mardi 18 août 2009
Les partis de copains et de coquins vers la captation du pouvoir en République de Guinée-Conakry
Moussa Bella Barry

Encore une fois de plus de ma table d’observation, je constate une méthode d’une savante mise-en-scène confus pour rentrer dans la danse macabre de la captation du pouvoir par les partis de copains et de coquins en république de Guinée.

Mes idées font référence ici à un certain comportement des tenants et postulants à la commande dans notre pays. Je n’ai jamais l’intention d’attaquer des personnes en particulier, je m’efforce simplement de décrire, ce que je veux dire chaque fois que je manifeste mon opposition ou mon dédain à l’égard d’un système que je qualifie de « copains et coquins », une description dont je suis coutumier dans diverses discussions entre amis. Je suis donc simplement mû par le désir, de dénoncer et clarifier certains concepts auxquels mes amis et moi, on a souvent recours pour décrire le comportement de notre establishment-politique.

L’un des traits les plus caractéristiques de l’environnement politique de chez nous est l’inflation de partis politiques, qui bâtit son raisonnement d’existence qu’entre copains et coquins, de tels partis politiques n’ont pas d’assise nationale et n’existent que de noms, et ses dits-membres se limitent aux parents, amis et alliés. Chacun d’entre nous en est conscient et y a sa part de responsabilité en ne disant rien là-dessus. Mais nous avons tendance à considérer cette situation comme naturelle. Cette récréation politique doit prendre fin.

Personne ne conteste maintenant la principale raison de nos maux, à savoir la mauvaise situation économique, le mauvais environnement politique et de l’insécurité dans toutes ses facettes. Pour en avoir cure à nos maux, nous avons besoin des hommes et femmes qualifiés et à probité avérée, et qui ont des réels projets de société pour le pays.

Théorisons un peu sur la politique et le pouvoir.

Je laisserai de côté les us et les abus rhétorique de la politique. Mon objectif se résume ici à ébaucher une description sommaire de la notion de politique et du pouvoir, et à montrer en quoi elle diffère de certaines notions qu’on se fait généralement de la politique chez nous.

On parle d’une question politique, d’une décision politique, d’un fonctionnaire politique, ainsi, cela signifie toujours :

·  partage du pouvoir,

·  conserver/garder le pouvoir,

·  ou bien la défense d’intérêts à l’aide du pouvoir.

Donc qui fait de la politique veut accéder au pouvoir ou aux moyens d’influence sur le pouvoir.

Alors ne croyez pas à la fable : nous sommes au pouvoir, mais ne faisons pas de la politique, en s’attaquant en même temps violemment à tous ceux qui contestent des décisions politiques, en accusant des hommes politiques de faire de la politique. Halo ! Dis-donc !…, où sommes-nous ? Le pouvoir démocratique légitime le citoyen à contester certaines prises de position politique de l’exécutif, la démocratie c’est aussi la controverse dans la culture du dialogue pour la recherche de solutions appropriées aux problèmes posés.

Le pouvoir est soit au service des buts, des idéaux nobles ou au service des buts égoïstes, ou accéder au pouvoir comme « fin en soi », pour profiter du prestige que l’exercice du pouvoir confère. Lorsqu’on ne s’occupe que de son intérêt égoïste, on ne peut pas servir l’intérêt général.

Chaque pouvoir a par essence, besoin d’une administration qui fonctionne. L’administration dépend d’une part de l’attitude des individus de se soumettre à l’autorité du tenant légitime du pouvoir, et d’autre part de la disposition du monopole de la force pour qu’on puisse, au besoin, l’utiliser.

On ne peut pas parler du pouvoir de la force publique sans parler de l’état. L’état est vu ici comme une communauté d’individus qui appartient à un endroit défini. L’état de droit s’installe à travers la reconnaissance impartiale du monopole du pouvoir à l’état et l’utilisation de la force publique dans l’équité, sans exclusivité.

L’homme a des raisons personnelles pour sa soumission à l’autorité ; ces raisons se justifient en général par des motifs supérieurs :

·  tel que la peur ou l’espérance ; la peur de la vengeance des forces maléfiques, ou la punition du pouvoir, du patriarche, de l’autorité/ du roi,

·  tel que l’espérance pour l’au-delà, ou du coté mondain par un salaire et diverses formes d’intérêts.

Jean-Jacques Rousseau dit dans « du contrat social » : le pacte social renferme tacitement cet engagement qui seul peut donner de la force aux autres, que quiconque refusera à obéir à la volonté générale y sera contraint par tous les autres.

Rousseau pense que, c’est la seule manière de rendre légitimes les engagements civils, sans cela, il y aurait d’énormes abus.

A propos de l’état, rousseau dit le passage de l’état nature à l’état civil, a produit chez l’homme un changement très remarquable, en substituant dans sa conduite la justice à l’instinct, et en donnant à ses actions la moralité.

Rousseau résume sa pensé par ce terme : Ce que l’Homme perd par le contrat social, c’est sa liberté naturelle et un droit illimité à tout ce qui le tente et qu’il peut atteindre ; ce qu’il gagne, c’est la liberté civile et la propriété de tout ce qu’il possède.

Il faut noter que, la liberté naturelle n’a pour bornes que les forces de l’individu et, la liberté civile est limitée par la volonté générale.

Revenons à nos maux de citoyens guinéens.

Pour comprendre nos maux, je comparerai l’état guinéen à une espèce biologique ayant une tête (l’exécutif, le gouvernement), des organes (les institutions, le législatif) et des cellules (les individus, le pouvoir populaire).

Toujours dans la logique biologique, pour l’échange d’informations entre la tête, les organes et les cellules de l’espèce biologique, il s’avère que les nerfs sont indispensables.

On enseigne en biologie que le nerf est une chose complexe, formé d’axones de neurones moteurs et de neurones sensitifs – mais certains ne contiennent que de fibres sensitives-.

Le nerf est un organe cylindrique et fin. Il est formé de fibres nerveuses entourées d’une tunique conjonctive, et reliant un centre nerveux à un organe. Donc un paquet de fibres nerveuses servant à l’échange d’information au sein de l’organisme.

1.   Anatomiquement on distingue deux sortes de nerfs

·  les nerfs blancs, du système cérébro-spinal, formés de fibres myélinisées, elles permettent la liaison nerveuse entres les zones éloignées.

·  et les nerfs gris du système neurovégétatif, formés de fibres sans myéline, surtout de corps cellulaire et de prolongements courts.

2.   Physiologiquement, on distingue également deux sortes de nerfs, d’une part les nerfs sensitifs provenant d’un organe sensoriel, et d’autre part les nerfs moteurs, se rendant à un muscle ou à une glande.

Nous voyons que les nerfs commandent la coordination des fonctions vitales et la réception des messages sensoriels. La leçon de biologie dit que la plupart des nerfs sont mixtes, mais elle ne nous dit pas, que les nerfs peuvent se métamorphoser.

Les nerfs peuvent être durs comme un fil de fer, mais aussi ils peuvent se coincer ou être assez irritables. Les nefs peuvent rendre nerveux, c’est pourquoi d’ailleurs on les appelle nerfs, lorsqu’ils commencent à s’agiter, le plus souvent, ils ne hantent pas seulement leur possédant, mais aussi en même temps son environnement immédiat.

La disparition ordonnée de l’espèce biologique permet la transmission des informations génétiques de la vieille génération à la nouvelle génération. Ce processus simple donne la chance de survie à l’espèce biologique.

L’expérience historique montre que l’état qui a plus d’avantage dans l’édification de la démocratie, est celui qui a su respecter la hiérarchie de son fonctionnement naturel. C’est à dire la transmission sans complaisance des fondements de l’état de droit et, la séparation des pouvoirs.

Celui qui comprend ce processus biologique peut bien facilement saisir, ce qui se développe actuellement dans le cercle du pouvoir en République de Guinée. De l’euphorie qui avait enivré bon nombre de guinéens après la prise du pouvoir par la junte, à présent, la situation est telle, le manque de résultats probants ne peut s’expliquer que biologiquement.

Une parenthèse de coup-de-gueule d’un patriote révolté

Oh ma patrie ! Comment puis-je t’être utile ?

Ho peuple de Guinée ! Peuple meurtri par des prédateurs de tout acabit ! Ils t’ont oubliée tous, ils ont abandonné ta bannière. Ils courent la division et la xénophobie, l’enrichissement illicite et la vie facile.

Comment peut-on se sentir bien, si l’âme soufre ?

A notre temps, peut-on rester tranquille :

·  lorsque nous sommes habités de sentiments patriotiques ?

·  quand on voit la période difficile dans laquelle végète notre population ?

·  lorsqu’on assiste à la confusion entre le poste et son occupant ?

·  lorsqu’on confond l’état au régime ?

·  quand on voit que, tous les pouvoirs sont concentrés dans les mains d’une seule personne ?

·  lorsqu’on assiste à l’abus des institutions pour des manœuvres politiques ?

·  quand on assiste à la pratique du népotisme, du clientélisme comme art de gestion de la chose publique ?

·  lorsque la dépravation des mœurs est cautionnée par des Hommes sensés –être des garants de la morale et de l’éthique ?

·  comment oserai-je parler de quiétude, de justice, de développement, de bonne gouvernance politique et économique en pareille circonstance ?

C’est mon tour maintenant ; et moi aussi il me faut partir à la conquête de mes droits pour assumer mes devoirs.

Il me faut quitter mon refuge et, partir à la conquête des valeurs nobles, pour ne pas démériter, et pour compenser le temps perdu.

Notre establishment-politique

Tout le monde connaît la peur viscérale d’une partie de notre establishment-politique et sa difficulté d’être rigoureux avec soi-même dans l’accomplissement de sa responsabilité; en effet, le problème est au niveau de son comportement antérieur et présent, certains Hommes ont peur du jugement de qualification et de probités par rapport aux normes qui s’imposent à tous dans la gestion de la chose publique, et qu’une stricte observation de telles principes cardinaux pourrait les exclure dans la course au partage des privilèges que confère le pouvoir.

Bon sens ! Personne n’est obligé à postuler à un poste de commandement, à un emploi administratif ou, à une candidature à un poste public plus ou moins éminent et particulièrement exposé au jugement des citoyens. Mais celui qui le fait, qu’il sache, qu’à partir de cet instant, il est Homme public, et, est non seulement soumis à l’attention du public, mais qu’il doit aussi se soumettre aux exigences de l’intérêt public. Ce n’est pas de lèse-majesté de dire :

« Bonoru ko Bonoru, è Ngari ko Ngari »

Je fais parti des personnes, qui pensent que la multitude de partis, le plus souvent insignifiants, ne sert qu’à l’effritement des forces, ceci est un antidote de l’efficience démocratique. Cette pléthore de partis politiques ne chatouille pas seulement la sensibilité du guinéen, mais elle s’adresse aussi à son intelligence et à son pouvoir d’imagination, j’ai confiance dans l’aptitude du guinéen à repérer ce piège et à éviter d’en être dupe. Ceci va certainement éveiller son orgueil national pour qu’il fasse halte à cette fantaisie politique.

L’impression générale est que chacun des leaders d’opinions, ou des hauts cadres de l’état se positionne actuellement, chacun affute sa stratégie de survie avec un but inavoué de se protéger contre d’éventuelles poursuites, ou pour continuer à spolier impunément les maigres ressources de l’Eétat.

A l’allure où vont les choses en Guinée, l’urgence de mesures à prendre pour une transition rapide et apaisée n’est contestée maintenant par aucun guinéen sérieux, c’est le seul levain du développement équilibré, qui favorise la démocratie et la sécurité dans notre pays. Ceci est un gage pour empêcher que toute promotion d’un individu soit une loyauté en retour en vers des personnes, mais pour que la loyauté du promu soit en vers l’état et la probité dans la conduite des affaires.

 
Moussa Bella Barry, Berlin, Allemagne

 
 
www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Bangaly Traore, mercredi 19 août 2009
Mr le départ de Dadis est l`unique solution pour notre pays,car le fameux régime de Dadis est la cause de la confuison,l`insécurité,l`injusticeet l`impunite dans notre pays.NB:le problème à l`instant en guinée,c`est Dadis et la solution son départ.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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