Nous agissons sur un même fief électoral et aucune porte n’est complètement fermée entre nous, dans le cadre des négociations qui sont en cours. Tout est possible entre nous pour une alliance ou la constitution d’une liste commune ; tel est en tout cas le souhait de notre électorat.

C’est à dix neuf heures locales que cette réunion s’est achevée et aura tenu un goût de réel espoir pour ses organisateurs.

Sékhou Chérif Fadiga pour Kibarou.com

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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