 |
Le tout premier indice de l’aptitude du nouveau premier ministre Souaré, c’est la stratégie avec laquelle, il réussira de former un gouvernement qui réponde, autant aux inquiétudes de ceux qui ne veulent plus d’un retour systématique à la case départ, qu’aux attentes des citoyens qui ont perdu tout espoir, après l’échec de Kouyaté, un homme qui avait tout pour éviter une sortie malheureuse de la primature. Souaré a du pain sur la planche, c’est le moins que l’on puisse dire, au regard des tous premiers défis qu’il doit relever. Il lui fallait, en effet, en plus des premières exigences énumérées plus haut, parvenir à un consensus sur le principe qui doit servir de base à la formation de la prochaine équipe gouvernementale, et cela avant la nomination même des futurs membres. Cela a déjà été fait, à travers des contacts d’usage que le locataire de la primature a eu à prendre avec les partis politiques, la société civile et les syndicats. Des partenaires de terrain dont l’apport à la formation du futur gouvernement reste d’autant plus capital qu’il est le gage de l’engagement de toutes les composantes sociales à donner une légitimité au premier ministre dont l’image, en tant que haut cadre crédible et compétent, est déjà un atout favorable. Il s’agira de bannir toute forme d’exclusion et de recourir aux seuls critères de la compétence, de l’honnêteté et de l’engagement patriotique. De ce point de vue, la gamme sera riche en couleurs, puisqu’il faudra, non pas demander à chaque partie impliquée dans la formation du gouvernement de proposer des hommes, mais de faire confiance au premier ministre et de lui donner mandat de faire appel aux hauts cadres qui font son affaire. Cela éviterait la question embarrassante de quota pour chaque partie impliquée et permettrait de faire appel, si nécessaire à d’anciens ministres dont les compétences et les aptitudes aux postes déjà assumés dans différents gouvernements, même décriés, se passent de commentaires. Surtout pas d’exclusion ni de préjugés, quand il s’agit de privilégier les compétences. L’ostracisme auquel l’Inter centrale avait fait recours pour mettre certains citoyens à l’écart dans son partage du gâteau, après les événements de Janvier/Février derniers, est en partie cause de l’échec du gouvernement Kouyaté, composé d’hommes inexpérimentés tirés d’un vieux placard de musée. Toutefois, quand le Dr Souaré aura fait le projet de son futur gouvernement, il lui restera la phase la plus importante, convaincre le chef de l’Etat de l’opportunité de certaines propositions qu’il sera amené à opérer. Déjà, le RPG s’est mis à l’écart, quant à sa participation à tout gouvernement sous le système actuel. Une position radicale qui ne semble aucunement favoriser cet esprit qui se voudrait, à travers un gouvernement d’ouverture à caractère transitoire, d’aboutir à un changement apaisé et soutenu par l’ensemble des forces vives du pays. Un mouvement d’ensemble qui permettrait au président Conté de responsabiliser ce gouvernement consensuel devant les exigences du changement, tel que revendiqué par les populations guinéennes. Les défis sont autant grands et difficiles à relever, que la réussite du futur gouvernement dépendra essentiellement de la qualité des hommes qui le composeront. Le Dr Souaré n’aura pas la mission facile. Puisqu’il s’agira, comme déjà souligné, de faire des omelettes en ménageant les œufs. Il ne pourrait en être autrement. Souaré a besoin autant d’indulgence que d’esprit d’équipe, pour passer sa première épreuve avec succès. L’on ne peut que souhaiter la bienvenue à la Primature. Thierno Dayèdio Barry Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
|
 |