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Le jeudi 6 mars dernier, la commission d’évaluation des accords révisés du 10 janvier s’est retrouvée pour une énième fois au Palais du Peuple. Pour examiner le problème récurrent de la pénurie du carburant à la pompe, la problématique de la fixation du prix du riz et l’arrêt d’exportation des produits alimentaires et halieutiques. Depuis quelque mois, force est de constater que le marché guinéen est redevenu plus cher. Les prix des produits grimpent chaque jour de façon vertigineuse au grand dam des populations. Et la crise répétée du carburant au niveau des stations service est actuellement à la base de la spéculation de cette denrée sensible sur le marché. Face à cette situation, les membres de la commission d’évaluation des accords du 27 (syndicats, institutions républicaines, patronat, les coordinations régionales) et le ministre en charge du Commerce se sont réunis la semaine dernière au palais du peuple pour voir ensemble les mesures à prendre, pour lutter contre cette hausse des prix des produits sur le marché. Sur la question d’augmentation du prix du carburant, les syndicats au cours de cette rencontre ont émis des réserves. Pour eux, il faut faire beaucoup attention à la notion d’augmentation du prix du carburant. Car cette augmentation entraînera automatiquement celle des autres denrées et surtout la chute vertigineuse du pouvoir d’achat des populations. « On ne peut pas parler de l’augmentation du prix du carburant sans parler du pouvoir d’achat du fonctionnaire », dira Mariama Penda Diallo de l’USTG. Des propos qui visaient à attirer l’attention de l’autorité, afin de bien examiner la situation au lieu de prendre des mesures au risque de compromettre la quiétude sociale. Sur la même problématique, le secrétaire générale de l’USTG pense qu’avant toute éventuelle augmentation de prix, il faut prévoir des mesures d’accompagnement. Selon Ibrahima Fofana, le premier rôle à jouer dans ce sens consiste à renforcer la production nationale, la diversifier à travers la vulgarisation de certains produits de base, consommés par les Guinéens. Ceci pour permettre à l’Etat de maîtriser les prix sur le marché. Aussi, pour stopper cette spéculation sur le marché, Ibrahima Fofana pense que l’Etat guinéen devrait orienter sa politique d’ajustement structurel afin de prendre les mesures qui s’imposent et procéder à la subvention de certains produits de base. Pour le président du patronat guinéen, Youssouf Diallo, en plus des mesures d’accompagnement, il faut procéder à la sensibilisation des populations. Les gens doivent savoir qu’ils sont en face de produits importés. De surcroît importés à travers une monnaie nationale très faible. Au-delà, certains au cours de cette réunion pensent qu’il faut mettre en place des mesures de protection ou fiscale. Selon eux, l’Etat peut procéder à la détaxation des produits de large consommation et se rattraper par une forte taxation des produits de luxe. Après avoir écouté la commission d’évaluation, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Mamady Traoré, a promis de soumettre la question à l’approbation du conseil des ministres pour statuer. Il a ensuite demandé l’implantation de tous les acteurs sociaux, politiques, économiques et les pétroliers dans la recherche d’une solution idoine à cette question épineuse de prix sur le marché. Au cours des trois dernier mois l’Etat a dépensé près de 169 milliards de francs guinéens à titre de subvention. Samory Kéïta Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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