dimanche 4 mai 2008
Lettre à Madame Assiatou Bah Diallo
Assiatou Bah Diallo

« En politique, le seul bon principe est de n’en avoir aucun »
                                                                                      Charles Maurice de  Talleyrand

Madame,

En politique, je n’ai jamais entendu parler de technocrate ou de brillantissime, mais d’animal politique ou de bête politique. Cela en dit long sur le métier.

Votre désignation à la vice-présidence du parti, au lendemain de la disparition de votre cher et tendre époux, a été saluée et tolérée comme un clin d’œil à la mémoire de celui qui a créé ce parti et en a fait une machine de conquête du pouvoir.

Ceci dit je ne vous interdit pas de vous y essayer encore moins me permets de vous effrayer.

Je veux, par sympathie, donner mon point de vue sur votre action qui relève désormais du domaine public et qui vous « expose » à la critique. De mon point de vue, critique ne veut pas dire vomissure ou injure ou encore médisance.

Vous, venez chère Madame, d’être propulsée à la tête de l’UPR par un groupe de frondeurs au sein de votre mouvement politique qui, de fait, est désormais divisé entre votre camp et celui d’Ousmane Bah, qui est considéré comme l’ex-président de l’UPR.

Parmi ces frondeurs, j’en connais à la morale à deux francs et je puis vous assurer qu’ils vous instrumentalisent et vous utilisent comme une « passerelle par défaut » pour reprendre le terme informatique approprié.

Vous n’en aviez pas besoin, et cela n’engage que moi, mais je vais tenter de vous dire pourquoi :

1.    Je suis certain que tous les leaders actuels des partis qui briguent le pouvoir suprême en Guinée, vous chouchouteraient s’ils arrivaient à accéder au pouvoir. Tous vous feraient un appel du pied et vous pouvez en être sure et certaine. Ils voudront tous aussi faire un clin d’œil à votre défunt époux.

2.    Bah Ousmane est un homme que je connais personnellement et qui a eu le mérite de témoigner à votre époux la plus grande des loyautés. C’est  la denrée la plus rare en Guinée. Il est, de mon point de vue, votre soupape de sécurité. Je ne suis ni un ami de Monsieur Bah, ni un militant de l’UPR, mais j’ai connu Ousmane lorsque nous étions tous fonctionnaires au sein de l’administration de la première République et je ne lui connais pas de tortuosités comme les Guinéens en ont observé de la part de certains des frondeurs auxquels il est collé les pires bassesses.

3.    Si, comme il se susurre, votre démarche consiste à rallier l’UFDG  « de » Cellou Dallein, je pense que vous iriez vite en besogne. Je n’ai aucune animosité contre Cellou. Je suis en plus partisan pour que notre pays soit gouverné dans l’unité et cela impose un rassemblement de tous les Guinéens. Ce qui passera par des unions/fusions de partis politiques pour nous conduire à l’unité nationale sans laquelle il sera impossible de gouverner. Cependant, je suis persuadé que l’avenir de Cellou Dalein dépendra de Conté. Personne ne peut me convaincre et convaincre le Guinéen lamda que Cellou est devenu un opposant de Lansana Conté. Si, par contre, son engagement dans l’opposition est de servir aussi de « passerelle par défaut » pour rapprocher le PUP et l’UFDG, je peux le comprendre et saluer l’esprit de rassemblement  qui sous-tend la démarche. Mais, en bon Guinéen, je pense que cela n’engage que lui-même et ceux qui croient à ceux qui glapissent derrière Cellou après avoir été des barons du PDG, du PUP, du PRP, de l’UNR, etc.…Qui vivra verra.

Chère Madame,

Ousmane Bah devrait être pour vous un refuge car, in fine, vous êtes promise à un avenir radieux et vous pourriez être, miraculeusement, une sorte de trait d’union plus crédible  à  cause de votre époux qui a  eu l’habileté de réunir autour de la même table, des renégats, des tortueux, des malins mais aussi des hommes de valeurs et de grande qualité et venant d’horizons divers.

Tout ceci n’engage que moi, encore une fois ; par sympathie et par esprit purement patriotique j’ai voulu associer ma voix à celles qui se sont prononcées sur ce qui se trame au sein du mouvement de votre époux que vous n’avez pas le droit de laisser mourir, encore moins contribuer à la dislocation.

RESPECTUEUSEMENT

Drahmane Touré pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Mamadou Saliou Diallo, mardi 6 mai 2008
Je suis convaincu d`une chose: Madame Diallo est suffisamment intelligente pour prendre une decision qu`elle juge appropriee en de pareilles circonstances. Cependant, j`ai tellement de respect et d`admiration pour elle, que je ne souhaiterai pas qu`elle se salisse. Elle est trop propre pour etre souillee par des opportunistes. Alors, bien chere Madame, reflechissez bien a ces conseils. Avec toute ma consideration!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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