jeudi 6 mars 2008
Lettre ouverte aux journalistes guinéens

Chers confrères,

Je suis Georges Lamine Sayon Tolno, juriste privatiste de formation. J’exerce depuis le 28 mai 2007 la profession d’animateur à la Radio Nostalgie de Guinée où j’animais jusqu’au 27 février 2008 une émission de droit. L’idée d’une telle tribune est venue de ma volonté d’assister, d’aider les personnes en détresse, vue l’impérieuse nécessité de protéger et promouvoir la justice, l’Etat de droit, la démocratie et les droits de l’Homme en Guinée.

J’ai été victime d’un licenciement abusif sans motif réel et sérieux. Voici les faits :  J’ai reçu le mercredi 27 février 2008 à 15 heures M. Sékou Koulibaly. Ce dernier était un ressortissant guinéen vivant sur le sol ivoirien et qui gagna au PMU une somme colossale de 59.900.000 (cinquante neuf millions neuf cents milles) CFA. A cause de cette fortune, il a été victime d’escroquerie et de tentative d’assassinat. Monsieur Sékou Koulibaly aurait réussi à s’échapper avec un chèque de 19.000.000 (dix neuf millions) CFA. De retour au pays,  avec le temps, le Tribunal de Première Instance de Dixinn a rendu un jugement no 12/du8 juin 2007, le condamnant, lui, la victime, au paiement d’une somme 9.000.000 (neuf millions) CFA au profit d’un certain Thierno Bah, au motif qu’il aurait perçu les 19.000.000 (dix neuf millions) CFA qui lui restaient dans une banque en Côte-d’Ivoire. D’où sa colère pour monter au créneau afin de dénoncer le jugement rendu contre lui sans base juridique et légale.

Je voudrais, toutefois, préciser qu’avant de recevoir Monsieur Sékou Koulibaly, je m’étais rendu ce mercredi 27 février 2008 au Tribunal de Première Instance de Dixinn pour écouter la version des juges. Madame Lala Kéïta n’était pas sur les lieux à 11 heures, tandis que Madame Mahawatta, l’une des deux personnes qui composaient le tribunal m’a reçu à peine. J’y ai laissé avec eux mes coordonnées pour prendre contact avec moi avant l’émission. Mais je n’ai reçu aucun appel. Cependant, le même mercredi 27 février, à 14 H 57, lors d’une conversation, maître Saïdouba Kissing Camara, président de la chambre nationale des Huissiers de justice de Guinée, m’avait sérieusement et brutalement menacé au téléphone dans le cas où je citerais son nom dans l’émission. C’est avec courage donc que j’ai reçu Sékou Koulibaly. Il est le dernier invité que les Guinéens ont entendu dans cette émission qui a été interrompue avant l’heure sur ordre du Directeur Général de la Radio Nostalgie.

Le lendemain, 28 févrrier 2008, j’apprends à la radio (que j’ai servie loyalement) que l’émission « votre droit » est supprimée et que son animateur que je suis est exclu de son personnel.

Ce comportement est la preuve tangible que le journalisme dans notre pays est une profession précaire et qu’il est aujourd’hui d’une nécessité vitale que les Hommes de média s’unissent pour braver non seulement cette politique, mais aussi mettre sur pied toute une série de solutions aux problèmes du médium. Permettez-moi donc, mes chers confrères, de vous dire qu’à Nostalgie, il n’y a jamais eu de salaire pour ceux qui y travaillent. Il y a des indemnités de transport. Mais pas de salaire, pas de contrat écrit, pas de sécurité sociale, donc pas d’avenir. C’est Dieu qui paie disait un des confrères qui travaille pour cette radio. On me renvoie à travers une note circulaire lue à la radio et on refuse de me remettre une copie de cette note. Pire un mandat d’arrêt est décerné à mon encontre pour le fait d’avoir agi dans l’exercice de mes fonctions ; d’autant plus que je n’ai posé que des questions comme tout bon animateur. 

Chers confrères, j’étais en possession de documents ultra confidentiels compromettant des juges au plus haut niveau ainsi que des auxiliaires de justice ; des documents qui mettent également en cause les plus hautes autorités du Ministère de la Justice, allant jusqu’à la présidence de la République. C’est pour éviter que le Public en soit informé et que plusieurs cadres ne soient dévoilés que l’émission a été interrompue et que j’ai été exclu du personnel en plus d’un mandat d’arrêt avec un seul objectif : me faire arrêter et faire taire sans que le Conseil National de la Communication ne soit saisi.

Si la faute lourde qu’on me reproche est fondée et s’il y a l’honnêteté dans la démarche de la direction de la radio Nostalgie, je souhaiterais que l’émission du 27 février 2008 avec Monsieur Sékou Koulibaly soit rediffusée ou gravée sur Cd et que copie soit remise au Conseil National de la Communication et aux autorités compétentes afin qu’on puisse y déceler. En tout état de cause, ces documents confidentiels qui compromettent certains hauts cadres ont été remis aux Directeurs de Publication des journaux de la place avec preuve à l’appui. Affaire à suivre.

Georges Lamine Sayon Tolno

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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