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Il est venu, il a vu, on espère qu'il vaincra.
Ce serait malhonnête de ne pas être globalement satisfait de la prestation du Président de la transition par intérim, ce samedi 3 Avril 2010 à Paris. Les Guinéens ont entendu ce qu'ils voulaient entendre. Il ne s'agit ni de faire le compte-rendu de cette visite, ni d'énumérer de manière exhaustive ce qui a été dit - d'autres s'en sont chargés -, mais de pointer les éléments essentiels, qui ne peuvent que nous ravir. Voici donc un florilège d'indications faites par le général Sékouba Konaté et que nous partageons avec lui.
Des propositions que nous approuvons
Lui n'est qu'un arbitre, dit-il, ne pouvant n'être qu'un recours (vraisemblablement et seulement si la future démocratie est en danger). A ce titre, il n'a aucun candidat, et fera en sorte que le candidat élu, soit celui qui arrive en tête des urnes. Bien entendu, aucun membre du gouvernement actuel ou de son cabinet, ni lui-même, ne seront candidats.
Le premier tour des élections libres et transparentes aura bien lieu le 27 Juin. Comme les élections ne peuvent être parfaites, il a parlé d'élections acceptables, le terme de crédibilité ne pouvant être prononcé, étant donné la manière dont sont recensés les Guinéens résidant à l'étranger, ainsi que certains de ceux à l'intérieur du pays.
La Guinée ne veut plus de dictature : sans doute cela signifie t-il que, pour ce qui concerne les forces armées, il en fait son affaire. Sans doute signifie t-il préventivement à tout Président civil démocratiquement élu, qu'il reste une épée de Damoclès pour celui, qui aurait de coupables intentions.
Il indique également que les nouvelles générations – ceux qui ont 25 ans aujourd'hui n'ont connu que le régime de Lansana Conté -, dont il fait partie, doivent regarder vers l'avenir, et il invite les Anciens à taire le passé, et, sans oublier l'histoire de la Guinée, appréhender les relations avec l'ancien colonisateur avec d'autres yeux.
Des non dits qui nous laissent sur notre faim...
Un des rares éléments qu'il n'a pas abordé, et qui intéressait les participants à cette rencontre, concerne la poursuite ou non, des responsables des massacres du 28 Septembre 2009 devant la justice internationale. Il est vrai que peu de temps après sur RFI, il a exprimé sa pensée plus clairement. On aimerait que ce soient des journalistes guinéens qui posent les vraies questions - celles qui fâchent -, car c'est leur job d'éclairer les citoyens sur les éventuelles zones d'ombre, et non de jouer les courtisans (la Guinée en produit à la chaîne).
En l'absence toutefois de prise de responsabilité (il est général d'une armée et Ministre de la défense, dont font partie Tiégboro Camara et Claude Pivi !!!), et du fait de nombreuses circonvolutions face à ce problème, on en conclut qu'il appartiendra au futur Chef de l'État de trancher cette question, et rien n'empêche d'ailleurs les électeurs de la poser directement aux candidats avant le 27 Juin.
Peut-être veut-il montrer que lui aussi sait pardonner (c'est évidemment plus facile dans sa position de non victime, et accessoirement compagnon de route de ces deux individus), ou qu'il sait gouverner en ayant ses rivaux dedans et non dehors.
… et des propositions qui n'empêchent pas un certain scepticisme
Enfin, il précise que le vainqueur de ces élections devra rester modeste et privilégier la cohésion et la réconciliation nationales, ce qu'on peut traduire par l'invitation à rassembler et à faire venir à lui ses opposants, peut-être pas forcément les leaders à proprement parler, mais au moins les « crânes d'œuf » des partis qui comptent.
A travers son discours, transparaissent en effet ses souhaits d'un « gouvernement d'union nationale », ce qui présenterait de nombreux avantages pour lui.
En premier lieu, s'il y a incontestablement des imperfections dans la conduite des élections à venir (recensement intérieur et extérieur, composition de la CENI, listes électorales...), il considère vraisemblablement qu'avec un maximum de formations politiques, parties prenantes d'un futur gouvernement, ce seront des critiques en moins quant à ces ratés préalables.
En second lieu, si les partis qui semblent les plus représentatifs, du fait de leur ancienneté ou de la personnalité de leur leader (UFDG, UFR, RPG, FUDEC, PEDN, UPG ...), incluent quelques partis récents et/ou « originaux » (NFD, NGR, UFC, Dyama...) et travaillent même de concert avec des membres de formations qui ont soutenu les régimes passés (PDG/RDA, PUP, ANR et Bloc patriotique), on se rapproche davantage de l'esprit consensuel africain,... mais on s'éloigne néanmoins du changement attendu par la majorité de nos compatriotes.
Si on excepte, ces quelques points de doute, il ressort toutefois globalement que si tout se passe comme il l'a indiqué, ce serait une énorme avancée pour la Guinée et les Guinéens.
Nous y reviendrons...
Gandhi Citoyen guinéen
www.guineeactu.com
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