jeudi 2 septembre 2010
Lutte des classes et mobilisation collective
Jean Bertrand Sow

L’interview du Professeur Alpha Condé parue sur votre site m’a ramené à mes chères études et à certains bouquins que j’ai lus et qui traitaient de la dualité de la société.

Le Professeur a raison lorsqu’il dit qu’en Guinée il y a deux camps, car en Guinée et partout dans le monde, il y a toujours eu deux camps ou deux classes. C’est presqu’une « Lapalissade » de la part de notre Prof national.

L’exemple guinéen met en exergue 2 camps ou deux classes, comme le dit Marx, « en opposition forte et violente du fait d'intérêts contradictoires et qui entrent en lutte, chacune souhaitant détenir le pouvoir »

Ces intérêts contradictoires portent sur la répartition de la richesse, de la propriété, ou du pouvoir et de l'autorité.

Tout le long de l’histoire du monde on retrouve cette notion de dichotomie :

  • lutte entre les esclaves et les maîtres dans les sociétés esclavagistes
  • lutte entre les salariés et leurs employeurs dans la société moderne,
  • lutte entre hommes et femmes dans les sociétés patriarcales,]
  • lutte entre colons et indigènes dans les colonies,

Même si la lutte des classes est avant tout une notion marxiste, il n’en demeure pas moins que notre histoire (l’histoire de la Guinée) n’a été que lutte des classes.

Pour qu'il y ait lutte des classes, il faut que les classes sociales se constituent en groupes politiques, syndicats, associations, etc. Selon Marx, ces organisations, durables et motivées, sont le fer de lance des rébellions éventuelles car elles permettent de réfléchir et d'agir.

En Guinée, les classes sociales se sont constituées en groupes ethniques, où les individus sont conscients du combat à mener et font semblant d’ignorer que cela peut les conduire à la guerre civile.

L'enjeu social essentiel est donc bien de créer les moyens de l'action collective.

Par définition : Se mobiliser, c'est associer ses capacités et son énergie à celles d'autres personnes en vue d'obtenir un résultat positif. Une mobilisation collective désigne alors une coordination des activités d'un groupe souhaitant défendre ses intérêts. Une mobilisation collective a pour but de changer une situation sociale, en un sens favorable au groupe, selon ses valeurs et ses motivations.

Les mobilisations collectives témoignent d'une conscience collective de ceux qui y participent, et d'une constitution des identités sociales.

1.  Comment une mobilisation collective naît-elle ? Il semble que trois conditions soient à remplir, d'après A. Touraine :

-    Les acteurs doivent tout d'abord développer une identité commune, en partageant les mêmes buts et des intérêts communs.

-    Ensuite, le groupe formé doit s'opposer fermement aux groupes concurrents, ce qui suppose une forte solidarité interne.

-    Enfin, les protagonistes doivent avoir conscience des enjeux de leurs actions et de leur finalité.

2.  Quels sont les moyens d'une mobilisation collective ? Les mobilisations collectives nécessitent un minimum d'organisation. On observe donc qu'elles sont souvent initiées par des groupes de pression, des syndicats ou des partis politiques. Il y a alors institutionnalisation de l'action collective. Exemple de groupes de pression : associations, groupes d'intérêt, clubs de réflexion, lobbies, etc., on cherche à influencer les pouvoirs publics en intervenant dans les lieux décisionnels.

ATTENTION A LA FOLIE DES ALLIANCES

Aujourd’hui nos deux groupes, camps ou alliances, mettent les bouchées doubles pour grossir leurs rangs, c’est la mode des alliances.

Or il est prouvé qu’à mesure que la taille du groupe augmente, la probabilité d'action commune décline.

Ce paradoxe s’explique en faisant une analyse coût/avantages de la participation individuelle à l'action collective : à mesure que la taille du groupe mécontent progresse, la non participation devient plus rentable. En effet, l'individu profite alors des éventuelles actions d'autrui, sans avoir lui-même à se dépenser en temps ou en argent. La stratégie la plus efficace du point de vue individuel est donc bien celle du passager clandestin ou free rider

Le Danger : lorsque chacun raisonne de la sorte, il n'y a plus d'action collective possible.

Cette stratégie du passager clandestin pourrait être appliquée par des partis tels que : PNDD, UGD, UDG, GECI, PUL, c'est-à-dire tous les partis hormis les majeurs : UFDG, RPG, UFR, PEDN, RDR.

Une mobilisation collective a pour but de changer une situation sociale, en un sens favorable au groupe, selon ses valeurs et ses motivations

Nous sommes donc en présence de 2 mouvements collectifs et il nous appartient aujourd’hui plus qu’hier de faire en sorte qu’ils n’entrent pas en collision en cas de défaite de l’un au de l’autre, ce qui entraînerait inéluctablement le chaos dans notre pays.


Sow Jean Bertrand


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
SOW JEAN BERTRAND, jeudi 2 septembre 2010
L’interview du Professeur Alpha Condé parue sur votre site m’a ramené à mes chères études et à certains bouquins que j’ai lus et qui traitaient de la dualité de la société." c`est ce que j`ai dit et vous avez tout à fait raison à propos des sources.J`ai pour habitude de lire tout ce qui me tombe dans les bras, j`ai aussi la mauvaise habitude de relire mes cours de la fac et j`adapte ce que je lis par ci par là à notre situation. Bien à toi.
FIDEL, jeudi 2 septembre 2010
On ne peut vraiment pas etre daccord avec tout le monde, comme on ne saurait etre en desacord avec tout le monde. Juste une règle élementaire de la vie. Tonton Bocoum, revenez souvent sur cette citation pour calmer ceux qui se renient sur ce site. Fidelito
Couleur Tropicale, jeudi 2 septembre 2010
M. Bertrand, vos réflexions sont enrichissantes. Toutesfois, il serait préférable de mentionner parfois la source de certains passages et de citer correctement les citations. Et cela, pour le bonheur de ces p`tits bourlingeurs qui lisent, analysent, trient et archivent tout ce qui roule sur l`autoroute (Madina) de l`information. Au plaisir et sans rancune !
Saïdou Nour Bokoum, jeudi 2 septembre 2010
Il faut saluer "guineeactu" pour la redéfinition de sa ligne éditoriale, qui permet à AOT et Sow Bertrand d`apaiser, d’élever le débat et de permettre une certaine décantation. Nous sortons progressivement des coassements où l’on entend plus des noms d’oiseaux et des patronymes politiquement incorrects. Je vais donc titiller un peu les méninges de mon frère Sow et tous le autres. En Afrique et d’une manière générale, aux temps soixante huitards un peu euphoriques de la sociologie et d’un marxisme triomphants, le constat, les études de cas, ont montré qu’en Afrique et d’une manière générale dans les pays du Sud, généralement colonisés ou à peine libérés, les sociétés n’avaient pas eu le temps de s’organiser en classes sociales. Nous aurions là affaire avec des sociétés de classe d’âge, de castes, fonctionnant selon un modèle socio-économique dit « mode de production asiatique ». Aussi si l’on plaquait le modèle de l’économie classique – libéral ou marxiste dogmatique – à l’Afrique qui veut que le changement social ait pour moteur la lutte des classes, on aurait face à face la classe des Bertand Sow, AOT, Sinani, Fidel, Adjidjatou Baud, et.. Cellou Dalein d’un côté, et celle des Doyens Doré, Bokoum, Billo Sy Savané, Sidya Touré et.. Alpha Condé de l’autre. C’était juste pour stimuler nos recherches à tous et supplier les commentateurs à encourager la perspective tracée par AOT, Sow, MM. Diakité, Oury Diallo et bien d’autres commentateurs aux idées fécondes. Madame Chirac, d’extraction « noble », a lancé cette réponse lumineuse et « démocratique » à l’impossible animateur d’une émission qui croyait l’avoir poussée dans les cordes : « on ne peut pas être d’accord avec tout le monde ! » C’était là le titre même de la célèbre émission ! Décortiquons donc les programmes de nos deux concurrents ! Wa Salam

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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