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Aux divergences de vues des deux alliances à propos de la présidence de la Ceni s’ajoute une pétition au sein même de la CENI pour bannir des ‘’sujets à controverse’’ que sont Louncény Camara, Mame Camara et Amadou Oury Baldé. L’objectif est de trouver un président consensuel afin de garantir une certaine indépendance de la CENI. Pendant ce temps, l’Arc-en-ciel se raidit et soutient de toutes ses forces l’actuel président de la CENI Louncény Camara, lequel n’exclut d’ailleurs pas un éventuel vote pour élire une nouvelle tête. Tout sauf cet homme ‘’mal élu’’, rétorque l’Alliance Cellou Dalein Président. Jusqu’à quand donc le sursis pour l’actuel président de la CENI ?
La question mérite d’être posée à l’heure même où Mgr David Gomez, alors nommé membre de l’institution est sujet à toutes les polémiques. La pétition gagne en ampleur. Le collectif qui constituera la CENI sera de fait le dernier rempart d’une élection crédible et débarrassée de toutes suspicions. En attendant, nul ne sait quand finiront toutes ces polémiques. Seule certitude, Louncény Camara dit être victime « d’un délit de faciès », exacerbant de facto le clivage ethnique que certains tentent de corriger. Ceci a fini par être admis. L’autre bourde qui alimente actuellement les débats c’est l’argument selon lequel, de l’avis de Louncény Camara, « un président de la CENI est obligé d’être juste et équitable. Il ne peut pas voler car les partis politiques sont représentés à tous les niveaux. On rassemble des PV fournis par les partis politiques et on fait le total, c’est tout ! ». Cette déclaration faite devant la presse tout dernièrement, suscite de nombreuses interrogations dans le milieu : Pourquoi alors Hadja Mame Camara ne peut-elle pas être intérimaire ? Pourquoi Ben Sékou Sylla n’a-t-il pas eu de soutien de la part de son ex-rival ?
En répondant à ces seules questions, on comprendra aisément que la CENI est en profonde déconfiture. Et chacun pour sauver sa face, joue sur la fibre ethnique. Grosse erreur d’appréciation. Car, en lieu et place, on aurait pu bien respecter les lois et le règlement intérieur de l’institution, au lieu de passer tout le temps à dire que ‘’je ne veux pas’’, ‘’je ne prends pas’’. Déjà, les positions des deux finalistes sont largement tranchées. Pour les uns, c’est Louncény ou rien. Pour les autres, pas absolument Mame Camara, mais une personnalité neutre et consensuelle. Pour Sidya Touré, coordonnateur de l’alliance Cellou Dalein Président : « En attendant la désignation de cette personnalité consensuelle, l’Alliance exige qu’à titre conservatoire, Mme Mame Camara, Vice-présidente, soit maintenue comme Présidente par intérim de la CENI ». Ce qui est sûr, rétorque François Fall de l’Arc-en-ciel, « Seule la CENI peut décider de l’élection d’un nouveau président ». On attend donc de voir. Surtout que les deux finalistes cherchent à dissiper les ardeurs. Pourvu qu’ils soient sincères et fassent preuve d’un charisme d’hommes d’Etat en se mettant au-dessus des mesquineries égoïstes.
TFS pour www.guineeactu.com
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