lundi 18 février 2008
Lettre ouverte à Cellou Dalein Diallo
Cellou Dalein Diallo

Monsieur,

Je viens, par la présente lettre ouverte, vous exprimer  mes idées face à votre engagement dans la vie politique guinéenne. J’avais voulu le faire lors de votre conférence de presse tenue à Manhattan. Mais les organisateurs de cette conférence nous ont refusé l’entrée, préférant donner la priorité à ceux qui étaient venus pour vanter vos qualités dans la démagogie la plus totale. C’est le cas de votre ex-compagnon de fortune l’ex-ministre de la sécurité pour ne citer que celui-ci.

Depuis votre nouvel réengagement dans la vie politique guinéenne, j’avoue que des pensées contradictoires et des suspicions légitimes s’entrechoquent dans ma tête, C’est pourquoi, je me fais le devoir de vous poser cette question qui me vient toujours à l’esprit :

Est-ce que votre nouvel réengagement dans la vie politique ne constitue pas un suicide politique ? Eu égard aux 5 faits qui sont :

1.)   que pendant 11 ans 6 mois vous étiez l’un des piliers les plus solides, l’un des hommes les plus consultés et  l’une des têtes les plus pensantes de cette mal gouvernance,

2.)   que vous tournez le dos à vos amis et à vos alliés d’hier, ceux qui vous ont tout donné (l’argent, l’honneur, la fortune, les biens matériels et immobiliers) et vous ont permis de vous affirmer sur le plan national et international, je veux dire le PUP et son leader le général Lansana Conté qui est encore au pouvoir. Et, vous vous tournez désormais vers les gens que vous combattiez,  les gens qui étaient vos adversaires politiques. Ceci ne constitue-t-il  pas un suicide politique ?

3.)   que vous êtes resté silencieux au moment le plus crucial de la vie des Guinéens, je veux dire au moment où l’armée nationale et les services de sécurité tiraient à bout portant sur les populations de Conakry et des villes de l’intérieur, sorties uniquement pour exprimer leur désarroi, leur misère et exiger de l’Etat des réformes adéquates ; vous savez  que des milliers de personnes ont payé de leur sang, que près de 200 personnes ont payé de leur vies le simple fait d’avoir voulu exprimer leur idées sur l’avenir de leur nation.
Pourtant, la loi fondamentale qui régit la constitution leur accorde le droit. Vous, vous êtes restez silencieux  alors que vous étiez en occident à l’abri de toute menace. Vous auriez pu bondir à CNN ou joindre d’autres chaînes de télévision ou chaînes de radios les plus regardées et les plus écoutées dans le monde, pour  exprimer votre désapprobation, votre préoccupation et votre démarcation de cette situation, apporter votre soutien et votre compassion aux différentes familles victimes et au peuple de Guinée  meurtri dans sa chair et dans son âme. Vous avez préféré le silence. Ce silence, ne conforte-t-il pas cet adage français qui dit « celui qui ne dit rien consent » ?
Si mes  souvenirs sont bons, vous vous êtes exprimé seulement après l’accalmie obtenue, grâce à la médiation de l’Union africaine suite au travail harassant, risquant et risqué des braves Guinéens ; je veux dire les correspondants de aminata.com, bouba.com,  kababachir, Kibarou.com etc. et des reporters sans frontières pour ne citer que ceux qui étaient dans les quartiers les plus chauds de Conakry, esquivaient les balles des criminels en quête des informations et des images. Grâce à leurs efforts et à la disponibilité des rédacteurs en chef et des fondateurs des ces sites qui se réveillaient à n’importe quel moment de la nuit pour mettre ces informations et ces images sur le web, le monde entier a bougé. Ce travail laborieux a permis au monde entier de voir le côté caché de cette dictature sanglante et pitoyable. Les mots me manque pour leur exprimer ma gratitude.

4.)   que les blessures de cette mal gouvernance dont vous étiez l’un des plus grands ténors, ne sont pas guéris, les plaies non encore cicatrisées.
A titre d’exemple le problème de Caporo-rail où vous tous vous aviez approuvé à l’unanimité en conseil des ministres de raser tout un quartier sans indemniser au préalable les victimes comme le dit la loi fondamentale dans son article 13.
Tous, vous avez  préféré jeter dans la rue plus de 120 000 personnes alors que les gouvernants que vous étiez n’étaient pas capables de construire une case pour un citoyen. Moi je suis une victime ; je venais à peine de terminer une maison après 5 ans des travaux. J’étais réduis à la case de départ et poussé à l’aventure; pourtant, j’avais mon arrêté  d’occupation signé de Dr. Bana Sidibé  et mon autorisation de construire.
Je refuse l’idée qui consiste à dire que vous, vous n’étiez pas d’accord avec la décision d’alors ; puisque quand on est pas d’accord avec une situation on exprime sa démarcation. Et la démarcation en matière de gouvernance c’est la démission comme l’ont fait des grands patriotes guinéens (Jean Claude Diallo et Lounsseny Fall) qui ont prouvé à la face du monde qu’ils ne sont pas prêts à accepter l’honneur et la fortune dans la misère des Guinéens.
Lounsseny Fall a jeté l’éponge vous avez tendu les deux bras, le résultat a été celui toujours réservé à ceux qui soutiennent les dictatures (le déshonneur et  l’humiliation) le prix que Elhadj  Boubacar Biro avait aussi payé.

5.)   qu’au lieu de se tourner vers les Leaders des grands partis politiques majoritaires tels que le professeur Alpha Condé du RPG, Bah Ousmane de l’UPR ou Jean Marie Dore pour ne citer que ceux-ci vous avez préféré vous unir à l’homme le plus imprévisible  de la politique guinéenne, l’un des plus grand victime de votre mal gouvernance.

Excellence, eu égard aux différents faits que je viens de citer, je pense que c’est ne pas le moment de se lancer dans la politique, de faire une tournée à travers le monde, pour demander à vos victimes de vous faire confiance et de vous soutenir. A moins que vous croyez que tous les Guinéens sont naïfs et leurs naïveté incurable.

Je vous demande de beaucoup réfléchir avant qu’il ne soit trop tard. Car, le jour où le plat de la honte est préparé, les hommes de dignité doivent s’abstenir de manger.

Quand des gens goûtent le miel ensemble, la dignité voudrait qu’ils se partagent la soupe du piment. Vous devez surtout éviter de conforter sur vous l’idée (erronée) que les autres ethnies ont sur le peuhl (foulè dianfanté nara).

Cher frère, si vous voyez une attitude incorrecte ou un langage malveillant, veuillez  m’excuser et les mettre au compte de l’imperfection inévitable de toute nature humaine.

J’ai voulu tout simplement vous ouvrir mon cœur, conférer à mes propos l’accent de sincérité  qui convient, pour ne pas être en désaccord avec ma conscience.

Je demande aux Guinéens et aux observateurs de la scène politique guinéenne d’apprécier mes opinions.

Mohamed Aly 56 Alias Caissier, New York

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Vos commentaires
MODYBHOYE, mardi 19 février 2008
UNE BONNE REFLEXION A MONSIEUR CELLOU[LE] DE NOUS ECCLAIRER LA DESSUS A VOS COMMENTAIRES MONSIEUR DIALLO,LE CHEMIN DE LA COCOTERAIT EST PLAIN D,EMBUCHES LE DOYEN BAH MAMADOU POURA T IL NOUS DONNER LA LUMIERE

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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