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Mes sœurs et frères
- Je me félicite personnellement d’être de votre combat qui est le mien,
- Je m’incline pieusement devant l’âme de toutes et de tous les Guinéens qui sont tombés lors de nos multiples luttes pour la liberté le bien être et la démocratie.
- J’exprime toute ma compassion pour toutes et tous les Guinéens meurtris dans leur chaire qui sont entre la vie et la mort dans les hôpitaux de Conakry. Ma pensé va aussi à ceux qui souffrent des effets collatéraux de ce 28 septembre noir qui forcément vient donner une double lecture de cette date à notre mémoire collective.
- Enfin, j’exprime ici ma colère et ma rage contre tout ceux qui ce jour et à d’autres moments, ont touché une seule Guinéenne dans son humilité, dans son intégrité physique, morale et dans toute sa dimension féminine.
Mes sœurs et frères,
Depuis 50 ans, notre pays a souvent été endeuillé par certains de ses filles et fils au nom de plusieurs raisons avouées ou non avouées. Aujourd’hui mon constat est sans appel : Chaque fois que le peuple de Guinée s’est soulevé contre le despotisme, l’autocratie, l’aventurisme, la dictature, la gabegie financière ou simplement la misère qui s’exprime par la faim, le manque d’eau et d’électricité ; chaque fois vous dis-je que ce peuple a cru normal de se battre contre ces crimes précités, il a été réprimé dans le sang et dans l’humiliation collective.
Le 28 septembre 2009 n’a fait que rajouter une graine au long chapelet de notre cortège de misère et de souffrance.
Pour une fois, comme un seul homme, les partis politiques, les syndicats et la société civile ont unanimement demandé à la communauté internationale de venir nous aider à mettre fin au règne de l’impunité en Guinée. Notre cri a été entendu et c’est justement pour cette raison que la CEDEAO a désigné un médiateur en la personne de président Blaise Compaoré pour servir de facilitateur dans la crise qui oppose les Guinéens. C’est à mon avis une occasion majeure pour les partis politiques de tourner la page de leur querelle intestine pour bâtir ensemble un projet de société pour une Guinée nouvelle. Une Guinée débarrassée du clientélisme et de l’ethnocentrisme. Malheureusement je m’aperçois que les vieux démons ont très longue vie.
L’éviction de Lanssana KOUYATE de la rencontre du mardi 3 novembre de la salle des négociations de paix en Guinée, est une aberration. Acteur infatigable du combat à la recherche de la cohésion sociale sur un plan international, cette démarche des forces vives me laisse perplexe. Comment avez-vous accepté de vous passer de l’expérience d’un homme qui pendant plus de 17 ans de sa vie n’a œuvré que pour la recherche de la paix dans le monde ? Ne voulant point dire qu’il est supérieur à tous les autres qui non pas été reçus, néanmoins, je tiens à préciser que l’égalité n’exclut pas le mérite. Dès les premières minutes qui ont heurté notre sensibilité collective, Lansana KOUYATE est venu, non pas rejoindre les forces vives mais apporter sa contribution sur tous les plans à la lutte commune. Président du P.E.D.N., il a immédiatement donné ordre à toutes ses fédérations dans le monde entier de prendre activement part à cette lutte qui est la nôtre. Depuis le déclenchement de ce mouvement populaire, le P.E.D.N a été de tous les combats. C’est insupportable de prêter des intentions malveillantes à son leader.
Le crime de Lansana KOUYATE, c’est sa grande maturité politique. Le temps et l’expérience l‘ont forgé et lui ont appris que seul le dialogue et la négociation permettent aux nations de se construire sans passer par la guerre civile et identitaire. Lanssana KOUYATE, comme tous les leaders d’opinion a des ambitions. Mais il exclut de se retrouver à la tête d’un pays fantôme détruit par l’imbécilité humaine pour des ambitions personnelles inavouées. Il croit profondément à la vertu du dialogue, c’est peut être ce qui fait que certains ne le comprennent pas assez.
J’invite chacune et chacun à faire montre de patriotisme et de ne pas donner raison à ce dicton qui dit, je cite : « En politique, il n’y a pas d’adversaires, il n’y a que des obstacles ».
Lansana KOUYATE, rassurez-vous n’est pas l’obstacle, il est simplement un loyal partenaire pour l’émergence d’une Guinée unie contre toutes les dérives que nous avons jusqu’ici connues.
Paris le 6 novembre 2009
Moussa KANTE
www.guineeactu.com
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