dimanche 4 avril 2010
Lutte contre la corruption : Que reproche Dr Ousmane Kaba à Sydia Touré ?
Ousmane Kaba

Le leader du PLUS (le Parti de la Liberté pour l’Unité et la Solidarité), le Dr Ousmane Kaba, qui a marqué le baptême du feu de son parti, le jeudi 25 mars dernier, s’est montré peu loquace sur les raisons de son départ de l’UFR de Sydia Touré. Cet ancien ministre de l’Economie et des Finances du régime Conté et actuel premier vice-président du Comité d’Audit créé par le CNDD, a démissionné il y a moins de trois semaines de l’Union des Forces Républicaines.

Devant un parterre de journalistes réunis dans une salle de conférence de son université Koffi Annan, sise à Nongo, dans la Commune de Ratoma, le Dr Ousmane Kaba a d’abord cru bon de magnifier ses rapports avec l’ancien Premier ministre Sydia Touré. «Je dois dire que j’ai partagé la même vision de société que le Premier ministre, Sidya Touré, qui m’a appelé dans son gouvernement, en qualité de ministre des Finances et du Plan, puis de ministre du Plan et de la Coopération internationale. Je ne renie pas du tout cet idéal. D’ailleurs, je dois dire encore que j’ai de très bonnes relations avec Sidya Touré. Nous gardons les meilleurs rapports de confiance et d’amitié. C’est un homme extrêmement décent qui mérite le respect. En tant que son ancien collaborateur, j’ai du respect pour lui.»

Leur vision de société partagée souffre cependant de quelques ‘’divergences» sur certains dossiers d’actualité. «Il n’y a pas de difficultés extraordinaires entre l’UFR et moi, mais il s’est trouvé simplement que nous avons eu quelques différences d’appréciation sur l’importance qu’il faille accorder à la lutte contre la corruption, la gabegie financière et les audits.» A-t-il curieusement dit. Et de poursuivre en notant «Qu’à cela ne tienne, j’ai jugé qu’il est important pour ce pays qu’une fois je me prononce sur ces grandes questions. Parce que je suis arrivé à la conclusion et je ne suis pas le seul, tout le monde sait que l’un des plus grands problèmes de notre pays est la corruption. Si on ne fait pas face à ce fléau, la Guinée ne pourra pas amorcer un décollage économique.»

Pour peu que l’on pousse l’analyse sur le précédent paragraphe, des questions s’imposent sur ce que le Dr Kaba pourrait avoir sous entendu au sujet des ‘’quelques divergences d’appréciation» sur l’importance de la lutte contre la corruption en Guinée. L’on ne connaît certes pas en quoi consiste ces ‘’divergences», mais cela recouvre quelque chose de grave quelque soit l’angle d’analyse pris.

A priori, Sydia Touré a toujours exprimé sa détermination, une fois élu président, de s’attaquer à l’hydre de la corruption qui handicape tant le développement de la Guinée. Le président de l’UFR a laissé une bonne impression à la plupart de ses compatriotes lors de son passage à la Primature de 1996 à 1999. Aux dires des économistes, l’économie guinéenne ne s’est jamais autant bien portée que durant ces années.

D’où le caractère curieux des propos de Ousmane Kaba, qui relève des ‘’divergences d’appréciation» entre lui et l’UFR, dont le président Sydia Touré réputé être un bon gestionnaire défend les idéaux, notamment en ce qui concerne les questions économiques. Alors, l’ancien Premier ministre aurait-il relégué au second plan les questions de la corruption, de la gabegie financière et des audits ?

En tout cas, «J’ai jugé qu’il est important pour ce pays qu’une fois je me prononce sur ces grandes questions», martèle le Dr Ousmane Kaba. Alors, il faut se demander si le désormais leader de PLUS s’est heurté à une opposition farouche des instances de l’UFR, notamment à celle de Sydia Touré de le laisser s’exprimer librement sur ces questions sous la bannière de l’Union des Forces Républicaines? Troublante question quand on sait que le Dr Ousmane Kaba est le premier vice-président du Comité d’audits et de surveillance des secteurs stratégiques de l’économie guinéenne créé par l’actuelle junte au pouvoir en Guinée.

A ce poste, il a géré de nombreux dossiers dont certains remontent à plus d’une décennie. Touchant les années que lui et Sidya Touré ont passées au Gouvernement, ainsi que celles durant lesquelles d’autres personnalités de l’échiquier politique actuel ont servi dans d’autres Gouvernements. Dr Ousmane Kaba doit donc en savoir assez sur la gestion d’une importante palette de leaders politiques. Est-ce que ces ‘’divergences d’appréciation» qui ne se sont manifestées que maintenant portent sur le refus du l’UFR de laisser le Dr Kaba s’en servir pour exposer ces leaders politiques ?

Une chose est sure, le président du PLUS devraient être explicite sur cette partie des raisons qui ont entraîné son départ de l’UFR. Pour sûr, la connaissance des dossiers litigieux traités par le Comité d’audit pourrait faire de Ousmane Kaba la bête noire de bien des hommes politiques actuels. Il est vrai que beaucoup d’observateurs pensent que le fondateur de l’Université Koffi Annan ne peut pas prétendre être blanc comme neige. Sa nomination au poste de vice-président du Comité avait fait dire à certains qu’il aurait du mal à l’époque à passer au peigne fin la gestion de son ancien patron Sydia Touré, dont il était très proche à bien des égards. Alors, le président du PLUS va-t-il seulement tenter de disqualifier certains candidats aux élections présidentielles en ébruitant le fond des dossiers nauséeux qu’ils pourraient avoir ? Attendons de voir. D’autant que le gouvernement de l’actuel Premier ministre Jean Marie Doré a, suite à son Conseil des ministres du 25 mars dernier, annoncé la continuation du travail d’audit par le ministère du Contrôle d’Etat sous la coupole duquel est désormais placé le Comité d’audit.


T.B

L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
sacko turquie, vendredi 9 avril 2010
je me pose la question de savoir toujours " pourquoi il ya des gens qui sont contre les audits" jusqu`a meme inventer des diffamations contre les responsables des audits, si tu ne connais pas le parcours de quelqu`un comment tu pourras connaitre l`origine de sa fortune? alors assayons d`appeler les choses par leur noms, nous sommes des gouvernés nous devons apprecier les audits, nous avons raison de demander la procedure legale des audits pouvant nous aider a mettre fin a la corruption, c`est mieux que de defendre quelqu`un ou diffamer d`autres sans preuves, merci
Cissé Oumar de Bma, mercredi 7 avril 2010
Je n`arrête pas de le dire: la Guinée ne bougera pas d`un seul millimètre tant que les audits ne seront pas effectués. Inutile de perdre le temps à autre chose! Donc, D`ABORD LES AUDITS!
aliou, mardi 6 avril 2010
waouh quel débat intéressant! de mon point de vue, mieux vaut se retenir d`accusations quand on ne dispose pas d`arguments réels et de preuves. Il est anormal, je trouve, qu`il n`y ait toujours pas de rapports publics, au moins partiels, du comité d`audit mais il faut mettre la pression pour que les choses soient claires et que le peuple soit mieux éclairé. Cela veut dire d`abord qu`il y a nécessité de mettre en place, pour l`avenir, un vrai organe de contrôle (l`idéal serait d`instituer une cour des comptes totalement indépendante (à alouseiny, sachez qu`au sien de la cour suprême, il existe déjà une chambre des comptes) au lieu d`un ministère inutile du contrôle; ensuite, cela veut dire qu`il est important de communiquer car, si parmi les candidats, certains sont "louches", la population au moins en sera informée et fera son choix. Ceci dit, le but n`est pas de discréditer tel ou tel candidat mais tout simplement de dire la vérité avec des preuves. Maintenant le fait est que la plupart des candidats ont été 1er ministre et si, malheureusement pour certains d`entre eux, certains sont épinglés, eh ben tant pis pour eux leur personne importe peu.
Me LAMAH Dakar, mardi 6 avril 2010
Je pense qu`au moment venu le peuple sera informé du résultat des audits. Point de suppositions ou d`interprétation sur les déclarations de Dr KABA.
SAMORY, mardi 6 avril 2010
Qu`on ne continue pas a nous prendre toujours pour des imbéciles.Il n`est un secrêt pour personne que quand un fonctionnaire guinéen,en plus de toutes ses obligations,peut s`acheter un simple VELO,c`est qu`il a volé de l`argent à quelqu`un.Il reste à déterminer à QUI.L`Etat,une organisation ou un particuler?Que l`on cesse de nous empoisonner avec les propos anti-corruption de Dr Ousmane Kaba.J`ai l`impression que nos journalistes jouent le jeu du fameux comité anticorruption créé par Lansana Conté qui n`épinglait que celui qui s`est laissé épinglé.Il suffit de poser une seule question à un de ces bandits à col blanc : POUVEZ VOUS NOUS DIRE CLAIREMENT LA VRAIE ORIGINE DE VOTRE FORTUNE ?
KAMANO, lundi 5 avril 2010
En voilà les exemples de discussion de bas étages avec de fallacieux arguments que ses internetivores raffollent. ils reviennent à la charge dès qu`il s`agit d`audits, la plume râleuse ,l`esprit aigu et le corps exsudé.N`ayez crainte, les audits ne peuvent raisonnablement avoir lieu dans le délai qui nous ait imparti pour les élections présidentielles.Le prochain chef de l`Etat faisant parti du quartor ( Dallein, Sidya, Kouyate,et Fall ) plus Rabiatou se chargera bien de verrouiller toutes entreprises allant dans ce sens. parce que les guinéens seront amené à leur corps défendant de voter pour un système présidentiel fort. renforçant les prérogatives du chef de l`Etat et placera le législatif au second rang.Le Premier Ministre ne sera pas garant de la coordination de la politique gouvernementale et ne pourra être défendu par des lois spécifiques. LA BOUCLE EST BOUCLEE.Ceci est la criante vérité et représente un véritable noeud gordien pour notre pays. Nous nous savons bousculé par la Communauté Internationale alors que nous n`AVONS PAS NETTOYER NOTRE MAISON.Nous savons que DADIS a été stoppé dans son élan de nettoyage par des lobbies qui sont aujourd`hui à l`oeuvre dans et envers le gouvernement Konaté. Nous savons que Konaté ne fera jamais d`audits, se sont ses poches qui l`intêressent. PAUVRE PETIT PAYS. MR kABA A DES ARGUMENTS en sa possession et les dossiers des audits sont bouclés l`aurait affirmé Chérif du CNDD. Nous savons en Guinée qui est qui , et qui a fait quoi. Libre à lMr. Kaba de quitter ce Parti politique qui ne répond plus à ses aspirations profondes.D`autres l`ont fait et certains y sont revenu par la grande porte d`ailleurs.Je défends la manifestation du jeu démocratique dans la qualité de liberté de choix et d`engagement qu`il stipule .Entré en Homme Libre, Mr. Kaba Quitte en Homme libre. Je vous prie de réservez vos acerbes délires sur les saboteurs des élections qui, au train où évolues les finances et les actions de nos deux gouvernements ne pourrons avoir lieu à la date butoir du 27 Juin.2010.
Mohamed Camara, lundi 5 avril 2010
J`ai lu un article insensé sur www.kabachir.com concernant Dr Ousmane Kaba, j`ai fait 2 commentaires qui n`ont jamais été publiés mais je m`y attendais. Ce qui me surprend c`est comment un homme qui n`hésite pas à dire des contre-vérités sur ses qualifications peut-il prétendre porter la casquette de l`anti-corruption ? Il dit partout qu`il est diplômé de la prestigieuse université Harvard: mais au fait demandez lui quel diplôme y a-t-il fait ? il y a juste fait un séjour de 6 mois, avec ce laps de temps on a droit qu`à un certificat. En plus il faut qu`il se prononce sur l`origine de sa fortune. Parlant de son passage au Comité d`audit, qu`il nous chiffre le montant recouvré depuis qu`il y est arrivé. On se souvient qu`en avril 2009, le comité avait recouvré 175 milliards, montant qui a servi entres autres à financer le projet eau-électricité pour tous. Il faut qu`en Guinée nous arrêtions de nous laisser berner par le premier venu. Les magouilles qu`il montait, en complicité avec les ministères des finances et de l`éducation, concernant les boursiers à l`université kofi Anan, sont connues de tous.
Taniko, lundi 5 avril 2010
Un menteur!un predateur!un corrompu!les dossiers seront bientot sur la place publique
Alhousseny, lundi 5 avril 2010
Pour renchérir les propos de M. Lamarana Diallo, j`ajouterais que M. Kaba passe volontairement sous silence l`incongruité que représente sa présence même au sein de comité d`audits qui, je le rappelle, avait pour vocation originelle de mettre la lumière sur toute l`activité de l`administration guinéenne, des années pré-Dadis à l`ère CNDD. En effet, comment peut-il, ne serait-ce qu`intellectuellement, concevoir l`idée d`être à la fois juge et partie de sa propre gestion? Je me souviens de l`article de Lamarana Diallo qui était on ne peut plus clair à ce sujet (en passant, c`est de loin le meilleur article sur les audits qui ait jamais été publié). En partant de l`UFR, M. Kaba n`a jamais fait que ce que l`UFR aurait dû exiger de lui du jour où il a accepté de siéger dans ce comité. Alors, je ne vois pas au nom de quoi il s`autorise à donner une leçon d`intégrité à qui que ce soit. Plus généralement, et pour reprendre les termes de l`article de Lamarana Diallo de septembre dernier, le gouvernement est lui-même relativement peu qualifié pour mener ces audits. En effet, même s`il ne se prononce que sur l`activité passé du gouvernement, ce n`est jamais que sur l`activité du gouvernement qu`il se prononce. Quelle garantie avons-nous que l`actuel gouvernement n`explique pas sa propre vacuité par l`action ou l`héritage des gouvernements qui l`ont précédé? Il n`y en aucune. Dans les pays sérieux et démocratiques, il y a une institution indépendante du gouvernement qui s`en occupe: la COUR DES COMPTES. A défaut de cette cour des comptes, d`autres pays mandatent une commission parlementaire multipartite. Il n`a échappé à personne que nous n`avons de parlement élu en Guinée ni de cour des comptes. Alors la seule manière de faire des audits sérieux et à l`abri de tout soupçon, c`est de mandater un cabinet d`audit indépendant. La vraie question est alors: compte tenu des moyens dont dispose la Guinée actuellement, compte tenu du temps que prendrait une telle activité et de l`approche de la date des élections, est-il possible de faire ces audits avant la tenue des élections agendés au 27 juin prochain? Je ne le crois sincèrement pas. Par ailleurs, la conduite d`audits ne fait pas partie des missions assignées à ce gouvernement de transition (pour rappel, ses deux missions essentielles sont l`organisation des élections et l`amorce de la reforme de l`armée). Pour finir, je soulignerais qu`il ne faut surtout pas confondre audits et recouvrement des créances de l`Etat. Cette dernière activité est possible sans aucune disposition particulière parce qu`elle résulterait uniquement de dispositions contractuelles entre l`Etat et ses débiteurs, et les documents à l`appui de cette action sont immédiatement disponibles. Alors, à moins de vouloir régler des comptes avec des candidats à la présidentielle en plus de créer un climat inopportun de tension dans le pays, la conduite de ces audits ne me paraît pas plus urgente que l`organisation des élections et la reforme de l`armée. Après les élections qui doteront notre pays d`un président élu, d`un parlement élu et d`institutions telles qu`une cour des comptes, il sera toujours temps de faire ces audits et dans un environnement dégagé de toute tension politique dans le pays.
Lamarana Diallo, Londres, lundi 5 avril 2010
Mr.T.B, les “divergences” entre Dr. Kaba et l’UFR pourraient bien se situér ailleurs. Loin de celui que vous avez évoqué dans l’article. En effet, pour quelqu’un qui a preté attention aux agitations du comité d’audit mis en place par le Cndd et surtout au regard de la gestion-catastrophe de MDC, il est evident qu’un parti qui se respecte ne pourrait cautioner la presence d’un de ses meilleurs cadres au sein d’un tel groupe. Et naturellement, la direction de L’UFR a tenu a exprimer son opposition a Dr.Kaba qui l’a certainement mal pris. C’est ce qui me parait plus plausible et ce divorce a pris du temps d’ailleurs. Donc, insinuer que ce monsieur disposerait de dossiers incriminants contre qui que ce soit me parait risible. La presence de Dr. Ousmane kaba dans un comité constitué d’elements tels que Alhassane Onipogui & Co.et sous les ordres d’individus corrompus comme sekouba et Daddis, a juste contribué a ecorcher la reputation de cadre integre dont il jouissait a mes yeux.Je l’avais fait remarquer dans un article sur ce site en septembre dernier( Cf. le comité d’audit ou le chantage politique du CNDD). A l’epoque j’ai accordé le benefice du doute a Dr. kaba en estimant qu’il aurait fait une erreur de jugement. Mais la suite des evenements m’a permis de mieux voir dans les principes de ce monsieur. En depit des massacres du 28 septembre, Dr. kaba a continué a apporter son soutien a la junte militaire de Moussa Daddis Camara. Vous l’avez certainement apercu a Ouaga aux cotés du boucher de Koulé et pas parmi les gens qui ont positivement marqué l’evolution de notre pays. Toute chose qui m’a fait croire que Dr. kaba, malgré la rethorique, ne peut pas pretendre etre plus saint que les responsables qu’il dénonce. Donc, l’UFR se sentirait beaucoup mieux sans Dr. kaba et saurait, avec un minimum d’imagination, defendre une politique publique de lutte contre la corruption aux yeux des élécteurs. Bien a vous, Mr. Barry.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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