 |
Mesdames, Messieurs,
La Guinée d’aujourd’hui se trouve à un tournant capital de son histoire. Notre pays a connu le raté avec le rendez-vous de l’histoire de 1958, dont nous payons encore aujourd’hui les frais. Une seconde occasion se présente sur les décombres du pouvoir de Dadis Camara avec l’avènement du Général Sékouba Konaté qui a déclaré dès le début que son but en tant que Président de la transition était d’organiser des élections le plus tôt possible et de partir. La voie était donc libre aux responsables et hommes politiques que vous êtes pour se concerter et organiser dans les délais requis de cette transition un processus électoral où la compétition est la règle première de la politique et où l’adhésion libre à un programme ou à un homme départagera les différents candidats à l’issue d’un vote libre et démocratique.
Cette opportunité historique qui vous est offerte, au lieu de la saisir avec les deux bras, vous êtes là à flatter votre ego et votre orgueil personnel en mettant en dernière position de vos préoccupations la place qu’occupent le Guinéen et la Guinée. Il est vrai, que ce vote qui est le premier « libre et démocratique » ne pourra l’être sans difficultés et sans problèmes dans son organisation dans un pays comme le nôtre.
En amont de ces problèmes qui peuvent être surmontés et corrigés dans la plus grande simplicité, vous en faites un drame, en compliquant tout, en réveillant les vieux démons de l’ethnocentrisme. Le premier tour a eu lieu depuis plus de 3 mois, le second tour vient seulement d’être programmé : du jamais vu dans aucun pays au monde. Au lieu de vous atteler à aller aux urnes avec une compétition digne de ce nom, vous vous tirez sur les pattes, fabriquez des combines de tout genre au niveau étatique avec la complicité de responsables et de politiques, déployant un trésor d’énergie pour bloquer le processus électoral pourtant sensé ramener le pays sur de nouvelles voies, à tourner les pages sombres de notre histoire, à se réconcilier pour affronter ensembles les immenses défis de ce nouveau siècle.
Mesdames, Messieurs, avez-vous pensé au peuple guinéen , à l’ignorance dans laquelle il baigne, à sa jeunesse sacrifiée, à la place de la Guinée, à notre retard par rapport juste aux pays voisins avec tout le potentiel de ressources humaines et naturelles dont nous disposons ? Avez-vous pensé à ces deux jeunes adolescents, Fodé et Yanguine morts congelés dans le train d’atterrissage d’un avion reliant Conakry et à l’Europe en 1999, pour simplement fuir la misère et l’ignorance ?
De grâce merci d’analyser en profondeur et de réfléchir à ces importantes questions avant de mettre le feu au pays et de nous faire subir l’enfer sur terre !
Sachez qu’en tant que responsables du pays ou supposé tel, vous serez tenu comptable devant l’histoire et devant le peuple de Guinée de sa misère, de son ignorance et de sa pauvreté voulues directement ou indirectement par vous.
Le monde actuel, n’est pas celui bipolarisé des années 60 où il fallait juste prendre une position et obtenir tout ce que l’on voulait ; il a évolué et ce que l’on appelle la communauté internationale, ou l’occident, est beaucoup plus préoccupée aujourd’hui par ses propres problèmes et les fléaux que sont la menace terroriste, les crises de tout genres et les problèmes de chômage. Cela fait que les soucis de la Guinée ne sont pas une priorité. Avant qu’ils daignent nous aider, il faudra qu’ils trouvent du répondant, une réelle volonté d’améliorer le sort des citoyens avec des résultats concrètement visibles dans le pays. Ce qui pour le moment n’est pas le cas en Guinée. Pourtant on ne vous demande pas la lune, juste le minimum pour une vie normale, décente avec un minimum de bien-être.
Thierno Rampnoux Diallo, Paris – France
www.guineeactu.com
|
 |