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Depuis l’augmentation des tarifs de transport urbain et interurbain, les taxis et les minibus cherchent désespérément des clients pour boucler leurs recettes journalières. Ce qui, de l’avis des observateurs, est loin d’être surprenant dans un pays où les populations éprouvaient déjà toutes les peines du monde à manger à leur faim. A quand la fin du calvaire des Guinéens ? C’est la question que l’on pourrait se poser au regard de la situation qui prévaut dans le pays depuis quelques années. La récente augmentation du prix des produits pétroliers, comme il fallait s’y attendre, a immédiatement eu une incidence négative sur le pouvoir d’achat de la population guinéenne dans son ensemble. Les tarifs de transport urbain et interurbain ont été revus à la hausse, au grand dam des habitants des centres urbains et des voyageurs. A Conakry, les citoyens de toutes les couches socioprofessionnelles ne savent plus à quel saint se vouer. Les fonctionnaires, les ouvriers, les élèves, les étudiants et les ménagères sont unanimes à reconnaître que cette hausse du prix du carburant aura été incontestablement un véritable coup de massue sur leur tête. Comme conséquence, l’on constate, depuis le réajustement des tarifs de transport urbain, que les gens ne se bousculent pas pour prendre les véhicules de transport en commun (taxis, minibus, bus). Il faudra désormais débourser la somme de 1300 francs guinéens pour un seul trajet en taxi et 1000 francs dans les minibus communément appelés « magbanas ». SD est un chauffeur de taxi résidant à Yimbaya, dans la commune de Matoto. Son témoignage en dit long sur les difficultés que rencontrent les chauffeurs dans la circulation au lendemain de l’augmentation du prix des produits pétroliers à la pompe. « Depuis le réajustement des tarifs de transport, consécutif à la hausse du prix du carburant, nombreux sont les Conakrykas qui semblent avoir pris provisoirement la décision de bouder les taxis. Les déplacements relativement courts se font désormais à pied. Nous avons de plus en plus du mal à attirer les clients. Par conséquent, les recettes journalières se bouclent difficilement. Et pour qui connaît la cupidité de certains propriétaires de véhicules de transport en commun, il y a de bonnes raisons de plaindre sincèrement les pauvres chauffeurs que nous sommes. Espérons que les gens se résoudront à reprendre les taxis dans les jours à venir. », nous a-t-il confié vendredi dernier, avec une certaine résignation. Comme ce respectable chauffeur de taxi, la plupart des transporteurs ont subitement constaté, à leurs dépens, qu’ils sont à des années-lumière de la grande affluence des passagers le long des artères principales de la capitale. Avant le réajustement des tarifs de transport, il arrivait aux chauffeurs de taxis et de minibus de refouler des passagers aux heures de pointe. Ces derniers jours, tel semble ne plus être le cas sur les différents tronçons. Les taxis cherchent clients désespérément. Les citoyens ne se sont pas fait prier pour redécouvrir subitement les vertus de la marche ou réduire leurs déplacements au strict minimum. Décidément, les Guinéens ne sont pas encore près de voir le bout du tunnel. Mamy Dioubaté, Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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