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Mesdames et Messieurs, le destin de notre pays est désormais dans vos mains.
La Diaspora guinéenne est particulièrement victime d’une escroquerie qui ne dit pas son nom. Cette diaspora absente du pays natal depuis plusieurs années, est la première victime des chefs de quartiers dans les communes urbaines de Conakry. Elle reste malgré tout, la première caisse de sécurité sociale des familles. Elle est sollicitée régulièrement pour envoyer de l’argent très vite parce qu’un membre de la famille est malade, que le champ collectif a brûlé, qu’il n’y a pas un seul grain de riz à mettre sur la langue, à cause des sacrifices de décès ou de baptême, des mariages des aînés, de la finition de la construction d’un lieu de culte pour ne citer que ceux-ci.
Cependant, le véritable ennemi de la diaspora guinéenne aujourd’hui, et particulièrement dans la région de Conakry toutes communes confondues, est la majorité des chefs de quartier. Ce dispositif est malsain, inapproprié et délictuel. Le chef de quartier est une force pathogène. Malgré tous les dispositifs juridiques sur le papier qui lui est remis par les autorités, il signe et légalise un même document d’un même terrain pour deux ou plusieurs personnes. Il soutient des escrocs vendeurs de parcelles contre le détenteur des documents officiels. Ne travaillant souvent pas, il se pavane dans de vieilles voitures qui sont les fruits de l’arnaque. Pour ce qui concerne la diaspora, sachant son séjour très limité : reprise du travail oblige, il émet un arrêt des travaux sur leurs chantiers ce qui fait que peu d’entre eux, réussissent à achever leur petit logement qui est une condition sine qua non d’un retour au bercail.
Les chefs de quartiers surtout de la commune de Ratoma sont excellents en la matière. La brigade spéciale de la gendarmerie sise à Colèyah risque de tomber dans ces dérives si une justice claire ne dénonce pas cette gangrène.
Je m’élève contre cette situation qui provoque des crimes dans notre pays.
Les conflits domaniaux sont aujourd’hui le lieu de manifestation de toute la délinquance en Guinée. Ce pays est le seul de la sous région où même le titre foncier ne vous met pas à l’abri des voyous et des chefs de quartier indélicats. A mon sens, il faut des fonctionnaires désormais pour assurer cette fonction qui en fait n’était qu’un outil de propagande politique sous la présidence du général CONTE.
Le redressement de la Guinée passe aussi par l’apprentissage du respect du bien d’autrui.
Les chefs de Quartier majoritairement dans les communes de Conakry constituent une poche de résistance à la loi. A défaut de les remplacer par des fonctionnaires assermentés, donnez-leur, alors, un salaire mais n’entretenez plus les conditions du vol et de l’escroquerie qui sont des sources de conflits dont nous n’avons plus besoin.
Je n’ai aucun mandat pour parler au nom de la diaspora mais, ma mère ne m’a-t-elle pas dit ceci : « C’est en pensant à son mal de ventre que l’on croit à celui de l’autre, puisqu’aucune plaie n’est visible de l’extérieur ».
Moussa KANTE
www.guineeactu.com
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