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Le lundi 16 mars, le président de la République, capitaine Moussa Dadis Camara, a rencontré au palais du peuple, les forces vives de la nation et le Groupe international de contact sur la Guinée. Une occasion que le numéro un guinéen a mise à profit pour dénoncer ceux qui veulent se cacher derrière leur ethnie et leur région pour se bâtir un avenir politique, avec tous les risques que cela comporte. Un combat qui, de l’avis de tous les observateurs, mérite vraiment d’être mené.
Ces dernières années, s’il y a une chose qui crève les yeux de tout observateur attentif de la situation guinéenne, c’est bien l’exacerbation de l’ethnocentrisme et du régionalisme dans le débat national. En 1992, lorsqu’il a été question de légaliser les partis politiques, le défunt président avait suggéré la constitution de deux formations : l’une de la mouvance présidentielle et l’autre de l’opposition. Pour feu Général Lansana Conté, ce serait une façon d’éviter de tomber dans le piège de ‘’l’ethnisation» du débat politique. Mais son appel est tombé malheureusement dans des oreilles de sourds. Certains sont d’ailleurs allés jusqu’à lui prêter l’intention de brider le processus démocratique enclenché dans le pays. Face à ce que l’on peut qualifier de levée de boucliers, le Général-Président Lansana Conté a dû revenir sur son jugement pour ne pas passer aux yeux de ses détracteurs et de la communauté internationale pour un dictateur ou un pire ennemi de la démocratie. Par la suite, les partis politiques ont été créés sur des bases essentiellement ethniques et régionalistes. Le patronyme d’un homme politique suffisait largement pour adhérer à son parti. L’ethnie et la région d’un leader primaient sur son projet de société. C’est pourquoi, nombreux sont les observateurs qui n’hésitaient plus à présenter les partis politiques guinéens comme des regroupements ethniques. De 1993 à nos jours, le RPG du Pr. Alpha Condé a été considéré comme le parti des Malinkés. L’UNR du doyen Bâ Mamadou et le PRP de feu Siradiou Diallo ont été toujours présentés comme des partis peuls, l’UPG de Jean Marie Doré comme la formation politique des Forestiers. Le PUP du Général-Président Lansana Conté passait, quant à lui, pour un parti des Soussous. Aujourd’hui, l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et l’UPR de Bah Ousmane n’échappent pas à cette catégorisation des partis politiques sur des bases ethniques et régionalistes. Et se rendant au siège de ces partis, l’on ne que s’en rendre compte avec un réel pincement au cœur. C’est au regard de ce triste constat que tous les Guinéens patriotes ont fait état de leurs vives inquiétudes lorsque le Général-Président Lansana Conté a rendu l’âme le 22 décembre 2008 des suites d’une longue maladie. Et c’est certainement les mêmes raisons qui ont poussé le capitaine Moussa Dadis Camara et ses compagnons du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement) à prendre le pouvoir au lendemain de cette disparition. Aujourd’hui, force est de constater, avec un certain bonheur, que le président de la République ne rate aucune occasion pour appeler ses concitoyens à l’unité et dénoncer ouvertement toutes celles et tous ceux qui pensent naïvement que l’ethnie peut être utilisée comme une arme politique pour conquérir le pouvoir. Le lundi 16 mars, lors de sa rencontre avec les forces vives de la nation et le Groupe international de contact sur la Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara est monté une nouvelle fois au créneau pour rappeler aux uns et aux autres que la lutte contre l’ethnocentrisme et le régionalisme fait partie de ses priorités à court terme. Espérons qu’il sera suivi par tout le peuple de Guinée qui reste avant une famille indivisible.
Mamy Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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