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À moins d’une semaine de l’expiration de l’ultimatum lancé par l’Intercentrale au Gouvernement, nous avons rencontré M. Louis M’Bemba Soumah, secrétaire général du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), affilié à l’USTG, qui a bien voulu nous faire l’état des lieux des travaux du Comité de veille sur les accords de janvier 2007. Le Démocrate: Que peut-on retenir des travaux menés par le Comité de veille ? Louis M’bemba Soumah : Je crois que les résultats sont satisfaisants et nous sommes presque vers la fin. Nous sommes en train d’apprêter la synthèse. Ce que je peux dire est que les travaux ont été bien menés, parce que nous avons eu à faire recours aux ministres intéressés chaque fois que c’était nécessaire. Ils venaient et ensemble nous essayions de trouver la solution. Je crois qu’après cette synthèse, si réellement il y a la bonne foi de l’autre côté, s’ils veulent que les choses bougent, je crois qu’en principe les résultats seront positifs. Nous sommes décidés à aller jusqu’au bout parce que la grève n’est que suspendue. Et si les résultats ne sont pas positifs, là la grève serait inévitable. Qu’en est-il de la situation des enseignants contractuels qui menaçaient de déclencher une grève pour leur prise en charge ? Les travaux sur la situation des contractuels continuent. Nous avons même mis en place une commission qui est en train de travailler là dessus. Le problème des contractuels est très délicat, parce qu’on a inclus plusieurs fictifs. Certains départements sont incriminés tels que les Finances, l’Education et la Fonction publique qui oeuvrent de magouille de telle sorte qu’ils ont inclus des intrus comme des contractuels qui ne sont pas intellectuels et qui ne méritent pas d’être enseignants. Nous sommes en train de combattre ce nombre pléthorique. Nous sommes sur le tri pour pouvoir repérer les vrais des faux. Mais, par contre, il y a un groupuscule de contractuels qui est en train de jouer aux trouble-fête, ils sont en train de pousser d’autres à la grève ce qui n’est pas normal. S’il y a des problèmes, ils doivent venir nous rencontrer en tant que leur syndicat. Ils n’ont aucun droit à prétendre déclencher une grève. Un an après l’installation de l’équipe Kouyaté, quel bilan faites vous de ses actions ? C’est un bilan très mitigé parce que, ce qu’on attendait d’eux n’a pas vu le jour. Je l’ai toujours dit et répété, ce bilan est très mitigé. A mon avis, il est beaucoup plus négatif que positif. Les populations attendaient beaucoup d’eux et surtout les choses les plus élémentaires telles que les denrées alimentaires, l’eau, l’électricité, le transport, la communication. Avec tout cela, je répète encore que le résultat est très très mitigé. Donc le résultat n’est pas réellement ce que le peuple voulait d’eux, correspondant à ses attentes. Avez-vous une autre solution à proposer, puisque celle qui consistait à installer un gouvernement de large consensus dirigé par Lansana Kouyaté semble avoir échoué ? Pour la problématique de flambée des prix nous avons eu à discuter lors des travaux du Comité de veille. Le ministre du Commerce a été invité, on lui a demandé de faire l’impossible pour que les prix diminuent. On lui a dit que le pauvre Guinéen est incapable d’acheter un sac de riz à 150 mille francs guinéens ou plus, compte tenu de la situation qui prévaut, les salaires sont maigres, les gens n’ont rien. Donc il doit jouer son rôle et trouver une solution qui puisse aller dans le sens du désir des populations. Et s’il ne le peut pas, mon frère, il serait bien mieux pour lui de rendre son manteau. Avec le temps qui court, nous constatons un tiraillement entre la CNTG et l’USTG. Qu’en est-il réellement ? Ceux qui pensent autrement se trompent. Ce n’est pas un problème de fond qui nous oppose, c’est un problème de syndicalisation qui est entre la CNTG et l’USTG. A l’heure actuelle, la plupart des travailleurs savent ce qu’ils font. Ils sont conscients maintenant, ils ont ouvert les yeux, ils savent qui est qui et qui fait quoi et qui peut quoi. Maintenant, on ne peut plus les berner. Et comme le travailleur est libre de choisir son syndicat, donc ils sont en train de venir vers l’USTG. C’est ce problème qui remue la CNTG parce qu’ils sont en train de perdre tous leurs adhérents qui viennent vers l’USTG. Donc ils sont en train de réunir tous les moyens pour pouvoir contrer cela, alors que les travailleurs sont libres d’aller vers le syndicat de leur choix. Ce n’est pas un problème mineur, mais il n’est pas du tout celui de fond. En tant que partenaire social du gouvernement, quelle lecture faites-vous des rapports d’audits déjà disponibles ? Nous avons eu à en discuter lors de nos travaux au Comité de veille. Le ministre qui a fait ces audits était présent. On lui a intimé de faire publier ces audits. Les audits doivent être mis à la disposition du peuple de Guinée. Le peuple doit savoir qui est qui et qui a fait quoi et qui est voleur et qui ne l’est pas. Avec la publication des audits, les responsabilités seront situées. Les coupables seront traduits en justice et ils seront punis conformément à la loi pour qu’il n’y ait plus jamais ça dans notre pays. Propos recueillis par Aly Badara Condé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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