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Monseigneur,
Jusqu’à une date récente, vous figuriez en bonne place sur la liste des personnalités guinéennes respectables. A tel point que, dans l’un de mes ouvrages scolaires paru en août 2009, j’avais fièrement emprunté et incrusté votre nom (Vincent Coulibaly) à la page 170…. Vous imaginez bien que cette démarche était, de ma part, un clin d’œil à tous ceux qui ont participé à la dénonciation des injustices infligées au peuple de Guinée depuis 1958. Je pense par exemple aux figures charismatiques encore présentes dans nos mémoires : Mgr Raymond-Marie TCHIDIMBO et Mgr Robert SARAH.
Quant à vous Mgr Coulibaly, j’avoue que vous êtes désormais un cauchemar, tant la déception que vous avez provoquée est profonde. En lisant votre message du 01 novembre 2009, on mesure combien vous vous êtes détourné de Dieu et combien vous êtes devenu affreux voire cynique. Vous allez jusqu’à mettre sur un pied d’égalité les malheureuses victimes et l’abominable meute. On doit par-là reconnaître que vous avez terriblement porté atteinte à la morale et à la dignité de l'église.
Mgr, quand on prétend être pasteur et serviteur de Dieu, on ne doit pas cautionner des actes aussi barbares, aussi inhumains. On ne doit surtout pas piétiner l’honneur et la mémoire des nombreuses victimes parmi lesquelles figurent des femmes et petites filles violées, souillées, humiliées et abattues à ciel ouvert comme des bêtes.
Vous en faites trop ! Tant et si bien que nombre de nos compatriotes se demandent aujourd’hui si vous n’avez pas troqué le nom de l’église contre les habituels sacs de riz corrupteurs. Sinon, rien ne justifie que les victimes, déjà horriblement massacrées, subissent la violence de l’injustice de vos sentiments.
Mgr, permettez-moi de vous dire que votre nom s’ajoute aujourd’hui à ceux de la bande de gueux qui encouragent et supportent Dadis Camara dans ses basses œuvres.
Par ailleurs, vous condamnez les grèves de la faim, les marches populaires, les villes mortes et exhortez les Guinéens à « ne plus jamais recourir à ces fameuses mobilisations ». Cette position est profondément ridicule. C’est même une insulte à l’égard de toutes les mobilisations sociales historiques qui furent menées contre l’intolérance et l’injustice. Je pense par exemple au Mahatma, au Pasteur King,… et à tant d’autres icônes mondiales qui ont, grâce à leurs inlassables mobilisations, apporté à leur peuple, la liberté et la paix.
Du reste, je ne saurai terminer cette brève lettre sans vous inviter à la réflexion et à l’effort de sagesse. A défaut, un jour ou l’autre, vous serez rattrapé par la justice pénale ou divine et répondrez des conséquences de vos accointances avec les lâches criminels de la République.
Ibrahima BAH Professeur d’Economie à la Faculté des Métiers, Evry - France
www.guineeactu.com
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