mercredi 28 janvier 2009
Lettre de démission de deux membres de la coordination des associations guinéennes de France (CAGF)

Chers compatriotes, n’étant plus en mesure de servir convenablement les associations membres de la CAFG, nous avons décidé de démissionner de notre fonction.

Voici la lettre de démission que nous avons adressée au président de la CAGF.

Bonne lecture.

 

 

                                                                                               Paris le 24 janvier 2009

Makanera Ibrahima Sory

7, allée du parc 77090 Collégien

Premier secrétaire chargé des relations extérieures              

     Et

Touré Fodé Abass

38, rue Hector Berlioz 93000 Bobigny

Premier secrétaire chargé des affaires sociales et de la solidarité    

 

 

 

Monsieur Cissé Campel

                                                                                   Président de la CAGF

                                                                                  2, Av Gabriel Péri        

                                                                                  93 380 Pierrefitte sur Seine

 

Objet : lettre de démission du bureau de la CAFG.

Monsieur le Président,

Un mandat d’élu étant une noble et lourde charge à la fois, il incombe aux élus de tout mettre en œuvre pour exécuter l’objet du mandat au mieux de leurs capacités. Bien que soumis à une simple obligation de moyen et non de résultat, un élu a au moins une obligation morale de se défaire de son mandat s’il s’estime incapable d’être à la hauteur de sa mission.

Malgré nos multiples tentatives d’instauration d’un fonctionnement normal de la CAGF conformément à ses dispositions statutaires, nous nous sommes toujours heurtés à une résistance irréductible de votre part.

Le motif principal de notre démission est la conséquence de la dérive incontrôlable du fonctionnement du bureau de la CAGF au mépris de ses dispositions statutaires avec cette tendance regrettable de la gérer comme un colis diplomatique à la merci totale de l’Ambassade de Guinée en France, le prolongement du régime Conté que nous combattions.

Dans vos violations des dispositions statutaires, nous pouvons citer des exemples suivants :

L’article 9 des statuts de la CAGF dispose que : « Le conseil de coordination (composé de deux représentants de chaque association membre) est l’organe suprême de la coordination et fait office d’assemblée générale. Il est l’organe d’information, d’orientation et de prise de décision… Le conseil se réunit deux fois par an. » D’ailleurs, l’article 5 du règlement intérieur va dans le même sens.

L’article 10 des statuts de la CAGF aussi dispose que : « Le bureau de la coordination est chargé d’exécuter les décisions prises par le conseil de coordination (qui fait office d’assemblée générale et organe suprême) ». Pourtant, le conseil de coordination n’a jamais été convoqué ou consulté par la CAGF sur les décisions qu’elle avait prises du début de son mandat à nos jours. De ce fait, toutes les décisions de l’actuel bureau de la CAGF sont affectées d’illégalité pour incompétence du bureau et de son président. Elles n’engagent ni les associations membres, ni même le bureau de la CAGF.

L’article 4 des statuts de la CAGF qui réglemente ses relations avec les tiers, dispose que : « La coordination est indépendante et apolitique. Elle peut solliciter le concours de toute personne physique ou morale. » Pourtant, la CAGF n’a fait qu’obéir au doigt et à l’œil de l’ambassade de Guinée en France malgré nos protestations répétées contre cette dérive contraire à sa mission.

Toutes ces violations graves et répétées des statuts de la CAGF démontrent le mépris avec lequel la coordination est gérée par son président et quelques membres du bureau.

Le plus insupportable pour nous a été cette volonté constante de la CAGF, en complicité flagrante avec l’Ambassade de Guinée, de saboter toute tentative de la communauté guinéenne de France ayant pour but de dénoncer les dérives du défunt président Conté et de son régime. Il en avait été ainsi lors de la commémoration des massacres de plusieurs centaines de jeunes dans la fleur de l’âge en janvier et février 2007 organisée par la MJGF. Vous aviez publié un communiqué en votre qualité de président de la CAGF appelant au boycott de cette commémoration. Nul ne peut imaginer qu’un citoyen guinéen de quelque bord que ce soit puisse ne pas s’associer à une telle commémoration.

Il en avait été de même lors de la manifestation de la communauté guinéenne de France contre les massacres des policiers et la récupération des drogues saisies et stockées dans les locaux de la police. Pour justifier votre décision de ne pas vous joindre à la manifestation, vous aviez dit que la CAGF ne fait pas de politique, comme si protester contre les massacres de nos compatriotes était une démarche politique.

Quant à l’Ambassade, nous avons été informés de ses coups de téléphone demandant à certains Guinéens de ne pas se joindre à la manifestation. Ce qui démontre que cette collaboration de la CAGF avec l’Ambassade est faite au détriment de l’intérêt national et celui des Guinéens de France.

Plus surprenante, Monsieur le Président, est votre volonté soudaine et inébranlable de vous transporter sur le terrain hautement politique en vous autoproclamant représentant et porte-parole de la communauté guinéenne de France dans sa relation avec la CNDD sans aucun mandat à cet effet, et au mépris des dispositions statutaires du bureau de la coordination auxquelles vous avez l’obligation de vous conformer.

Pour saboter la commémoration des massacres de janvier et février 2007, vous aviez dit que vous ne faites pas de politique. Pourtant sous les ordres de l’ambassade de Guinée en France, vous vous êtes empressé d’organiser la lecture du coran pour le défunt Président Conté dans l’enceinte même de l’ambassade de Guinée, privilège que les martyrs de janvier et février 2007 n’ont pas eu de votre part. Cet acte est une expression supplémentaire du mépris que vous avez pour nos martyrs, et votre volonté de magnifier leur bourreau en la personne du président Conté pour des raisons d’opportunité politique qui n’échappent à personne.

Nous rappelons qu’une association est limitée par le principe de spécialité, c’est-à-dire que son champ d’action ou de compétence est strictement limité par son objet statutaire. S’agissant de la CAGF, son objet statutaire se limite à l’exécution des décisions prises par le conseil de coordination au nom et dans l’intérêt exclusif des associations membres.

La CAGF n’est ni le représentant ni le porte-parole permanent des associations membres, à plus forte raison des associations non membres, sans parler de la communauté guinéenne de France qui, en aucun cas, ne peut se voir représentée par le bureau de la CAFG ou par son président sans un mandat à cet effet. La CAGF ne représente les associations membres que sur décision expresse du conseil de la coordination pour un mandat spécial et non permanent, dans l’intérêt et au nom exclusif des associations membres. Nous insistons sur le fait que le bureau de la CAGF et son président (Monsieur Campel Clissé) n’ont aucune qualité de représentant ou de porte-parole des associations membres de la CAGF (sauf mandat express et spécial) encore moins les associations non membres sans parler de la communauté guinéenne de France qui peut se réserver le droit d’ester en justice pour usurpation de titre contre quiconque se présentera sans mandat devant les autorités guinéennes ou étrangères en qualité de leur représentant ou porte-parole.

Ceux qui disent que la CAGF est un organe représentant la communauté guinéenne de France prennent un raccourci dangereux pouvant les couvrir de honte car ils étalent ainsi non seulement leur ignorance des dispositions statutaires de la CAGF d’une part, mais aussi leur ignorance du fonctionnement d’une association de la loi 1901 limitée par le principe de spécialité d’autre part. Cette tendance qui consiste à confondre la gestion d’une association et celle d’une collectivité territoriale ne grandit pas l’image des Guinéens de France. Ceux qui sont incapables de gérer convenablement une simple association peuvent-ils prétendre à la gestion d’un département ministériel ?

Il faut que les Guinéens de France se fassent respecter en refusant que n’importe qui, même avec le soutien de l’Ambassade, s’autoproclame représentant ou porte-parole des Guinéens de France comme si nous étions des majeurs incapables au nom desquels on peut décider sans consultation préalable.

C’est dans ce cadre Monsieur le Président, que lors de notre invitation par la FAGAF, nous avions déploré le fait par vous d’adresser une lettre à la mairie de Paris en soutenant que la CAGF est le seul organe représentant la communauté guinéenne de France (ce qui veut dire tous les Guinéens membres des associations ou non).

Il nous semble urgent de souligner que les associations n’ont pas le monopole de la représentation des Guinéens de France. La liberté d’association induit automatiquement et obligatoirement la liberté de ne pas s’associer. Nous les acteurs de la vie associative, nous ne pouvons pas marginaliser nos compatriotes qui ont exercé leur droit de ne pas s’associer en nous autoproclamant leurs représentants sans leur mandat à cet effet.

Parler au nom des Guinéens de France exige la convocation de tous, membres d’associations ou non, à une ou plusieurs réunions au cours desquelles les représentants des Guinéens présents à la réunion peuvent être démocratiquement désignés pour une ou plusieurs missions bien précises sans tenir compte de leur appartenance associative car les objets statutaires de nos associations ont d’autres buts que la représentation politique (réservée aux partis politiques) ou permanente des Guinéens de France.

Monsieur le Président, c’est pour toutes ces raisons mentionnées ci-dessus que nous avons décidé de démissionner du bureau de la CAGF pour nous éviter de cautionner directement ou indirectement ces dérives insupportables pour la grande majorité des Guinéens de France.

En vous souhaitant bonne réception de cette lettre, nous vous prions, Monsieur le Président d’agréer nos salutations distinguées.

 

Makanera Ibrahima Sory                         Touré Fodé Abass

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
Makanera Ibrahima Sory, vendredi 30 janvier 2009
Bonjour M. Bala Vous dites dans votre réaction à notre démission ce qui suit « démission inutile puisqu’elle était déjà de fait. Le règlement stipule qu’après une absence prolongée dans les activités de la CAGF, vous êtes considérés démissionnaires ou renvoyés ». Monsieur Bala, je vous mets en défit de nous citer l’article du règlement de la CAGF qui dispose ainsi. Je vous informe que la perte de la qualité de membre pour les associations et les membres du bureau de la CAGF est réglée par l’article 4 du règlement intérieur. Je vous invite d’en faire une lecture plus rigoureuse car votre propos mentionné ci-dessus n’est qu’une invention de votre esprit, en aucun cas celui du règlement intérieur de la CAGF. Votre réaction est un élément supplémentaire qui justifie ma démission car, des membres du bureau qui sont incapables de lire des textes aussi clairs ne méritent pas de diriger la CAGF. Nous attendons l’article du règlement qui fonde votre affirmation. Merci.
Keita, jeudi 29 janvier 2009
Merci pour votre courage de quitter un tel bureau qui ne sert à rien si c`est pas de créer la confusion au sein des guinéens de France.Mais je trouve que vous avez été naÏf en mettant trop de temps avant de démissionner,si non dés les prémiers blocages pour les manifs de janvier-fevrier 2007,il fallait taper sur la table et partir. Desormais en guinée,il faut qu`on est le courage de dire non au moment opportun,puisque la démission n`est pas une fatalité.J`espere que le président fera la même chose que vous pour qu`on est un nouveau bureau aprés une élèction qui sera organisée par le vice président. En vous rémerciant,vive la guinée,vive la république.
Bala, jeudi 29 janvier 2009
Démission inutile, puisqu`elle était déjà de fait. le règlement stipule qu`après une absence prolongée dans les activités de la CAGF, vous êtes considéré démissionnaire ou renvoyé. Or depuis 2007, les deux personnes acaient déclaré leur incapacité à participer aux activités du bu reau.mais on comprend votre réaction tardive, qui ne vous honorent pas.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011