vendredi 13 mars 2009
Mœurs : narcos en vogue et débauche en vague !
Thierno Fodé Sow

Où sont donc passés les rutilantes 4X4 de Conakry ? Depuis que les ferments du narcotrafic ont connu un coup de grâce et une partie des auteurs ont été ébranlés par la junte au pouvoir, la capitale Conakry s’est presque vidée de ses scintillantes 4X4, qui l’inondaient et aiguisaient l’appétit de plus d’une parvenue.

Les premières victimes de ce départ forcé, sont naturellement les nombreuses filles et fausses maîtresses circonstancielles, naïvement habituées aux billets verts. Fussent-ils faux. Ces filles dans la disgrâce, se paupérisent aujourd’hui et déchantent inexorablement.

Les ‘’Dala’’, entendez dollars par déformation, ne se comptent plus. Ces véritables nerfs de la dépravation des mœurs ont disparu, sous l’effet du rouleau compresseur de la junte au pouvoir. Dans certains milieux, fort huppés, cette devise avait fini en effet, par phagocyter la monnaie locale.

Qui sont donc les acteurs de cette insalubre ‘’transaction’’ ? Filles libres ou de ce qui y ressemblent et bandes de canailles étrangères, soutenues par des opportunistes locaux. On reconnaissait dans ces alliances de jouisseurs, des anglophones et autres ‘’polyglottes’’ au français difficilement déchiffrable, toujours tirés à quatre épingles, pour faire bonne impression et piquer les belles de nuit et autres ambitieuses. Au retour de la sulfureuse aventure teintée d’une bonne dose d’alcool, on voyait celles-là avec des billets verts, volés, escroqués ou échangés contre…

Ce n’était plus un secret pour les habitués des lieux chauds de Conakry et environs. Et la donne tentante avait englouti plusieurs jeunes filles et dames, lesquelles, au mépris des bonnes mœurs, se sont laissé prendre à la trappe. Avec l’ampleur que le phénomène prenait, des couples se sont brisés, chamaillés, etc.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les argentiers enlevaient qui ils voulaient. Et sans la moindre résistance, puisque l’offre est alléchante aux yeux des belles et ambitieuses filles. Aucune catégorie sociale n’était épargnée par cette razzia : chômeuses, diplômées sans emploi, filles libres, travailleurs en vacances, élèves, fainéants, excommuniés des familles, …

C’est à ce titre que des argentiers, à leur zénith historique, pouvaient entrer dans une boîte de nuit, déloger et rembourser tous les fêtards, avant de trier les personnes (les filles surtout) dont ils ont besoin, pour poursuivre les dandinements. Le tour est alors joué et la soirée peut continuer. La suite, on la connaît : à l’intérieur de l’établissement, l’ambiance crève les plafonds. Cerise sur le gâteau : alcool, sexe et cigares font bon ménage, jusqu’à l’aube. En attendant, la dignité et la moralité attendent dans l’arrière cour.

A la levée du jour, le même cycle reprend sous d’autres cieux, avec ou sans les partenaires de la veille. C’est cela aussi les narco trafiquants en vogue : ils cultivent la débauche en vague répétitive. Comme quoi, tout semble facile et la dépravation encore plus.

C’est dire que les petits frimeurs n’avaient plus de place. Ils cherchaient plutôt à sauver, par jalousie ou antipathie, leurs nombreuses petites amies. Du coup, ils évitaient des milieux comme Kaporo, Lambanyi, Taouyah, Kipé où les luxueux établissements de loisirs situés.

Pour qui connaît ces coins, il n’y a point de doute que le ballet des rutilants 4X4 y a longtemps eu droit de citer.  Cependant, cette zone qui ne désemplissait point avant, est quasi déserte aujourd’hui. Et bonjour la paupérisation des ‘’parvenues’’ et intouchables d’antan. C’est le retour actuellement, à la case départ de celles que certains hommes, appelés « voleurs de plaisirs », n’osaient même plus regarder. A plus forte raison courtiser ou draguer.

Cette gente-là s’est désavouée sous l’effet des impitoyables Moussa : Tiégboro et Dadis Camara, absolument décidés à en finir avec tous les ferments du narcotrafic.

Les constants cocus résignés, devraient prier pour la junte, afin que son action salvatrice perdure. Peut être même réussir à se venger de leurs anciennes compagnes de circonstance. On s’attend alors à ce que les inaltérables puissantes d'hier, fassent des génuflexions devant les nouveaux maîtres du moment, cocus d’autrefois.

« Le feu qui semble éteint, souvent, dort sous la cendre ». Pierre Corneille.

Cela veut tout dire et pour un thème de mœurs –des narcos en vogue à la débauche en vague-, c’en est vraiment un. Pauvres de nous !


Thierno Fodé SOW

pour www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
Youssouf Bangoura, samedi 14 mars 2009
Bonjour, rien que pour cela Mr Dadis et son équipe doivent être soutenus, car notre pays ne doit pas être la petite colombie. Tous ceux qui de près ou de loin sont impliqués dans cette sale affaire doivent être châtiés. Quant aux filles et femmes qui profitaient de ces bandits eh bien c`est leur problème, c`est bien connu de chez nous, l`ecrassante majorité des filles sont materialistes. Merci Mr dadis, nous te soutenons, la guinée doit être nettoyée.
MAD, samedi 14 mars 2009
Msr Sow bonjour. Votre article me fait rire car je me rappelle de mon temps passé á Conakry een 2007. Il ya plein des verités dans vos citations.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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