|
Dans cette interview réalisée avant la publication du Gouvernement, le porte parole des Forces Vives et président du FUDEC, l’ancien Premier ministre François Louncény Fall parle des rapports entre les Forces Vives et le Premier ministre, la nomination de Rabiatou Serah Diallo à la tête du CNT, etc.
L’Indépendant : Vous sortez d’une réunion avec les autres membres des Forces vives. De quoi a-t-il été question?
Louncény Fall : C’est une réunion plénière des Forces vives destinée à dérouler l’actualité. Nous avons échangé des informations sur la situation politique, notamment le retard pris pour la formation du Gouvernement. Nous avons également parlé du CNT, qui doit être mis en place. Nous avons ainsi décidé de former une délégation des Forces vives qui doit rencontrer le Premier Ministre et le Président de la transition. Cette visite nous permettra de nous enquérir de l’évolution du système politique, et surtout, de faire le point sur l’état de la formation du gouvernement. Il est vrai que ce n’est pas notre travail. C’est celui du Premier Ministre. Mais en tant que partenaire des Forces vives, dont Jean Marie Doré est également issu, nous voulons savoir s’il a des difficultés, et voir ce que nous pouvons faire. Je pense qu’il est bon de l’aider certainement à surmonter des obstacles auxquels il pourrait être confronté.
Selon certaines informations, le courant ne passerait pas entre le PM et les Forces vives. Jean Marie Doré vous aurait même qualifié de « traître » quand vous avez parlé de sa non candidature. Est-ce vrai ?
Non, je dirais que nous n’avons pas eu cette discussion directe avec le PM. Jean Marie Doré est un ami, un compagnon. Au cours des quatre derniers mois, nous avons travaillé très intimement ensemble. Il était notre candidat, il a été mis là par les Forces vives. Nous n’avons pas eu encore d’accrochage avec le PM. Des rumeurs, il y en a toujours en Guinée. Il est évident que le retard mis dans la formation du gouvernement donne lieu à toutes sortes de rumeurs dans la ville. Mais jusqu’au moment où je vous parle, il n’y a pas de problème entre les Forces vives et le PM. S’il y avait des problèmes, on l’aurait fait savoir. Mais pour le moment, Dieu merci. Nous souhaitons que tout se passe bien et que le PM qui est notre incarnation puisse conduire cette transition vers des objectifs nobles à savoir l’achèvement de la transition par des élections démocratiques et crédibles, acceptées par tous les Guinéens. La Guinée pourra ainsi entrer pour une fois dans l’histoire. Et je crois que ce boulevard est ouvert aujourd’hui pour les Guinéens. Cette génération a la lourde responsabilité et même la chance d’emprunter ce boulevard de la liberté, de la restauration de la démocratie en Guinée. Et c’est sur ce boulevard-là que nous voulons engager et le PM et le président de la Transition, les Forces vives et tout le peuple de Guinée.
Que répondez-vous à ceux qui estiment que la nomination aussi de Hadja Rabiatou Serah Diallo à la tête du Conseil National de Transition viole les accords de Ouaga?
Je crois que tous les Guinéens se réjouissent du choix porté sur Hadja Rabiatou Serah Diallo pour prendre la tête du CNT. Au sein des Forces vives, nous sommes particulièrement ravis du choix porté sur Hadja Rabiatou Serah Diallo pour présider le CNT. C’est une grande victoire pour les Forces vives d’avoir la tête du gouvernement et la tête du CNT. L’on n’espérait pas tant. Alors, il ne faudrait pas qu’on rentre dans les détails de considérations qui n’ont vraiment pas de place ici. A côté de la déclaration de Ouaga, nous avons vu sur le terrain quelle est la réalité, qu’est-ce que nous pouvons faire en Guinée. Et nous avons tenu compte de tous les problèmes. Les problèmes d’efficacité, les problèmes politiques, les problèmes sociologiques, les problèmes religieux, les problèmes de genre. Et nous avons tenu compte de tout ça pour dire qu’elle méritait d’occuper ce poste. Nous lui faisons confiance. Aujourd’hui, vous avez vu que la nouvelle a été largement et favorablement accueillie lorsque nous en avons rendu compte à l’Assemblée.
Il semble aussi que le PM est hostile à l’Accord de politique global qui lui a été remis par les Forces vives ?
Je ne peux pas commenter ce que vous dites. Nous lui avons remis le projet d’Accord politique global. Nous avons également transmis une copie au président de la Transition, le général Sékouba Konaté, ainsi qu’au Facilitateur et à la CEDEAO. Nous attendons maintenant qu’on se mette autour d’une table. Je ne vois pas pourquoi le PM serait contre ce projet d’Accord politique global. Parce que cet accord ne fait que reprendre à grands traits la déclaration de Ouagadougou. Nous voulons donner un contenu plus légal et rendre l’accord plus inclusif en mettant les Forces vives au sein de cette déclaration qui a été faite à Ouaga, et à laquelle nous n’avons pas pris part. Nous voulons un accord qui engage tout le monde, aussi bien le président, le PM et les Forces vives et tous les acteurs qui vont jouer un rôle pour le succès de cette transition.
Est-ce qu’une éventuelle candidature du PM pour les futures élections générales en Guinée est négociable au sein des Forces vives ?
Il est évident, et cela doit être une constante, que la candidature d’un PM de transition telle que définie dans la feuille de route et selon les accords, n’est pas négociable. En acceptant le poste de PM, on renonce automatiquement à la candidature. Je ne m’adresse à personne, je m’adresse au texte, je me réfère au texte qui a été élaboré. Je crois que pour garantir la crédibilité de la transition, il faudrait que le chef du gouvernement de transition soit neutre, qu’il ne soit pas candidat. Je ne pense pas que cette question soit négociable.
Propos recueillis par Samory Keita L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
|