samedi 2 février 2008
Les vérités de l’ancien président du Parlement de la Cédéao. Pourquoi une telle tension entre Mandingues et Peulhs?
Ali Nouhoun Diallo

Répondant à l’appel de l’amitié et de la fraternité, l’ancien président du Parlement de la Communauté des États de l’Afrique de l’ouest (Cédéao), le Pr Ali Nouhoun Diallo, était dans nos murs où une série de rencontres formelles et informelles avec les leaders des principaux partis d’opposition et des personnes ressources, lui ont permis de mettre fin aux querelles byzantines entre apparatchiks de l’UPR. Durant plusieurs jours d’âpres négociations, il a réussi à ramener les dissidents à la maison et faire la conciliation en vue de juguler la crise de leadership qui désavantage la classe politique guinéenne dans son combat pour la conquête du pouvoir.

Au terme de son séjour, un banquet a été offert à l’hôte malien vendredi 25 janvier dans la soirée où l’essentiel des membres du bureau exécutif et des fédérations UPR ont partagé des mets succulents dans un climat de paix retrouvée. Entretenue par les mélodies pastorales de l’artiste Haal pular, Pathé Moloko et sa femme Mariama Késso chantant avec générosité les valeurs sociales culturelles du sage malien qui venait de démontrer son amitié et son attachement à l’héritage de son ami, feu Siradiou Diallo. Pathé Moloko a autant encensé le Pr Ali Nouhoun Diallo, dans un long titre « djom djikè, (l’homme de confiance, ndlr) » que la soirée s’est poursuivie tard dans la nuit sans répit, sans trêve. Un titre rallongé à volonté par des louanges à l’endroit de Bah Ousmane, aux gros bonnets et aux femmes du parti qui l’ont gratifié d’un incroyable amas de billets de banque.

Le lendemain samedi 26 janvier aux environs de midi, quelques heures avant de s’embarquer pour l’aéroport de Gbessia, le Pr Ali Nouhoun a livré le message suivant à l’attention des dirigeants et militants de l’UPR, venus assister à la réunion hebdomadaire à leur siège au quartier Minière, commune de Dixinn. On notait la présence de la plupart de ceux qui s’exprimaient par des déclarations pimentées sous la signature du « Cercle de réflexion de l’UPR ». Ainsi que des députés du parti qui avaient pris leurs distances depuis novembre 2007 qui, en prenant place à la tribune officielle, voulaient confirmer leur adhésion aux recommandations du sage malien. Extraits des propos qui ont fait tilt dans les milieux politiques. Notamment au RPG du Pr Alpha Condé où le Pr Ali Nouhoun n’est pas passé inaperçu.

Pourquoi un mur perpétuel de méfiance entre Mandingues, Peuhls et Soussous ?

 « …Je vais commencer honnêtement ces remerciements par l’aîné. Je voudrais lui dire qu’il a bientôt 80 ans, Koto Mountaga, donc l’heure de se reposer est arrivée. Il n’y a pas de quoi avoir honte, il n’y a pas de quoi être gêné. Pour moi, il n’est pas seulement un aîné en politique, en savoir vivre, en savoir faire, en savoir être, c’est un maître. Donc ce n’est pas seulement que c’est un ami, parce les chantiers qu’ils ont tracé et nos aînés, c’est cela qui n’ont permis nous aussi d’avoir un peu de lumière et de progresser. Ce que je demande très souvent aux personnes d’un certain âge, c’est d’accepter que plus jeunes qu’eux se hissent sur leurs épaules pour voir plus loin qu’eux n’ont vu. C’est ce que eux les aînés, ils ont fait. Quelquefois, je le dis au Mali, quand je vois certains jeunes agir, quand je les vois décidés, quand je les vois fougueux, quand je les vois réellement parfois briser les tabous, je dis, bon, maintenant je peux aller me reposer sans avoir le sentiment que je suis en désertion en temps de guerre. Parce que lorsque tu vas te reposer alors que personne n’est sous ton ombre, c’est que tu a fui. Quand un père fuit, ce n’est pas cela qu’a fait Mountaga. Donc, il n’y a pas de raison, vraiment, qu’il croie qu’il devrait avoir honte. Il nous a montré que, pour des convictions, on peut aller dans les prisons, sachant que du jour au lendemain on peut vous exécuter et sans calcul vous êtes allé. Et ça, c’est le chemin de l’honneur que vous avez tracé et qui font que si nous ne prenons pas le flambeau avec vous, avec les dix ans d’écart, c’est que en fait c’est nous qui sommes des vaut-rien. Monseigneur Luc Sangaré aimait souvent dire à Bamako pendant les messages : il entend souvent dire, les enfants, les jeunes d’aujourd’hui, avec l’air de dire qu’ils ne valent rien. Il dit : mais pourquoi ne dit-on pas aussi des parents, des parents d’aujourd’hui qu’ils ne valent rien ? Parce que, si nous crions aujourd’hui contre les jeunes, nous aussi nous avons été jeunes ! Et nous avons eu des parents ! Si nous estimons qu’on nous a bien élevés, on nous a appris ce qu’il faut faire, on nous a engagés sur la bonne voie et que c’est pour ça que nous nous conduisons comme nous nous conduisons aujourd’hui, et que les enfants ne font pas comme ça, la responsabilité incombe à qui ? A nous !!! Donc, arrêtons de dire toujours : les jeunes, les jeunes ! Il faut qu’on s’interroge sur les parents, qu’est-ce que eux aussi on fait ? Pour que tout le monde suive le chemin de l’honneur. Qu’il s’agit de lui, du feu Hassimiou Baldé, de BIK, Bah Ibrahima Kaba, qu’il s’agit de Baldé Mountaga, qu’il s’agit de Sidy Diarra, qu’il s’agit de Ibrahima Fofana, de Kéïta Koumandjan, de Réotra, ceux qui avaient été pris en une certaine période, de Babacar Niang, d’Abdou Moumini Djofo qui était venu enseigner ici la physique parce que les Français sont partis, de Abdourahmane Baba Touré, Niane Tamsir Djibril, tous ceux-ci nous ont montré le chemin de l’honneur. C’est à nous de suivre. Donc, Koto Mountaga tu peux te reposer.

C’est sûr que serais beaucoup plus conforté si chaque fois en rentrant je te trouvais à la maison et que je te confiais mes malheurs. Mais je comprend très bien que tu restes à Labé. Donc, vraiment, gloire à toi, gloire à tous les martyrs qui nous ont montré la voie. Tout ceux qu’on a pendus sur le pont que vous savez, qu’ils soient mandingues, qu’ils soient peuhls, qu’ils soient forestiers, gloire à eux tous. Il faudrait que la Guinée s’engage dans la voie, je le disais tout à l’heure au RPG, je ne comprends pas qu’au Mali, les Mandingues plaisantent comme ce n’est pas possible et qu’ici, en Guinée, il y ait une telle tension entre Mandingues et Peulhs. Je ne comprend pas ça. Peut-être, on dira que le contentieux Sékou Touré a joué un rôle. Bon, asseyez-vous et constatez que le général Diané, que Magassouba Moriba etc., Magassouba, quand il a écrit dans Horoya « le congrès de la bouche ouverte » et que nous avons reçu ça en France, nous nous promenions partout pour dire qu’il y a encore de l’espoir, qu’il y a encore des hommes pour dire à Sékou Touré ce qui ne va pas. Et, quand on l’a arrêté, nous nous promenions partout, particulièrement au niveau du parti communiste français qui adorait Sékou, au niveau de certains socialiste, au niveau de l’UDFR, le parti de Mitterrand, pour leur dire : « votre ami est un dictateur ». Voilà ce que Magas a dit, et voilà pourquoi un comité central est transformé en congrès extraordinaire et qu’il est arrêté immédiatement et pendu. Donc gloire à tous ces martyrs là ! Asseyez-vous entre Mandingues et Peulhs, vous vous rendrez compte qu’il y a eu des victimes dans toutes les couches sociales, dans toutes les ethnies, dans toutes les régions. Essayez de situer les responsabilités et ne rendez pas responsables les enfants des bourreaux de ce qui est arrivé. Rendez responsables les bourreaux eux-mêmes, mais que cela ne soit pas un mur perpétuel de méfiance entre Mandingues et Peulhs. Tout ce que nous avons fait ici, il va falloir qu’un jour vous le fassiez entre Mandingues et Peuhls et Soussous. Parce que les Soussous aussi, à travers Conté, après le coup d’État de Diarra Traoré, pas mal d’officiers et d’hommes politiques Mandingues ont été exécutés sans procès aussi. C’est pourquoi je dis souvent, le contentieux en Guinée est très lourd, que vous avez beaucoup à faire, qui n’est pas simplement de regarder chacun les défauts de l’autre. Moi, le village natal de mon père, Jonna, sur le lac Corarou, nous aimons trop voir les défauts des gens. Et, on raconte qu’un jour, un cheval qu’on a promené dans tout le Mali, on n’a pas vu son défaut. On l’a emmené à Jonna. Les gens de Jonna ont regardé le cheval, et ont dit qu’il est vraiment beau. Il n’y a rien à dire, mais il a un ongle qui est plus long que l’autre…

Ils sont en train de voir les défauts des autres mais, ne nous comportons pas comme les gens de Jonna, c’est des Djalloubhè, hein !!! Entre nous, ne cherchons pas que les fautes des autres, cherchons leurs qualités.

Il y a deux hommes politiques au Mali qui se sont exprimés une fois sur les hommes. L’un a dit : «  en tout homme se cache une crapule ». L’autre a dit : « en tout homme sommeille une parcelle de la divinité ». Quelque part, chacun a raison, mais en regardant un verre, au lieu de dire qu’il est à moitié vide, il faut dire qu’il est à moitié plein ! Donc, essayons au sein de l’UPR de voir les qualités des hommes. Recherchons en chacun d’entre nous cette parcelle de divinité pour essayer de la grandir, de la faire croître et faisons en sorte de l’aider à détruire sa part de crapule. Il y a en tout homme, en moi-même, chacun de nous, s’il ne se surveille pas, s’il suit ses bas instincts, il ne fera que des bêtises. C’est pour ça, je vous félicite tous, honnêtement. Je m’adresse d’abord aux camarades du cercle de réflexion. J’espère maintenant que le cercle est mort, j’espère bien qu’on va l’enterrer, j’espère bien, mais en tous cas vous avez fait des efforts énormes.

Je reste convaincu que vous étiez animés du soucis de rendre le parti plus grand et surtout capable d’accéder au pouvoir. Je suis convaincu de ça au plus profond de moi.

Ce faisant, j’avais été amené à faire ce que les dogmatiques comme moi, élevés dans des partis léninistes ont fait, c’est maintenant que nous apprenons à être éminemment tolérants. Vous avez posé des actes que, politiquement, on qualifie de dissidences. Ce n’est pas une injure, ce n’est rien du tout, mais c’est un constat. Vous y avez mis fin, dès lors que  vous avez eu l’intime conviction qu’on a trouvé la voie, là où vous vouliez aller, donc, vraiment, félicitation à vous tous. Je félicite en particulier mon esclave qui n’est pas là, Diao Baldé, qui a fait preuve de hauteur de vue. Selon toutes les informations que j’ai, il faut le féliciter. Il est aussi un des agents de la réussite d’aujourd’hui.

L’unité politique des Peulhs

Vous savez, quand je me suis promené par ci, par là, on m’a dit : « oh, on a compris hein ! tu est venu uniquement pour remettre Bah Ousmane en selle… », même hier j’en ai entendu de la part d’une haute personnalité. J’ai éclaté de rire. On peut me traiter de tout, tout comme on dit que je suis venu uniquement pour l’unité politique des Peulhs ! Vous savez, nous sommes des dirigeants, on peut tout dire de nous. La seule chose que je puis dire, je ne suis pas aussi venu pour le foutre par terre, mais j’étais venu pour dire la vérité à chacun ; ma part de vérité, car la vérité, seul Dieu la détient.

Je voudrais attirer votre attention sur ce que Koto Baldé Mountaga à dit hier, occupons-nous de la jeunesse. Ousmane Bah, je m’adresse à toi, il faut accepter que les jeunes cassent, qu’ils s’égarent. Il faut accepter parfois qu’ils blessent… L’essentiel est que quand ils ont tout dit, patiemment, toi et les autres puissiez expliquer à vos enfants qu’ils sont dans l’erreur. C’est réellement un signe de faiblesse des parents que de ne pas pouvoir accepter que les enfants cassent. Quand ils perdent le sang-froid parce que les enfants sont en train de casser, c’est un signe de faiblesse…

Les vrais révolutionnaires

J’ai vu deux types de dirigeants au sein de l’Union soudanaise RDA, eux qui ne nous ont jamais pardonné. Nous, d’avoir dit à un moment que l’Union soudanaise RDA est devenue l’obstacle principale à toute lutte anti-impérialiste conséquente, donc, il faut isoler la direction en vue de l’abattre. Donc, c’était très fort. Il y en a qui nous en ont voulu à mort et qui ont tenté de nous le faire payer souvent. Mais, il y en a aussi ceux qui ont dit : « dites tout ce que vous voulez, pour le moment vous êtes au bord de la Seine. Il fait bon vivre là-bas, vous délirez parfois. Quand vous reviendrez et serez confronter aux mêmes difficultés que nous, vous allez réajuster vos discours ». Eux, ils se sont comporté comme ça, toute leur vie. Même quand ils arrivent à Paris, ils nous cherchent, on déjeune ensemble, on leur dit tout ce qu’on veut. Ils rigolent, disent : terminez seulement et venez. C’était les vrais révolutionnaires.

La différence entre Sékou et Modibo

(…) Une différence fondamentale entre Sékou Touré et Modibo Kéïta, Sékou Touré, dès qu’il a compris qu’une aile s’est organisée au sein du PDG, aile issue du PAI, et qu’il a trouvé des textes qui confirment cela, il les a envoyés dormir en prison. Aujourd’hui ils ont perdu la vue, certains y sont morts, parce que tout simplement, ils ont voulu un redressement de la Guinée et signaler les erreurs. Modibo, un jour, Seydou Badjan Kouyaté, c’est lui qui l’a raconté, est allé personnellement trouver Modibo avec notre journal « L’Abeille » qui était le journal du Parti malien du travail, dans la clandestinité. C’est le PAI qui a pris, quand les Abdourahmane sont rentrés au Mali, on a montré ça à Modibo. Modibo a lu attentivement, a vu la liste des principaux dirigeants. Il dit : « Seydou, je te mets en garde. Je connais vos caractères fâcheux, foutez la paix à ces jeunes gens ! Si demain, il y a une crise au Mali, nous, nous sommes en prison, c’est eux qui vont défendre la révolution ». Et, c’est effectivement ce qui s’est passé le 19 novembre 1968. Les militaires ont pris le pouvoir, et le 20 le Parti malien du travail a fait une déclaration pour appeler tout le peuple malien à se dresser contre la dictature militaire et à défendre l’héritage de Modibo Kéïta. Tout ça pour dire à Ousmane Bah et les autres dirigeants, vraiment, écoutez votre jeunesse, laissez-là s’exprimer, laissez-là s’éclater.

Mais vous aussi, jeunes, sachez qu’en vérité, ah !!! les autres aussi n’ont pas vécu pour rien ! S’ils sont là où ils sont, quelque fois, ce n’est pas en dormant hein !, ce n’est pas en s’amusant… s’ils ont accumulé tant d’expérience, ce n’est pas pour rien. vous allez beau être sur l’internet, savoir ce que nous nous ne savons pas… J’ai assisté à des réunions où beaucoup de gens ne pouvaient pas mettre leur téléphone sur vibreur, ils sont obligés d’appeler leurs enfants et moi si je veux aller sur internet, il faut que j’appelle Petit Mamadou, qui a 14 ans, mon dernier-né. Mais malgré tout cela, jusqu’à présent, quand un vieillard meurt, une bibliothèque a brûlé hein ! Les propos d’Amadou Hampathè Bah…

Ceux qui vont en catimini, n’auront pas grand chose

Je conclus en disant, je pense sincèrement, comme le dit Maxime Gorki, l’écrivain : « mon âme est une ruche, dans laquelle toutes les abeilles passent. Elles y déposent tantôt un miel amer, tantôt un miel doux, mais toujours un miel enrichissant ». Les rencontres humaines, c’est ça. Chacun d’entre nous est une ruche qui va à la rencontre des autres ruches et qui attend que les abeilles y déposent  du miel. Donc, je pars ma ruche pleine de miel, j’ai beaucoup appris. Je crois que, par votre contact, moi aussi je vais m’améliorer. Je demande qu’Ousmane Bah s’améliore. Aidez-le à s’améliorer. Je demande à toute sa direction de s’améliorer, mais je demande que dès votre prochaine réunion, vous commenciez à aller dans vos fédérations. Arrêtez de dire que tant qu’on n’a pas le message bien affiné… Non ! Vous avez déjà un message. Le message que vous avez, c’est que désuni, le mouvement démocratique ira à l’échec. Uni, il a des chances de réussir… à faire un changement profond en Guinée. Vous avez un autre message : unie, l’UPR peut faire face aux autres et ne sera pas ridiculisée, divisée, vous irez comme des mendiants chez les autres qui ne vous donneront que ce qu’ils voudront. Ça, sachez-le ! Tous ceux qui vont en catimini, soyez sûrs qu’ils n’auront pas grand chose. Même s’ils l’ont, ça ne durera pas… Vous avez déjà des messages. Vous avez d’autres messages : les meilleurs ne se trouvent pas uniquement à l’UPR. Lorgnez vers les autres où il y a aussi des meilleurs. Voilà.

Merci beaucoup, merci infiniment. C’est un au revoir, mais j’espère que je ne reviendrai pas de si tôt, parce que vous-mêmes vous aurez trouvé la solution.

Propos recueillis par Alpha Abdoulaye Diallo
Directeur de Publication du Journal le Populaire

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Vos commentaires
MODYBHOYE, lundi 4 février 2008
UN MESSAGE QUI EST SURNENU AU MOMENT D,UNE CRISE POLITIQUE AU NIVEAU D,UN PARTI ;MAIS UN MESSAGE QUI BENEFICIERAIT A TOUT UN CHACUN,EN COMMECANT PAR LA FAMILLE[PERE,MERE ENFANT ;ECOLES;ELEVES,PROFESSEURS,LEADERS POLITIQUES,PARTISANTS; N,APPARTENANT PAS AU MEME PARTI POLITQUE ,NE SIGNIFIE PAS QUE NOUS DEVONS DETRUIRE L,ADVERSSAIRE OU SES BIENS MATERIELS[MAISON,VOITURE] LOIN S`E FAUT[POUR PREUVE DE DE DEMOCRATIE,LA FEMME DE ARNOLD [TERMINATEUR],VIENT DE SOUTENIR OBAMA ,CROYEZ-VOUS QUE LE TERMINATEUR [ARNOLD],VA-EPOUSER UNE AUTRE FEMME[MADAME HENRIETH OU SETH PEUVENT EN JUGER

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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