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L’interview du Professeur Alpha Condé parue sur votre site m’a ramené à mes chères études et à certains bouquins que j’ai lus et qui traitaient de la dualité de la société.
Le Professeur a raison lorsqu’il dit qu’en Guinée il y a deux camps, car en Guinée et partout dans le monde, il y a toujours eu deux camps ou deux classes. C’est presqu’une « Lapalissade » de la part de notre Prof national.
L’exemple guinéen met en exergue 2 camps ou deux classes, comme le dit Marx, « en opposition forte et violente du fait d'intérêts contradictoires et qui entrent en lutte, chacune souhaitant détenir le pouvoir »
Ces intérêts contradictoires portent sur la répartition de la richesse, de la propriété, ou du pouvoir et de l'autorité.
Tout le long de l’histoire du monde on retrouve cette notion de dichotomie :
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lutte entre les esclaves et les maîtres dans les sociétés esclavagistes
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lutte entre les salariés et leurs employeurs dans la société moderne,
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lutte entre hommes et femmes dans les sociétés patriarcales,]
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lutte entre colons et indigènes dans les colonies,
Même si la lutte des classes est avant tout une notion marxiste, il n’en demeure pas moins que notre histoire (l’histoire de la Guinée) n’a été que lutte des classes.
Pour qu'il y ait lutte des classes, il faut que les classes sociales se constituent en groupes politiques, syndicats, associations, etc. Selon Marx, ces organisations, durables et motivées, sont le fer de lance des rébellions éventuelles car elles permettent de réfléchir et d'agir.
En Guinée, les classes sociales se sont constituées en groupes ethniques, où les individus sont conscients du combat à mener et font semblant d’ignorer que cela peut les conduire à la guerre civile.
L'enjeu social essentiel est donc bien de créer les moyens de l'action collective.
Par définition : Se mobiliser, c'est associer ses capacités et son énergie à celles d'autres personnes en vue d'obtenir un résultat positif. Une mobilisation collective désigne alors une coordination des activités d'un groupe souhaitant défendre ses intérêts. Une mobilisation collective a pour but de changer une situation sociale, en un sens favorable au groupe, selon ses valeurs et ses motivations.
Les mobilisations collectives témoignent d'une conscience collective de ceux qui y participent, et d'une constitution des identités sociales.
1. Comment une mobilisation collective naît-elle ? Il semble que trois conditions soient à remplir, d'après A. Touraine :
- Les acteurs doivent tout d'abord développer une identité commune, en partageant les mêmes buts et des intérêts communs.
- Ensuite, le groupe formé doit s'opposer fermement aux groupes concurrents, ce qui suppose une forte solidarité interne.
- Enfin, les protagonistes doivent avoir conscience des enjeux de leurs actions et de leur finalité.
2. Quels sont les moyens d'une mobilisation collective ? Les mobilisations collectives nécessitent un minimum d'organisation. On observe donc qu'elles sont souvent initiées par des groupes de pression, des syndicats ou des partis politiques. Il y a alors institutionnalisation de l'action collective. Exemple de groupes de pression : associations, groupes d'intérêt, clubs de réflexion, lobbies, etc., on cherche à influencer les pouvoirs publics en intervenant dans les lieux décisionnels.
ATTENTION A LA FOLIE DES ALLIANCES
Aujourd’hui nos deux groupes, camps ou alliances, mettent les bouchées doubles pour grossir leurs rangs, c’est la mode des alliances.
Or il est prouvé qu’à mesure que la taille du groupe augmente, la probabilité d'action commune décline.
Ce paradoxe s’explique en faisant une analyse coût/avantages de la participation individuelle à l'action collective : à mesure que la taille du groupe mécontent progresse, la non participation devient plus rentable. En effet, l'individu profite alors des éventuelles actions d'autrui, sans avoir lui-même à se dépenser en temps ou en argent. La stratégie la plus efficace du point de vue individuel est donc bien celle du passager clandestin ou free rider…
Le Danger : lorsque chacun raisonne de la sorte, il n'y a plus d'action collective possible.
Cette stratégie du passager clandestin pourrait être appliquée par des partis tels que : PNDD, UGD, UDG, GECI, PUL, c'est-à-dire tous les partis hormis les majeurs : UFDG, RPG, UFR, PEDN, RDR.
Une mobilisation collective a pour but de changer une situation sociale, en un sens favorable au groupe, selon ses valeurs et ses motivations
Nous sommes donc en présence de 2 mouvements collectifs et il nous appartient aujourd’hui plus qu’hier de faire en sorte qu’ils n’entrent pas en collision en cas de défaite de l’un au de l’autre, ce qui entraînerait inéluctablement le chaos dans notre pays.
Sow Jean Bertrand
www.guineeactu.com
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