Le vendredi 22 mai, les téléspectateurs ont une nouvelle fois suivi, avec un réel pincement au cœur, les images des prostituées et leurs clients arrêtés dans certains motels de Conakry. Ce qui prouve à suffisance que le capitaine Moussa Tiégboro et ses hommes ne sont pas près de désarmer sur ce terrain sensible qu’est celui de la prostitution.
Au lendemain de sa prise effective du pouvoir, suite à la disparition du Général-Président Lansana Conté, le capitaine Moussa Dadis Camara a solennellement promis de mener une lutte sans merci contre certains comportements qui ont largement contribué ces dernières années à ternir davantage l’image de la société guinéenne. Parmi ces comportements qui sont socialement et moralement condamnables, l’on peut citer entre autres, la prostitution et la consommation abusive de la drogue. Pour joindre l’acte à la parole, le président du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement) a jugé nécessaire de créer un Secrétariat d’Etat à la Présidence chargé des Services spéciaux, de la lutte anti-drogue et de la lutte contre le banditisme. Son choix s’est porté sur le capitaine Moussa Tiégboro Camara pour occuper ce poste éminemment stratégique dans un pays où les narcotrafiquants, les trafiquants d’enfants, les bandits de grand chemin et les prostituées incorrigibles vivaient littéralement comme en territoire conquis. Et de sa nomination jusqu’à nos jours, force est de reconnaître que ce jeune capitaine de la gendarmerie fait, de plus en plus, preuve de détermination et de pragmatisme dans l’accomplissement de sa délicate mission. Les gros bonnets du narcotrafic et leurs complices tapis dans la haute hiérarchie de l’armée et de la police ont été interpellés et mis à la disposition de la justice. Dans le cadre de la lutte contre la prostitution, les hommes du capitaine Moussa Tiégboro Camara semblent particulièrement déterminés à aller jusqu’au bout.
Il y a quelques semaines, bon nombre de motels et de maisons closes ont été fermées à Conakry et dans ses environs, à la grande satisfaction de toutes celles et de tous ceux qui ont toujours vu d’un très mauvais œil la dépravation poussée des mœurs dans notre pays. Des opérations de ratissage ont permis d’arrêter des prostituées et leurs clients. Et lorsqu’on a montré ces derniers à la télévision nationale, beaucoup ont pensé que les gens ne s’aventureraient pas de sitôt dans les motels et autres sites de prostitution. Mais comme on aime souvent à le dire, lorsque vous chassez le naturel, il revient toujours au galop. La triste réalité est que certaines filles libres, voire des femmes mariées, prétextent souvent de l’extrême pauvreté dans laquelle elles vivent, pour se lancer à corps perdu dans la prostitution, considérée à juste titre comme le plus vieux métier au monde.
Le vendredi 22 mai, les téléspectateurs ont suivi, une nouvelle fois, avec un réel pincement au cœur, les images des prostituées et leurs clients arrêtés par les hommes du capitaine Moussa Tiégboro Camara. Ce qui fait dire à certains observateurs avertis que la lutte contre la prostitution, pour être efficace, devra passer par la lutte contre la précarité et l’extrême pauvreté des ménages.
La plupart des travailleuses de sexe avancent des raisons d’ordre économique pour expliquer leur comportement à haut risque. Si rien n’est fait pour réduire considérablement la pauvreté, il est à parier que les filles libres et les femmes mariées ou célibataires continueront d’emprunter le chemin de la prostitution pour subvenir à certains de leurs besoins primaires et secondaires.
Mamy Dioubaté
Le Démocrate partenaire de guineactu.com