J'ai la grande conviction que le trio composé de Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Abé Sylla, est capable de relever le défi guinéen: le développement économique, politique et social.
Avec une illustration, je m'explique.
En économie, il y a ce qu'on appelle le principe des rendements décroissants qui dit ceci: "quand on augmente un facteur de production en maintenant les autres fixes, la production augmente mais à un taux décroissant".
Madame Soumah est propriétaire d'un atelier de couture avec une machine à coudre et une travailleuse.
Quand les demandes se sont accumulées, Mme Soumah a décidé de recruter une autre travailleuse. Avec l'espoir qu'en doublant la main d'œuvre, la production se doublera aussitôt, de 10 robes par jour à 20. Mais notre propriétaire était surprise, lorsqu'elle nota que la production a augmenté, seulement, à 15 robes par jour.
Si elle avait connu le principe des rendements décroissants, elle n'aurait pas été surprise.
Madame Soumah a recruté une autre travailleuse (un des facteurs) en maintenant fixe le nombre de machine à coudre (l'autre facteur). Comme les travailleuses se partageaint une unique machine, chacune devait attendre quelque temps afin que la machine soit libre. Comme conséquence, même si le recrutement de la seconde travailleuse a augmenté la production, celle-ci n'a pas doublé.
Avec une unique travailleuse et une unique machine à coudre, Mme Soumah à atteint le point des rendements décroissants: en augmentant le nombre de travailleuses, la production a augmenté à un taux décroissant. La première travailleuse a augmenté de 10 robes la production (de 0 à 10), mais la seconde l'a augmentée seulement à 15 robes (de 10 à 15).
L'objectif de notre propriétaire n'a pas été atteint. Un échec, en quelque sorte.
Avec deux machines à coudre et deux travailleuses, il n'y aurait pas eu de surprise. La production aurait doublé.
Ce principe des rendements décroissants peut bien s'appliquer au contexte guinéen.
La Guinée, depuis son indépendance en 1958, a connu deux régimes. Le régime de Sékou Touré et celui de Lansana Conté avaient relativement investi dans le facteur politique au détriment du facteur économique pour, parait-il, résoudre les problèmes guinéens.
Mais, il s'est avéré qu'un trop grand investissement dans la politique, avait un seul effet: la consolidation du pouvoir, à vie.
En définitive, Sékou et Conté avaient remué ciel et terre pour s'éterniser au pouvoir.
"L'homme est la mesure de toute chose", disait le philosophe et sophiste grec, Protagoras.
Le PDG a préféré la voie marxiste-léniniste comme moyen pour atteindre son objectif. Une seule coloration politique.
Le Comité Militaire de Redressement National (pour ne pas dire le Pup), de son côté, a préféré un multipartisme - par le nom - pour pouvoir voir le bout de l'éternité. Une constitution sur mesure et des mascarades électorales.
Cela, appelons-le de la politique politicienne. Faire la politique pour la politique. Le résultat, le néant.
Voilà la situation actuelle de la Guinée. Le néant.
De la même manière que Mme Soumah doit se rectifier en équilibrant les facteurs pour doubler sa production, la nation guinéenne a une occasion historique pour ne plus tomber dans la génération des politiciens purs.
Il faut une rectification. Et le 19 septembre est une date déterminante.
Autrement dit, c'est le temps pour tous les électeurs d'agir. Et non réagir. En agissant, on gagne toujours.
Qui sont nos candidats au deuxième tour des élections présidentielles?
Par son parcours politique, le leader du Rpg, Alpha Codé, est de type réactif. Tous ces discours sont chargés et dirigés contre l'autre. Il se croit avoir seulement des ennemis.
Alpha Condé aime souvent dire:" je joue pas dans la même cours que les autres". C'est significatif. Il se croit le plus intelligent.
Face au régime de Conté, il est resté inflexible: " je ne m'assois jamais avec Conté et son groupe". C'est de l'orgueil.
La politique de la chaise vide a marqué le parcours politique du professeur Alpha Codé.
A propos du "professeur" ou "docteur", le leader du RPG donne assez de considération à ces concepts.
Oui! Parce que dans la pratique, aucun étudiant guinéen, de quel bord qu'il soit, ne pourra témoigner avoir participé à une conférence du professeur dans l'une des universités guinéennes, de Conakry à Kankan. Aucun!
Tous ces traits sont une caractéristique de l'autoritarisme.
Un autoritaire se veut autoritaire. Il approchera ceux qui lui obéissent. Et chassera tous ceux qui lui désobéissent. Et qui dit qu'on est en démocratie?
En formant son alliance avec certains ministres de Conté, Alpha est clair là-dessus: "celui qui change pourra me rejoindre et on travaillera ensemble".
J'aurais préféré entendre Alpha dire: "celui qui se blanchit devant la justice pourra me rejoindre après, et on travaillera ensemble".
Il est indiscutable qu'un leader pareil au pouvoir ne nous fera pas oublier les démons du passé. L'accent sera beaucoup mis sur le facteur politique au détriment de l'économique
Le leader de l'UFDG, parait-il, a un défaut. Celui d'avoir travaillé longtemps avec le général Conté. On l'accuserait d'avoir volé dans la caisse de l'Etat guinéen. Les preuves ? Personne ne le justifiera.
Cellou Dalein Diallo est bien connu en Guinée. Personne n'apportera la preuve qu'il est autoritaire. Tous ces discours sont ouverts. Il est plutôt de type actif. Dans son parti, règne la démocratie.
Une anecdote. Quand j'ai rencontré Dalein Diallo - je faisais partie d'une délégation de l'Ufdg-Belgique venue le rencontrer- pour la première fois, au mois de février de cette année dans sa résidence à Paris, je me suis convaincu qu'il est simple.
Il devait se retourner en Guinée après quelques tournées à travers beaucoup de pays.
Dans son salon, il posa une question à son entourage: "je dois aller en Guinée. Mais j'aimerais savoir votre opinion là-dessus. Faut-il faire une entrée en Guinée en informant les militants du parti, ou non ? Car je n'aimerais pas attirer l'attention du public pour éviter tout débordement et ses conséquences."
Cela dit beaucoup sur la qualité morale du leader. Un tel leader ne s'impose pas ni n’impose ses idées.
Il est donc clair qu'au pouvoir, El Hadj Cellou Dalein Diallo cherchera un bon équilibre entre le politique et l'économique.
Cellou Diallo, Sidya Touré et Abé Sylla, trois technocrates, c'est un rêve réalisé. Ils se battront pour consolider la démocratie en Guinée et, surtout, ils relèveront le grand défi des Guinéens: le développement économique.
Ces trois leaders connaissant le principe des rendements décroissants, n'hésiteront pas à s'attaquer à l'essentiel: l’effet des impôts, le chômage, l'inflation, le déficit budgétaire, le superavit, la production des biens et services, le type d'intérêt, les causes de la croissance et de la récession économiques. Comment alimenter la Guinée en électricité? Comment doit être le statut de la Banque Centrale guinéenne? Une Banque Centrale libre du pouvoir exécutif, oui ou non?
Le trio luttera pour une indépendance de l'institution.
Gardons le respect pour les politiciens purs et absolus, mais n'acceptons jamais qu'il dirige désormais le pouvoir en Guinée.
Naby Laye Camara
Membre de l’UFDG
Secrétariat de l’UFDG-Belgique.
www.guineeactu.com