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Une vingtaine de partis politiques de l’opposition viennent d’adresser une correspondance au Premier ministre Dr Ahmed Tidiane Souaré dans laquelle ils dénoncent l’impéritie du gouvernement à poursuivre le dialogue tripartite initié par l’ancien locataire de la Primature, Lansana Kouyaté, à la faveur duquel des rencontres périodiques entre les deux camps, auxquelles était associée la Commission électorale nationale indépendante, CENI, permettaient de débattre du processus électoral. Ces formations politiques se disent indignées ‘’par la décision du gouvernement de faire démarrer les opérations de recensement électoral le 28 août, uniquement pour donner l’illusion de respecter le chronogramme des consultations législatives prévues pour fin 2008.’’ Tout en rappelant que ce chronogramme a été arrêté d’un commun accord avec les partis politiques et les partenaires au développement. Une décision mise à mal par le fait que les agents de saisie chargés de ces opérations de recensement soient toujours immobilisés à Conakry. Les signataires de cette missive font l’amer constat de la restructuration opérée au sein de l’administration guinéenne, le 27 août dernier, et qui selon eux se situerait aux ‘’antipodes du changement issu des événements de janvier et février 2007 et auxquels Dr Ahmed Tidiane Souaré dit se conformer.’’ Ces partis réaffirment leur crainte pour un éventuel report du scrutin législatif, comme le voudrait bien le gouvernement. Des élections qui pourtant à leurs yeux, constituent aujourd’hui l’ouverture vers une démocratie apaisée et une véritable politique de développement, seule arme pour vaincre la pauvreté, la gabegie, la mal gouvernance, qui à en croire ces formations politiques, sont des marques spécifiques de nos 50 années d’indépendance. Sidya Touré et ses pairs se disent opposés ‘’ à toute tentative d’enfermement des formations politiques voire du peuple de Guinée dans un cul de sac électoral, ayant pour finalité de faire pérenniser la mouvance présidentielle et le PUP.’’ Ils comptent jouer pleinement leur rôle d’acteurs politiques de premier plan pour le triomphe des idéaux de démocratie dans un véritable Etat de droit. Et en conclusion, les signataires de cette correspondance invitent le Premier ministre à organiser une rencontre dans la première quinzaine du mois d’octobre, afin d’arrêter définitivement un chronogramme relatif à la tenue des législatives. A travers cette missive, l’opposition dans sa majorité, excepté les partis qui ont des représentants au sein du gouvernement de l’union nationale, à savoir l’UPR, l’UFDG et l’UPG, ne semble pas souscrire à l’idée de reporter les élections législatives. Ces partis politiques veulent coûte que coûte que ce scrutin ait lieu en fin 2008. Toutefois il y a lieu de se demander si les conditions sont réunies pour organiser le vote en moins de deux mois, comme le voudraient ces partis. Quand on sait que les opérations de révision des listes électorales n’ont en réalité démarré que ce lundi, après que les agents de saisie aient boycotté l’opération, jugeant leur rémunération dérisoire. Il a fallu plusieurs jours de négociation pour que ceux-ci reviennent à de meilleurs sentiments, en acceptant la somme de 800 mille francs guinéens par opérateur et par mois. L’autre handicap lié à ces préparatifs porte sur le problème de sous. Le gouvernement ayant toujours du mal à réunir les 140 milliards de francs guinéens nécessaires pour ce scrutin. Les bailleurs de fonds qui ont déjà apporté une contribution non négligeable à notre pays dans sa quête de fonds, en déboursant plus de 7 millions d’Euros attendent que le gouvernement fasse à son tour des efforts financiers. Il ne faudrait pas compter éternellement sur des apports étrangers pour résoudre nos problèmes, étant donné que le train de vie de certains de nos cadres, passés maîtres dans l’art de voler dans les caisses de l’Etat, prouve à suffisance que la Guinée à d’énormes ressources. C’est la façon dont cet argent est dépensé qui pose problème. Et après c’est pour s’apitoyer devant les partenaires au développement pour quémander de quoi financer nos élections. Il faudrait qu’on mette fin à de tels comportements susceptibles de souiller l’image de notre pays. Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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