dimanche 7 septembre 2008
Les nouvelles aventures de Robert Nouzaret
Robert Nouzaret

Le vendredi passé le coach du Syli National a fait un exposé devant la presse nationale pour expliquer ses maux et malheurs à la tête de l’équipe de football de Guinée. Il en a profité pour prendre la moitié du temps et régler certains comptes avec les baveux et scribouillards de la place sur ce qui s’était passé à Accra. S’il a bavé sur les journaleux, il n’a par contre rien pipé sur ses lacunes qui ont entraîné le naufrage du Syli. Que peut-on retenir de cet exposé ?

Le coach du Syli a pris la moitie du temps pour se défendre, pour se justifier et pour évidemment se mettre en évidence, comme à ses habitudes et comme s’il avait besoin de vendre ou de brader son image de marque (mais c’est vrai que ça commence à chuchoter dans son dos, sur sa gestion des joueurs...). La presse nationale ne lui demande qu’une chose : la communication et les informations pour les supporters et fans de ce Syli ; et pour cause, malheureusement, ces admirateurs et supporters sont parfois violents. Si les informations ne passent pas à temps, bien des désagréments peuvent arriver, et personne n’est à l’abri d’un saccage des supporters déçus.

Le contrat qui liait Nouzaret à la FEGUIFOOT était à double volet : celui de qualifier le Syli à la CAN du Ghana avec éventuellement une prolongation jusqu’à la coupe du monde de 2010. Voilà, c’est fait ! La FEGUIFOOT a respecté ses engagements, en dépit du résultat on ne peut plus désastreux pour le Syli depuis la nuit des temps. Une raclée sans précédent : un 5-0 mémorable que personne n’a encore oublié. Donc Nouzaret n’a pas à en rajouter !

Après avoir loupé un départ pour se retrouver en queue du peloton, le Syli National replongeait dans ses anciennes habitudes avec l’indiscipline. Robert Nouzaret, depuis les palabres superficielles à la RTG, n’a plus donné signe de vie, tant que ça allait bien au sein de l’équipe. C’est avec surprise qu’on a entendu le coach convoquer un point de presse pour informer l’opinion publique de ce qui se trame dans son écurie. On s’en doutait, il y a débandade au sein de son effectif. Et selon toute probabilité, la zizanie, c’est lui qui l’a entretenue par favoritisme, ce qui a frustré certains joueurs, qui se croyaient des cadres (en bois) inamovibles et qui avaient aussi des protégés à soutenir

La fermeté de Robert Nouzaret ressemble à l’irascibilité d’un vieillard gâteux qui radote dans la ratiocination. La preuve ?

Il a rayé, gommé, éliminé définitivement les Bah Schumann, Pablo Thiam, Kaba Diawara, Naby Djarso… pour dépassement d’âge. Une belle argutie mais beaucoup ne sont pas convaincus. S’il dit que ces vieux joueurs, comme Schumann et Pablo, ne sont plus performants, personne n’allait trouver mot à dire, mais dire qu’ils sont vieux, simplement, ce n’est pas une thèse qui tient debout. Robert oublie que lui aussi a atteint l’âge de la retraite, comme entraîneur, et que Roger Milla a joué jusqu’à près de 50 ans. Qui veut tuer son chien, l’accuse de rage !

Quant à Kémoko, personne ne peut plus prendre sa part. S’il a décidé de rendre le tablier de son propre chef, ce n’est pas à Nouzaret de le prier de reconsidérer sa position. Il a cédé librement sa place à Naby Yattara. Quand Dieu veut récompenser le chien, il fait vomir le roi ! Kémoko a-t-il oublié qu’il n’a détrôné Saliou Diallo que par un coup de la providence au Burkina Faso ? La longue histoire a pris fin ! Comme sur les cas précédents, une croix est mise. Il reste les cas des indisciplinés et des « vacanciers » : Daouda Jabi, Ibrahima Camara et Habib Bah. Mais pourquoi ont-ils choisi ce moment pour aller en vacances ? Certains pensent que c’est pour mettre leur coach et ses sarcasmes dans les petits souliers. Selon beaucoup, Nouzaret n’est pas simple à vivre, ayant peu d’égard pour les joueurs. S’il a pris Djan Böbö pour être auprès de lui, c’est à cause de l’ascendance que celui-ci a sur ses camarades. Il a besoin d’une présence forte et qui sait partager ses décisions pour les faire diffuser et respecter. La question qu’on peut se poser est de savoir qui prendra les charges de faire venir un joueur qui ne joue pas et à la place de qui ? N’est-ce pas la cause de la désertion des 3 « vacanciers » ? Cela est devenu une mode chez les coachs français : Raymond Domenech avait aussi amené Patrick Viéra, malade, à l’Euro… Quant à Ibrahima Yattara…la cause est entendue.

Mais le cas de Sammuel Johnson, pour ne parler que de lui, est un homme précieux au milieu de récupération. Son absence va peser sur les deux latéraux, et on peut voir, là, encore, une autre raison de la « démission » de Daouda Jabi et Ibrahima Camara.

 Kanfory Sylla et Mohamed Sacko sont dans la corbeille des indisciplinés mais indisciplinés tactiques. Tous ces problèmes montrent à quel point Robert Nouzaret maîtrise son effectif !

  La satisfaction qu’on peut tirer de la présence de Nouzaret, c’est cette recomposition qui a fait entrer Ibrahima Bangoura dans l’axe, pour retrouver le chemin des buts. Sur le côté droit, il en a à revendre avec Ibrahima Bangoura et Souleymane Youla.

Autre chose qu’on peut voir dans cette conférence de presse, c’est que Nouzaret a mis le doigt sur la plaie en posant la question : Pourquoi les Guinéens n’ont jamais franchi les ¼ de finale et les clubs guinéens ne passent jamais le premier tour ? La réponse vient d’elle-même : Si l’on continue à exporter les jeunes talents avec les tournois de détection, que Issa Hayatou s’apprête à venir présider, alors que ce monsieur prétend vouloir organiser une CAN réservée uniquement aux résidents ou aux joueurs locaux, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

Pour tout dire, avec cette équipe dont on ne connaît pas grand’ chose, l’aventure de Harare a quelque chose d’aventureux. Il ne faudrait pas seulement aux joueurs de mouiller les maillots mais de jouer collectif. Naby Yattara fera son baptême de feu dans une rencontre où il est question de vie ou de mort. L’occasion est donnée aux observateurs d’évaluer les capacités et aptitude du remplaçant de Kémoko au sein du Syli, s’il nous le fera oublier ou regretter.

Le Syli a besoin d’être une un collectif soudé et uni mais dans de telles conditions, rien ne le fait dire pour les prochaines grandes échéances. La qualification pour ce premier tour est presque en vue mais pas totalement acquise ; il ne faudrait donc pas faire la frime, tant avec les joueurs qu’avec les adversaires. Ce qui va être intéressant, c’est comment récupérer ces joueurs déserteurs, et non « vacanciers » si les choses tournaient au vinaigre à Harare.

Beaucoup de supputations se nourrissent dans la tête de certains observateurs. Souhaitons que rien ne se déroule comme ils l’ont vu.

On n’avait pas tiré les leçons de l’expédition précédente d’Alexandrie avec Patrice Neveu. Les conséquences étaient immédiates. Quand Robert Nouzaret avait pris le relais, et quand il est venu.

Moïse Sidibé
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
careca, lundi 8 septembre 2008
dans la vie chacun à son domaine.l equipe nationale de guinée est confiee à nouzaret.laisser-le faire son travail.au bilan on va faire les decomptes.que cela soit entendu par tous que l indiscipline et l indispensabilité n a point sa place au sein de notre formation.tout footballeur qui n est pas pret à se soumettre qu il daigne decliner poliment à la selection car il ya d autres jeunes talents qui attendent et veulent montrer leur savoir faire.A vrai dire le syli qui etait à accra kaba diawara,shumannet thiam pablo ont leur place au sein de cette formation.Alors laissez le coach faire son travail.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011