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Monsieur l’Ambassadeur Je viens attirer votre attention sur une préoccupation qui concerne plus d’un étudiant guinéen en France. En effet, dans le cadre du Programme Campus, site d’inscription des étudiants voulant se rendre en France pour la poursuite de leurs études, un montant de 5.500€ environ a été demandé à chaque candidat. Ce justificatif de Ressources a été viré dans un compte bloqué dans diverses banques guinéennes : BICIGUI, Société Générale, Ecobank, UIBG (Union Internationale des Banques en Guinée). La majeure partie de ces sociétés bancaires sont des filiales de banques étrangères : françaises notamment. Le dépôt du montant sus-mentionné a nécessité le paiement d’un montant minimum de 2.000.000 de francs guinéens. Environ 400€. Ces différents montants n’incluent pas les frais de dossiers qui s’élèvent à 75€. S’y ajoutent également les frais de visa d’un équivalent de 50€ qui sont versés au Consulat. Aux différents montants s’ajoutent, tout naturellement, pour les candidats, les frais de passeport et autres démarches. Ce dernier aspect du problème ne relève pas, bien entendu, de votre ressort. Mais, vous êtes bien placé pour savoir que le prix des passeports grimpe à l’orée de toutes inscriptions et se négocie à la tête du client. Cela rend d’autant plus difficile la situation des postulants et de leurs familles. Les répercussions sur le nombre d’admis s’en ressent, tout naturellement. Cependant, les choses ne se limitent pas à l’aspect administratif et financier. Une fois en France, l’étudiant doit vivre. Pour ne pas dire survivre. Vous comprendrez, Excellence, les raisons de l’emploi de ce dernier infinitif. Les banques nommées, détentrices des ressources des étudiants, ont, d’après mes informations, un contrat de virement de 457€. C’est à ce niveau que les complications commencent. Un certain nombre des banques imposent à toute famille désirant envoyer ledit montant à son enfant en France, un versement comptant de 400.000 francs guinéens. Environ 80€ avant toute opération. Si la famille ne se présentait pas, les banques concernées n’hésitent pas d’appeler pour exiger le versement en lieu et à date précis. Au cas contraire, l’étudiant est condamné à attendre et à se débrouiller ici en France. La BICIGUI, pour ne pas la nommer, est, d’après mes sources, l’unique banque qui procède de la sorte. A ce rythme, les familles devront débourser 4.800.000 francs guinéens par an. Si toutefois la méthode perdurait, les étudiants suspendus au virement en provenance de ladite banque, se verront dans l’incapacité de poursuivre leurs études. Beaucoup de familles exsangues ont déjà prévenu leurs enfants qu’elles sont au point de renoncer à leur envoyer leur argent. Cela reviendrait à dire que celui-ci resterait ainsi bloqué à la BICIGUI. Une telle probabilité pourrait d’autant plus se produire que cette banque refuse tout transfert de compte vers les autres qui, apparemment, ne procèdent pas comme elle. , pour ne pas la nommer, est, d’après mes sources, l’unique banque qui procède de la sorte. A ce rythme, les familles devront débourser 4.800.000 francs guinéens par an. Si toutefois la méthode perdurait, les étudiants suspendus au virement en provenance de ladite banque, se verront dans l’incapacité de poursuivre leurs études. Beaucoup de familles exsangues ont déjà prévenu leurs enfants qu’elles sont au point de renoncer à leur envoyer leur argent. Cela reviendrait à dire que celui-ci resterait ainsi bloqué à la BICIGUI. Une telle probabilité pourrait d’autant plus se produire que cette banque refuse tout transfert de compte vers les autres qui, apparemment, ne procèdent pas comme elle. Enfin, sachez, Excellence, qu’une fois l’argent viré pour la France, 20€ dit d’Echange entre banques et 16€ de frais de virement sont prélevés. L’équation est simple : des 457€, il ne reste plus que 421€ pour un mois de cours, de courses, de repas et, bien sûr, de loyer et autres imprévus. Excellence l’Ambassadeur, je ne suis pas sans savoir qu’un certain nombre des éléments soulevés peuvent échapper au domaine diplomatique proprement dit. Néanmoins, compte- tenu du fait que c’est le Service de la Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France (SCAC) qui a dû négocier avec le Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche Scientifique, je me vois, au nom des étudiants concernés, dans l’obligation de me tourner vers vous. La convention d’échanges d’étudiants entre la Guinée et la France concernant en tout premier lieu le Ministère de l’Education et l’Ambassade de France, je suis persuadé, Monsieur l’Ambassadeur, que vous mettrez tout ce qui est en votre pouvoir pour alléger les tracasseries évoquées. Je reste convaincu que vous ne ménagerez aucun effort et prendrez de votre temps pour vous mettre en rapport avec qui de droit afin de trouver une solution qui aille dans l’intérêt des étudiants et de leurs familles soumises à cette forme d’imposition. Veuillez, agréer, Excellence l’Ambassadeur, l’expression de mes sentiments distingués. Lamarana Petty Diallo, Professeur de Lettres en France
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