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Ce n’est un secret pour personne, l’ethnocentrisme est devenu monnaie courante en Guinée… Sur le net, il est hallucinant de voir à quel point l’ignoble pratique s’est répandue. Même chez les éditeurs on-line les plus sérieux l’on ne déroge plus à ce qui semble être devenu la règle à la mode. Aujourd’hui être guinéen et revendiquer l’ignoble ethnocentrisme ne gêne même plus. Si ce n’est d’ailleurs pas ce à quoi la notion de ‘’Guineeanité’’ renvoie exclusivement en ce moment. L’anomalie c’est plutôt de ne pas verser dans l’infâme pratique. Cruel reflet symptomatique des traumatismes du passé et des pérégrinations actuelles de cette Guinée actuelle qui se cherche. A Conakry , l’ethnique, qui croule déjà sous le poids d’un quotidien des plus difficiles , la promiscuité et le malaise sociale nés des profonds clivages politico-ethniques conséquence directe de cette maudite élection présidentielle, sont visibles comme le nez au milieu de la figure . Pire, les gens se cessent de se regarder en chien de faïence. Le délit de faciès est permis : On confond ethnie et appartenance politique, et vice versa, patronyme et affinité politique. Tout est désormais ethnicisé et réduit à ce seul dualisme : les autres et nous, eux les méchants qui ont tort, nous les bons qui avons raison. Partout l’ethnie, l’ethnie et encore l’ethnie ….Sans jamais la moindre humanité, la moindre religiosité que pourtant nous revendiquons fermement.
A l’image d’un feu de brousse qu’on a laissé faire, les ravages de l’ethnocentrisme se sont propagés à mille lieux de la ronde - jusque dans la diaspora guinéenne de par le monde- impuissante désormais à empêcher le schisme entre guinéens comme au pays. Face à l’ampleur du phénomène l’élite du pays semble désarmée. Les quelques rares qui s’évertuent à prêcher la bonne parole sont voués aux gémonies. Les patriarches, d’habitude médiateurs sociaux écoutés, s’ils n’ont pas contribués par leur parti pris public à jeter de l’huile sur le feu, sont désarçonnés. La communauté internationale (ONU, France, USA, Union Africaine) une fois la fameuse présidentielle terminée, nous a abandonnés à nous-mêmes sans se préoccuper de la suite. Il n’y a plus de régulateurs sociaux .Tous engloutis au passage par le tsunami ethnocentrique guinéen. L’ethnocentrisme version guinéenne, comme la dernière crise financière planétaire, est devenue systémique … Inouïe ! A cette allure –là, si l’on ne tient garde, l’abîme n’est pas loin.
Entre la stigmatisation d’une composante importante de la nation , la manipulation des uns par ci , l’épée de Damoclès tendue sur la tête des autres par-là, le plébiscite des fonctionnaires de l’Etat(cadres ,militaires) fort décriés sous les précédents gouvernements stériles et sa gestion fort partiale de l’Etat , ce n’est pas AC, le premier responsable du pays, qui donne l’exemple.
Colonisation ou pas, ethnicisme de la présidentielle ou pas. Le fait est que nous (toutes les ethnies de la Guinée) sommes appelés aujourd’hui à vivre dans le même pays, à avoir le même destin. Qu’on le veuille ou pas .Nous ne l’avons pas choisi. A cela, on y peut rien.
Il nous faut faire un choix….
Dans leur histoire les peuples sont amenés à un moment donné à opérer des choix déterminants pour la suite. Le nôtre est cette époque charnière que nous vivons actuellement. Ou nous dépassons l’ethnie pour nous en sortir, ou nous ne le faisons pas…
L’Afrique du Sud, le Rwanda cités aujourd’hui en modèle, après un passé des plus douloureux, l’ont fait.
Notre sol et sous-sol regorgent d’assez de matières premières pour notre développement. Nous avons suffisamment de cadres compétents et intègres dans tous les domaines pour faire décoller la Guinée. Mais l’ethnie est le seul obstacle .Une Guinée libre et démocratique, prospère et desethnicisée est possible. Il suffit juste de le vouloir. « La force motrice plus puissante que l'électricité, la vapeur et l'énergie atomique, c'est la volonté. » (Albert Einstein)
La ligne de démarcation entre le bien et le mal étant clairement définie sans ambiguïté, avec les voies et moyens qui y mènent .A nous donc d’effectuer le choix cornélien, à nous de trancher en toute connaissance de cause. C’est sans dilemme. Et l’histoire, sans appel, jugera.
Il nous faut faire vite ce choix. Il est temps .Nous devons choisir. « Le temps n’attend pas »…
Oury Baldé
www.guineeactu.com
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