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Nous sommes entrés, au XXIe siècle, dans un monde qui a remis en cause un siècle de luttes pour la reconnaissance de la dignité et de la valeur de la personne humaine.
La dégradation des valeurs éthiques et traditionnelles est corrélée à la dégradation du niveau de vie, de l'éducation, de l'enseignement et à la montée de l'individualisme et de l'arrivisme. On ne peut expliquer la pandémie de ce fléau exogène que par un laisser-aller, un laisser-faire passif ou encore un consentement intéressé actif aveuglant.
La prostitution est indigne car elle transforme le sexe en objet légitime du marché.
Ce qui m'interpelle le plus c'est qu'aujourd'hui la prostitution n'est plus seulement perçue chez les filles défavorisées, parce qu'on s'accorde à dire que c'est la pauvreté qui est à l'origine de ce phénomène. Mais en ce moment je vois des filles issues de « bonnes » familles qui se lancent dans ce nouveau sport car elles sont toutes attirées par l'argent, les bijoux, les fringues et tous les artifices qui vont avec... Mais où va-t-on alors?
Nous sommes arrivés à un point tel que toute fille incapable de gagner des sous avec son corps pour exposer ensuite son popotin à tous, passerait presque pour une idiote, une incapable. Et cette tendance me rend malade! Parce qu'elle annonce la dépréciation de la matière grise qui est sensée nous mettre à l'abri de ces mentalités. Cela peut me paraître facile d'en parler dans la mesure où je n'ai pas leur vécu. Et je ne pense pas avoir plus de mérite qu'elles, je me garderai aussi de juger celles qui sont dans le besoin. Mais s'agissant de celles qui veulent juste du Zara, du Prada, du Gucci ou encore du Chanel, je pense tout simplement qu’elles manquent de personnalité. Il ne faut pas confondre bon goût et luxe. Avec pas grand-chose on peut des merveilles en attendant de pouvoir s'offrir du vrai Dior un jour quand on en aura les moyens.
Même quand j'essaie de me mettre à leur place et de les comprendre, je me sens outragée !
S’il n’y avait que ça !
Parallèlement, l'égoïsme mâle prend de l'ampleur! ILS NE VEULENT PLUS VIEILLIR! Les hommes n'ont pas fini de prouver leur égoïsme! Parce qu’aujourd’hui ils sont prêts à ne pas enlever la dépense chez eux abandonnant ainsi les siens, pour investir dans une jolie petite ambitieuse qu'il prend pour maîtresse. Mais ce qu'ils oublient, c'est qu'en ne se concentrant pas sur leur famille, ils ne font qu'agrandir le cycle. Parce que leurs filles ou sœurs étant incapables de se contenter du peu ou du minimum qu'ils laissent à la maison vont elles aussi se mettre à la disposition d'autres hommes affamés de sexe et de jeunesse!
Le sexe n'est pas tabou surtout en Afrique centrale en général. Je ne suis pas en train de dire que les centraux soient plus portés sur le sexe. Non! D’ailleurs, franchement ce n'est pas mieux en Afrique de l'est, de l'ouest ou encore moins du nord, où on se contente juste de préserver les apparences alors que l'on commet l'inimaginable. Je sais de quoi je parle pour avoir fais déjà 2 ans au Maroc! Les filles arabes ne se considèrent ni comme des prostituées ni comme des travailleuses du sexe occasionnelles. Elles se livreraient à ce marchandage en tout bien tout honneur, puisqu'elles restent vierges selon elles. Elles se cherchent des excuses, disent qu'elles n'enlèvent pas la culotte, qu'elles se contentent d'une sucette (fellation), et au pire, optent pour la sodomie. Pourtant, le résultat est le même. Un corps monnayé contre des liasses ou des pièces est la prostitution… alors pour nous, c’est un problème commun ! Et ce n’est pas la fille de l’autre côté de l’océan qui fera l’exception. Mais je ne vais pas m’attarder sur elle. Parce qu’on m’a appris à balayer ma chambre, mon salon, puis ma véranda avant de sortir aider mon voisin à balayer sa « vaste » demeure…
Cette mauvaise habitude est chopée au lycée! Cela devient une seconde nature chez ces filles, et les plus expérimentées mettent le turbo en arrivant à la fac.
Certaines le font non pas par nécessité absolue mais par fantasme au début ou par ennui. Parce qu'effectivement elles ne sont pas dans le besoin. Mais je dirai que ce sont des mentalités blédards de filles qui en veulent toujours plus. Elles se perçoivent comme des maîtresses rémunérées, invoquant leur sentiment de valorisation, de liberté. Elles ne sont pas visibles. Elles ne veulent pas être prises pour des prostituées, ni être vues par leurs familles ou que cela ait des répercussions sur leur vie sociale. Il y a celles qui le font de manière camouflée. Chez nous, comme chez les centraux, on les appelle les multi prises, parce qu'elles reçoivent en même temps le boutiquier d'à coté, le taximan, le ministre, le fils du ministre, le veuf héritier… pour ne citer que ceux-là. Elles se créent des jargons spécifiques pour se distinguer de la prostitution de rue. Mais n'en sont en aucun cas distinctes !
Cette nouvelle forme de prostitution a un impact fort négatif sur le développement durable de notre Afrique, car à l'époque où on élève des présidents ailleurs chez nous, nous élevons des marchandises qu'on ne prend même pas le soin de livrer sur des plateaux d'or. Révoltant oui!
Pourtant la femme africaine était autrefois une femme de valeur, mais où est donc partie la culture de nos ancêtres ? Je me suis toujours dit que c'est l'effet de suivre, de nous comparer avec les occidentaux. Evidemment, quand on ne peut pas faire la différence des origines et donc des réalités de chaque peuple, on va droit à la dérive et on peut tout se permettre sans mesurer l'étendue de la bêtise. Ce qui nous éloigne de nos racines. Sinon, depuis quand une «Prada » est une nécessité pour la femme africaine ?
C'est vrai qu'une bonne partie du travail des femmes tend à ne pas être rémunéré. Le marché du travail rémunéré est notoirement très défavorable aux femmes. De ce fait, elles se retrouvent plus souvent dans des situations de pauvreté. Mais personne n’a jamais dit que la vie serait facile…
Et moi, je crois en nous parce que le destin de l’humanité est lié à l’importance de la femme en son sein. Mais nous devons divorcer avec ces pratiques car une personne pour laquelle l’estime de soi et le respect sont absents sera peu apte à participer à quoi que ce soit de constructif !
Le succès de la protection de l’environnement dépend de l’accroissement de la prise de conscience de chaque individu. Alors les filles ne soyons pas en marge s’il vous plait.
Pour nous jeunes filles (futures femmes), nous devons défier tous les obstacles psychologiques et matériels. Afin d'être fières de ce que nous sommes, c'est-à-dire les maillons forts, et avoir de l'ambition sans vendre notre âme au Diable. Nous avons besoin de véritables perspectives d'avenir. Parce que nous sommes d'une importance capitale pour l'Afrique.
Pour finir je lancerai un cri du cœur envers mes semblables dans l'espoir qu'il sera entendu. Parce que j’ai beau être enragée et engagée, je ne suis pas « Moïse ». J’ai besoin de votre bonne compréhension.
Traitez-moi de folle à lier, d'audacieuse ou de ce que vous voulez, snobez-moi si vous voulez, mais soyez pingre avec vos corps svp ! Car c'est tout ce que nous possédons de précieux ! Rien ne vaut notre corps! Je vous prie, donnez-vous une valeur, car personne ne vous la donnera.
Elise Koivogui www.nenehawa.com, partenaire de www.guineeactu.com
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