Vous avez parfaitement raison, M. Camara. Notre regretté grand leader, l'inestimable et très démocratiquement élu (à 99,99% chaque fois) AST mérite tous les égards. Le peuple révolutionnaire de Guinée lui a toujours voué un amour et une reconnaissance sans bornes. Même en se balançant à une corde, sous le pont du 8 novembre (pour mieux prendre l'air, c'est connu).
Il est établi qu'il a toujours respecté la loi populaire, étant son serviteur suprême, et qu'il n'y a eu, au grand jamais, de (faux) complots, comme les ennemis du peuple s'évertuent à le faire savoir. Il n'a jamais fait tuer personne, sauf les ennemis que le vaillant peuple, unanimement, faisait pendre aux carrefours. Malgré le Responsable Suprême. Parait qu'il en pleurait pendant des jours. Cinquante mille fois, il l'a fait.
D'ailleurs, il est prouvé que le fameux Camp Boiro n'a jamais existé (voir les documents véridiques établis par notre inestimable ancien ministre et réelle nouvelle momie, le professeur ès constructions révolutionnaires, parrain de clubs à la mémoire de Sékou Touré, Gualéma Guilavogui). Il y aurait eu, à sa place, un camp de vacances (photos certifiées non truquées, disponibles à l'adresse du cher professeur… Chacun cherche son agrégation comme il peut.
Ce sont donc de pures calomnies. Tout le monde sait, qu'après avoir chassé les méchants colons, il (AST) est l'auteur de remarquables réalisations, en tous les domaines : des milliers de kilomètres de routes et autoroutes en un Etat impeccable à ce jour, une électrification jusque dans les dernières chaumières de mon village, l'adduction d'eau à la mesure du "château d'eau de l'Afrique occidentale. Il faut vraiment lui reconnaître ses immenses réalisations, sans chipoter.
C'est pourquoi d'ailleurs notre pays est envahi par tous nos voisins, émerveillés par nos grandes prouesses et réalisations industrielles, économiques et sociales. Au point que chacun de nous est un professeur de droit ambulant. Il et évident que les quelques rares Guinéens qui ont fui notre paradis sont des fous ou des aveugles. Pour les punir, aucun d'eux n'aura le droit de vote dans notre beau pays. Bien fait pour ces égarés : on peut éventuellement bourrer les urnes, par inadvertance certainement, ça peut arriver à tout le monde. Cela ne donnant cependant pas le droit de voter par les pieds.
N'écoutez pas les bobards au sujet de l'insécurité actuelle : ce sont des jaloux qui les colportent : Je peux sortir et laisser ma porte ouverte (plus exactement entrebâillée, faut pas exagérer) sans aucune crainte. Juré. Les militaires du Camp Alpha Yaya, avec à leur tête qui vous savez (je ne le nomme pas par pur respect, pas par peur, vous vous en doutez !) s'occupent de ma sécurité et de celle de tous les Guinéens, de Conakry à Yomou, même si quelques malencontreux coups de fusils leur échappent de temps en temps. Pas grave, les candidats morts n'avaient qu'à ne pas se trouver sur leurs trajets, tout de même. Il reste que ceux qui sont ramassés tous les jours dans les banlieues doivent être tous soigneusement interrogés. Il parait que certains font semblant d'être décédés, ou ne le sont pas suffisamment. Comme quoi, on ne peut plus faire confiance en personne, mort ou vivant. Ne pas oublier de vérifier les cartes d'identité, à toutes fins utiles.
Alors, vive la première et la deuxième Républiques, et nos inestimables et valeureux dirigeants. Vive le responsable suprême et ses illustres continuateurs, fraichement médaillés du cinquantenaire, de l'ordre du colatier du mérite, en attendant celui du bananier (bien que Conté ait oublié, l'ingrat, de citer notre AST, son professeur, dans son discours).
Vive M. Camara, grand défenseur de la vérité révolutionnaire.
En revanche, je ne remercie pas M. Nabbie, cet empêcheur de tourner en rond de journaliste. Quelle idée de se mêler de ce qui le regarde ? Et si chacun faisait comme lui, quelle catastrophe ! Celui-là, il a vraiment besoin d'une cure de redressement "populaire révolutionnaire" au Camp Kwamé Nkrumah, juste aux pieds du Kakoulima. Dommage, j'aurai révolutionnairement aidé à cette tâche. Comme au bon vieux temps. Il ne sait vraiment pas ce qu'il rate. Les bonnes habitudes se perdent décidément, mon bon monsieur !
Prêt pour la Révolution !
Dr Thierno Diallo, Bordeaux
pour www.guineeactu.com