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Les signes ne trompent pas. Quand on observe les activités de Kouyaté et de son épouse qui n’est autre que la fille d’un des complices des persécutions perpétrées en Guinée sous l’ancien régime – son père est Lamine Condé, ancien ministre du Commerce puis gouverneur de la Banque Centrale et tuteur de Lansana Kouyaté sous Sékou Touré – on comprend clairement le jeu : on essaie de restaurer le régime des mamayas, des geôles et de l’ethnocentrisme institutionnalisé en Guinée. L’étape décisive de ce programme diabolique devrait être la réhabilitation du tyran. Ainsi, au lieu de s’atteler à sa mission officielle que tous les Guinéens attendaient de lui, le Premier ministre se livre à un jeu dangereux qui pourrait conduire notre pays au chaos. Car, nous sommes prêts à tout pour empêcher ou contrer toute tentative de réhabilitation du meurtrier de plus de 50'000 Guinéens. De fait, Kouyaté semble avoir été détourné de sa mission par des barons et héritiers du PDG réfugiés partout en Occident, après avoir prôné le communisme pendant un quart de siècle en Guinée. Investi Premier ministre, il a fait d’abord le tour du monde pour consulter ses maîtres qui lui ont tracé un programme leur permettant de reconquérir le pouvoir, en profitant de la faiblesse de Conté. Que ceux qui croient retrouver ce qu’ils n’ont pas pu arracher par les armes en 2000 se détrompent : nous n’allons pas l’accepter ! Sékou n’a pas fait que pendre et fusiller publiquement des hommes, des femmes et des enfants. Non seulement il a un bilan globalement négatif, mais aussi et pire, il n’a pas hésité à déclarer officiellement la guerre à une ethnie en Guinée, étant Président de la République. Même son meilleur et fidèle ami, André Lewin, a reconnu les crimes du dictateur dans une récente interview. Et, au cas où le Premier ministre et son clan ne l’auraient pas su ou l’auraient oublié, les discours anti-peuhls de leur Fama sont encore dans les archives du journal officiel Horoya (voir le N° 2232 par exemple). Qu’ils relisent surtout les discours du 9 août et du 22 août 1976 de l’ancien Président de la République ! Nous demandons au gouvernement actuel de comprendre que les temps ont changé. Si Sékou Touré a pu mener sa politique jusqu’au bout il y a un quart de siècle, vouloir réhabiliter ce criminel aujourd’hui pourrait même nous conduire à une guerre ouverte avec le clan des PDGistes. N’ayons plus peur des mots : nous serons prêts à réagir contre ce projet et faire respecter la mémoire de nos parents massacrés. Donc, toute répression de nos manifestations pacifiques contre ce projet, par le ministre Bo Keita, serait comprise comme la continuation des programmes d’extermination du PDG contre nos populations. Et, cette fois-ci, soyez sûrs que le peuple de Guinée ne restera pas bras croisés ! Alpha Sidoux Barry Rédacteur en chef de www.guineeactu.com
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